Fenêtre d’opportunité

« Comment diable un homme peut-il se réjouir d’être réveillé à 6h30 du matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir une tartine, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux, se débattre dans le trafic pour trouver une place, où essentiellement il produit du fric pour quelqu’un d’autre, qui en plus lui demande d’être reconnaissant pour cette opportunité ? » (Charles Bukowski, 1920-1994). La racine indoeuropéenne por- exprime l’idée de « passage », présente dans le latin opportunus, proprement « qui pousse vers le port ». Épithète appliquée par les…

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Clins d’oeil 16-20

Au Mali, on nomme sentimentales les souliers en cuir à bout pointu qu’un galant portera pour révéler, sinon sa sentimentalité, du moins une forme de coquetterie intéressée pour éblouir la femme qu’il convoite. Au rendez-vous suivant, chacun portera une tenue et des chaussures moins élégantes, plus dénudées, davantage adaptées au climat du pays : nu-pieds, tapettes, éponges, pet-pets et babis. En 1893, le français emprunte à l’italien le singulier spaghetto, diminutif de spago « ficelle », puis adopte son pluriel spaghetti en 1923. Vers 1975, époque où le cinéma italien crée une spécialité…

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Devant l’éternel

« L’éternité c’est long, surtout vers la fin. » (Woody Allen). Éternel, d’abord eternal, vient du latin chrétien aeternalis « qui est hors du temps, sans commencement ni fin », dérivé du latin classique aeternus, formé lui-même sur la forme archaïque aeviternus « qui dure toute la vie », opposé à mortalis. Sa graphie actuelle est attestée depuis le 13e siècle. En français, l’adjectif s’attache d’abord à ce qui tient à la nature de Dieu : Père éternel, devant l’Éternel, Royaume éternel. À l’existence perpétuelle après la mort, conception métaphysique pour ses disciples : salut éternel, repos éternel, vie…

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Mordre la poussière

« Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses » (proverbe peul, peuple de l’Afrique). Poussière est la réfection de posiere, possere, formes en usage dans les dialectes régionaux de Lorraine, Hainaut, Wallonie et Franche-Comté avant le 16e siècle. Le mot dérive de l’ancien français pous issu, par évolution phonétique, du latin populaire pulvus, altération du latin classique pulvis « poussière » et « poudre ». En français, il décrit la terre desséchée réduite à l’état de particules extrêmement ténues et légères, qui se maintiennent en suspension dans l’air ou qui se déposent sous forme d’une…

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Le Code Québec, 10 ans plus tard

J’ai lu Le Code Québec en 2016, année de sa publication aux Éditions de l’Homme. Une enquête menée par Jean-Marc Léger, Jacques Nantel et Pierre Duhamel sous l’égide de la firme de sondages Léger, qui voulait brosser un portrait des Québécois, ce peuple majoritairement issu d’une culture française, vivant dans une société anglaise avec un mode de vie américain. Il y a un mois, j’ai retiré l’ouvrage de ma bibliothèque et l’ai déposé sur mon bureau. Puis j’ai relu les passages que j’avais annotés dans le texte il y a…

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Appel au calme

« Cherche un arbre et laisse-lui t’apprendre le calme. » (Eckhart Tolle). Calme vient du grec kaûma  « chaleur brûlante », d’où « calme de la mer par temps très chaud »; au 15e siècle, le mot est apparenté à l’espagnol, le catalan, l’italien et le portugais calma. En français, s’agissant d’un terme maritime, il exprime l’absence de vent qui rend la surface de l’eau plate et immobile : calme plat. L’absence de vent dans l’atmosphère à certains moments de l’année : calme blanc. « Autour de l’Islande, il fait cette sorte de temps rare que les matelots appellent le…

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Clins d’oeil 11-15

« Enfin, après deux semaines de pluie, le temps s’ébeausit.  » S’ébeausir, « se mettre au beau », verbe immédiatement compréhensible, est disparu des dictionnaires. Ainsi va le français qui se renouvelle sans cesse, des mots nouveaux apparaissant chaque jour, pour des vies longues ou brèves. Certains, devenus inactuels ou désignant des réalités disparues, « s’effacent », « succombent », « trépassent. ». Comme accointance, baguenauder, bavarderie, bluette, chagrinement, difficultueux, folâtrer, friponnerie, intempérance, joyeuseté, liquescence, malignité, navrance, outrecuidance, pantouflerie, rarescent, savanterie, tantinet, tendreté, touffeur. Grève vient de grava « sable grossier », mot repris par le latin mais d’une langue parlée…

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