Tout est dans tout

« Tout est dans tout et vice versa » (Alphonse Allais, 1854-1905). Tout, d’abord noté tot, est issu du bas latin tottus, altération du latin classique totus, qui s’employait en considérant les objets dans leur extension, avec le sens d’« entier, intégral ». En français, il sert d’adjectif, d’adverbe, de nom et de pronom; emplois attestés pour la majorité avant la fin du 13e siècle. Comme adjectif indéfini, sous les formes tout, toute, tous et toutes, il marque l’idée d’intégralité d’un espace, au propre ou au figuré, d’un volume, d’une durée, d’un processus, d’une collection,…

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En signe d’amitié

« L’amitié est comme un livre. Il y a les amis qui partagent seulement une page de notre vie; d’autres qui nous accompagnent durant tout un chapitre; et il y a ceux qui nous soutiennent du début jusqu’à la fin de l’histoire. » (Source : Éric Légaré, Facebook, mars 2024). Ami, orthographié d’abord amics, amicz et amic au 10e siècle, vient du latin amicus comme l’italien amico, l’espagnol et le portugais amigo. L’étymon revêt les deux sens de « proche, intime » et « amant, maîtresse »; valeurs conservées en français. Lorsque l’attachement est de nature affective sans…

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Sens de l’humour

« Et quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux, c’est l’humour » (Doris Lussier, dit le Père Gédéon, 1918-1993). Plus des deux tiers du vocabulaire anglais vient du français ou du latin. Ainsi l’anglais humour est-il pris à l’ancien français humeur, issu du latin humor « liquide »; humeurs désignant initialement les fluides corporels, puis une « disposition à l’irritation. » Au 17e siècle, l’anglais lui confère une valeur opposée, celle de « disposition à la gaieté. » Évolution sémantique que le français se réapproprie sous l’impulsion des penseurs du siècle des…

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Marge de profit

« Le poisson ne voit pas l’hameçon, il ne voit que l’appât; l’homme ne voit pas le péril, il ne voit que le profit » (proverbe mandchou). Profit, orthographié prufit au 12e siècle, vient, par évolution phonétique, du latin profectus, « avancement, progrès », d’où « « succès » et, en médecine, « amélioration ». Le mot passe au français avec le sens général d’avantage d’ordre matériel, intellectuel ou moral qu’une personne ou une collectivité peut tirer de quelque chose : source de profit, part de profit. Valeurs perçues dans diverses expressions : faire du profit, « être d’un usage économique, de…

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Pratique du sport

C’est au 19e siècle que le français emprunte sport à l’anglais sport, aphérèse de disport, « passe-temps, récréation » et « jeu », l’anglais l’ayant lui-même pris au français du 12e siècle desport, variante de deport, « divertissement ». Le mot est d’abord lié à la notion de « pari ». Puis, il désigne toute activité physique exercée dans le sens du jeu, de la lutte et de l’effort, dont la maîtrise suppose un entraînement et le respect de certaines règles, codes et valeurs : club de sport, terrain de sport. Au singulier ou au pluriel, la forme spécifique que prend…

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À vol d’oiseau

Oiseau, d’abord oisel au 11e siècle,  vient du bas latin aucellus, forme syncopée de avicellus, diminutif du latin classique avis. Étymon qui appartient à la racine indoeuropéenne aw-, représentée également dans l’arménien haw « oiseau », le grec aietos « aigle » et le védique véh, langue du Véda, livre sacré des Hindous. Le mot désigne un animal ovipare à sang chaud, au corps couvert de plumes, dont les membres antérieurs sont des ailes et les membres postérieurs des pattes, la tête étant munie d’un bec corné dépourvu de dents, et qui est, en général,…

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Toujours vivant

Le verbe vivre vient du latin vivere, « être en vie », « durer, subsister », « se nourrir de »; il est relevé en français dès le 10e siècle. Son participe présent vivant s’emploie aussi comme adjectif. Pour exprimer ce qui est doué pour la vie et qui se manifeste de manière perceptible : « Une alouette chante en battant des ailes et remuant les pattes sans changer de place dans l’atmosphère. Je vois cette charmante petite chose vivante qui vibre sans se déplacer en face de moi, comme si elle becquetait la lumière. » (Henri Bordeaux, Les derniers…

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Esprit d’équipe

Équiper est issu du germanique ancien skip « bateau », devenu Schiff en allemand moderne et ship en anglais. Au 12e siècle, il parvient au français par une forme normando-picarde eschiper « embarquer », puis « pourvoir un navire du nécessaire à la navigation » et, au 16e siècle, « fournir le matériel nécessaire en vue d’une activité particulière. » Équipe décrit un groupe de personnes réunies pour accomplir ensemble une activité commune : travail d’équipe; avec un complément désignant le métier de leurs membres : équipe de chercheurs, équipe d’ouvriers, équipe de monteurs. Avec un complément, substantif ou adjectif, désignant leur…

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Bain de sang

Sang, aussi sanc au 10e siècle, vient du latin sanguis « sang qui coule dans le corps », par opposition à cruor « sang répandu hors du corps » qui formera cruel et cruauté. Le mot désigne le liquide organique rouge cheminant par les artères et les veines du corps humain et dans celui de nombreux animaux et qui y entretient la vie : prise de sang, don de sang, banque de sang, caillot de sang, sang menstruel, cracher du sang, pisser le sang. Ce qui est opposé à l’esprit : de chair et de sang. Sa…

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Cogner des clous

Clou vient du latin clavus « cheville » de bois, puis de fer. Le mot passe au français au 11e siècle avec le sens de « petite pièce métallique effilée, généralement pourvue d’une tête et utilisée dans les métiers du bâtiment pour fixer, décorer » : clou de bronze, clou à tête ouvragée, clou de fer à cheval, clou à tête plate, clou à soulier. Par extension en médecine, il désigne une tige de métal, pointue à une extrémité, utilisée pour maintenir les fragments osseux dans certaines fractures. Par comparaison, une personne d’allure famélique :…

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Chambre à coucher

Coucher est l’aboutissement du vieux français colcer au 11e siècle, du latin collocare « disposer », puis « placer horizontalement », d’où « mettre au lit ». Le verbe apparaît à la forme pronominale, se colcer, « partager le lit de quelqu’un » mais sans connotation sexuelle; celle-ci se développant à partir du 16e siècle sous forme de nombreuses expressions grivoises : frotter son lard, tirer un coup, manger de la chair crue, dauber des fesses, remuer le gigot, jouer à cul contre pointe, danser sur le ventre, jouer au trou madame, faire des galipettes, s’envoyer en l’air. Le déverbal couche…

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Peau de chagrin

Le mot chagrin est unique en ce sens qu’il possède deux étymons. Le premier, pris au turc sağrı « croupe d’un animal », se révèle d’abord sous les formes sagrin au 16e et chagrain au 17e siècle. En peausserie, Il désigne un cuir grenu, soit abondant en grains et couvert de petites aspérités arrondies, préparé avec la peau de la croupe du mulet, de l’âne, de la chèvre ou du cheval et traditionnellement utilisé en reliure, dans la couverture des livres : peau de sagrin. Puis peau de chagrin, locution décrivant familièrement une peau rêche :…

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Dans ses pantoufles

Pantoufle devrait son nom à un saint Pantouffle qui aurait vécu au 15e siècle. Hypothèse fantaisiste non avérée mais qui démontre que des farceurs sévissaient déjà au Moyen Âge. Ou qu’ils évoquaient alors, par figure, le confort et la douceur que procurent les pantoufles à des pieds fatigués, l’espérance d’une vie douillette et paisible, se délectant de boissons chaudes et relaxantes comme l’anis, la menthe, le tilleul, la camomille et la verveine. À administrer, au lieu de médicaments, aux enfants turbulents. L’origine de ce mot rassurant est probablement l’Occitanie; le phonème…

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Gros mots

Gros vient, au 1er siècle, du latin impérial grossus « gros, épais », puis « rude, grossier » en latin chrétien, altération phonétique de crassus « gras »; la voyelle /o/ évoquant mieux la grosseur que le /a/. Comme adjectif, il désigne, comme son féminin grosse, ce qui dépasse la mesure considérée comme moyenne, normale, par le volume ou ses dimensions. En parlant d’une personne corpulente : gros bébé, gros monsieur, grosse femme. En particulier, d’une partie du corps : gros nez, gros ventre, gros yeux, par figure, grosse tête, personnage important ou influent, avoir le cœur gros, avoir…

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M’enfin

L’adverbe enfin, orthographié aussi anfin, s’écrit d’abord en deux mots, en, fin au 12e siècle, par comparaison avec la locution latine in fine, francisée, qui s’utilise parfois avec un sens identique en français. Synonyme de à la fin, finalement, pour terminer, il s’emploie avec une valeur temporelle. Pour indiquer que l’action se déroule après un long espace de temps, après une longue attente : « Après s’être empêtrés à plusieurs reprises dans les roulières boueuses et d’avoir poussé sur la voiture dans le but d’alléger la charge de Grattan, Elwin et Mary arrivèrent…

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Comme qui dirait

Qui vient du latin qui mais appartient au thème indoeuropéen kw-. Pronom relatif et interrogatif depuis le 9e siècle, la quasi-totalité de ses emplois est attestée avant la fin du 12e siècle. Il figure parmi les autres pronoms relatifs aux formes simples : que, quoi, dont où; composées : lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles, duquel, de laquelle, desquels, desquelles, quiconque; ou élidées : qu’. Dont le rôle est d’introduire, en le remplaçant, un nom ou un groupe nominal dans une proposition dite relative. Qui ont un genre, un nombre, une personne,…

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Souffler les bougies

Bougie, nom commun, vient de Bougie, nom propre francisé de l’arabe Bejaïa, ville d’Algérie qui, au Moyen Âge, faisait le commerce de grandes quantités de cette cire fine avec les contrées d’Europe. Cire moulée utilisée principalement comme mode d’éclairage chez les aristocrates et la royauté et pour fabriquer des cierges lors des cérémonies et rites chrétiens; la bourgeoisie et le peuple utilisant plutôt la chandelle formée de suif, de la graisse animale fondue. Le mot désigne un petit cylindre de cire, de paraffine ou de stéarine, entourant et alimentant une…

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Chemin faisant

Le mot chemin est d’origine celtique : au 7e siècle, camino en gaulois, kamm « le pas » en breton; repris au 11e siècle par le latin populaire camminus. Il se maintient de nos jours dans les langues romanes : l’italien cammino, l’espagnol camino, le portugais caminho. Il décrit concrètement une voie de communication terrestre reliant un point de l’espace à un autre, le plus souvent à la campagne ou d’importance secondaire, par opposition à route ou à rue : étroit chemin, chemin tortueux, chemin de terre, grand chemin, désignant une voie plus fréquentée, d’où voleur de…

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Entendre des voix

Voix est la réfection de voiz au 10e et vois au 13e siècle; vocables de vieux français qui représentent l’aboutissement du latin classique vox « son de la voix » mais aussi « mot » et, au pluriel, voces « propos ». Chez l’être humain, il désigne l’ensemble des sons produits par la bouche résultant de la vibration de la glotte sous la pression de l’air expiré : voix aiguë, voix grave, voix chevrotante, voix éraillée, voix enrhumée, filet de voix, extinction de voix. Ce qui exprime un état moral : voix affectueuse, voix amusée, voix cordiale, voix irritée, voix…

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On est-tu ben dans un coton ouaté

Au Québec, coton ouaté désigne un chandail à manches longues popularisé dans les années 1990; cagoule est son équivalent en français acadien. Il s’enfile par l’encolure et peut posséder une poche ventrale, dite kangourou, et un capuchon. Son tissu est fabriqué en utilisant un processus de cardage qui sépare les fibres de coton, puis en les pressant ensemble, produit une texture douce et pelucheuse. Confortable. Chandail est un vêtement de dessus généralement épais et à manches longues, qui s’enfile par la tête et s’arrête à la taille ou aux hanches :…

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Champ libre

Libre vient du latin liber « de condition non esclave, affranchi ». En français du Moyen Âge, il désigne, comme son étymon, la condition d’un individu qui n’appartient pas à un maître : paysan libre par opposition à serf. C’est à partir du 16e siècle que les sémantismes de l’adjectif s’étendent considérablement pour qualifier ce qui n’est pas soumis à une ou plusieurs contraintes externes. En parlant d’un personne qui n’est pas retenue prisonnière ou qui jouit, au sein d’une nation qui n’est pas sous domination étrangère, de droits politiques reconnus à ses citoyens :…

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Grandeur nature

Le mot nature est pris au latin natura « naître », « origine » et plus largement « ordre des choses »; l’étymon traduisant, en philosophie, le grec phusis « substance. ». En français, dès les premiers textes, il désigne la force active qui établit et maintient l’ordre de l’univers, souvent personnifiée avec une majuscule : lois de la Nature. La réalité matérielle considérée comme indépendante de l’activité et de l’histoire humaine. Soit le milieu terrestre défini par le relief, le sol, le climat, l’eau et la végétation : nature sauvage, nature désertique, nature luxuriante. Comme milieu refuge opposé à…

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Déboutonné

Bouton dérive de bouter qui s’emploie comme dans la citation attribuée à Jeanne d’Arc durant la Guerre de Cent ans (1337-1453) : « Je suis ici pour bouter les Anglais hors de France »; comprendre les repousser en dehors du royaume français et redonner sa couronne au roi Charles VII. Mission que la Pucelle d’Orléans accomplira avant de terminer sa vie sur le bûcher. Toutefois, le mot ne maintient pas de rapport sémantique avec le verbe. En biologie, il décrit le bourgeon poussant sur les arbres, les arbustes et les plantes et donnant…

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Broyer du noir

Noir vient du latin niger, de même sens. Le mot est utilisé comme adjectif ou comme substantif depuis le 12e siècle. Dans un emploi caractérisé par l’absence de couleur, par une couleur très sombre ou par l’obscurité : tableau noir, point noir, chocolat noir, ciel noir, yeux noirs, robe noire, chambre noire. État rendu foncé par une meurtrissure : œil au beurre noir. Par la saleté, la poussière, la pollution : « Ces figures violettes de froid, noires de crasse » (Paul Adam, L’Enfant d’Austerlitz, 1901). Par les rayons du soleil, noir étant alors synonyme de…

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Des squelettes dans le placard

Squelette, orthographié d’abord scelette et sqelete au 16e siècle, est un emprunt à l’adjectif grec substantivé skeletos « corps desséché », « momie ». Souvent de genre féminin au 17e siècle, le mot désigne l’ensemble des os et des cartilages qui forment la charpente des vertébrés : squelette de l’homme, squelette de la femme, squelette d’un animal. Spécifiquement, chacun des éléments osseux d’un organe, d’une partie du corps : squelette de la tête, squelette du tronc, squelette de la main. Mais aussi toute structure rigide jouant un rôle de soutien pour un organe mou : squelette du nez, squelette…

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Bonjour tristesse

Triste, d’abord orthographié trist au 10e siècle, vient du latin classique tristis « affligé » et « funeste »; car dans la langue des augures romains, le mot signifiait aussi « regarder les entrailles » des animaux sacrifiés lors de rituels à l’aspect sinistre. En français, dans le registre des sentiments humains proches de l’abattement, de la douleur, de la souffrance, de la peine, du chagrin, son acception dominante est « personne éplorée » et « événement navrant, malheureux » : triste mine, clown triste, journée triste, chanson triste, triste époque. Ou, nuance, dont la médiocrité, la mauvaise qualité est affligeante : triste…

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Faisceau de fibres

Le mot fibre vient du latin classique fibra, « formation d’aspect filamenteux », et, dans la langue augurale, « division du foie », d’où « entrailles »; au figuré, il revêt la valeur de « sensibilité ». Francisé, il désigne, en anatomie, l’élément filamenteux composant certains tissus organiques : fibre cervicale, fibre nerveuse, fibre musculaire. Au figuré, il qualifie le fond secret d’un être en tant que lieu supposé d’une manifestation affective : « Vous avez la fièvre, dit-elle d’une voix douce et charmante qui remua toutes les fibres du cœur de Ferdinand » (Pierre Ponson de Terrail, Les Exploits de Rocambole,…

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Du bout des lèvres

Les lèvres. Bien sûr, elles servent à embrasser. Mais aussi à boire, auquel cas il faut les tremper. À écouter, en s’y suspendant avec exaltation. Parce qu’elles traduisent toutes sortes de sentiments. L’attente, l’inquiétude ou le regret; pour cela mordillez la lèvre inférieure. L’incertitude, en fripant la lèvre supérieure. La peur, la colère, l’indignation, le désarroi; il suffit de les faire trembler ou de se les mordre. Le dépit, le dégoût, l’ironie, l’amusement, par l’ambiguïté des plis. Le mot est issu du latin labra, pluriel neutre de labrum « lèvre,…

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Quitte ou double

Quitte est un adjectif singulier invariant en genre. Il vient du latin médiéval quitus, « dispensé d’une obligation juridique ou financière », sens conservé en français : être quitte d’impôts. Dès le 11e siècle, il correspond à « libéré d’une charge morale ou sociale », d’abord avec une connotation religieuse : être quitte envers Dieu, être absous de ses péchés. Puis, il revêt d’autres valeurs. « Ne plus rien devoir de part ni d’autre » : quitte à quitte et bons amis, phrase convenue par laquelle on concluait un marché. « Jouer de façon à réparer toutes ses pertes ou…

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Salade frisée

Le verbe friser est attesté en français depuis le 15e siècle. Toutefois, son origine est incertaine. Son radical germanique fris- pourrait dériver du frison frisle, repris par l’anglais frisle « crépu »; la Frise étant la plus grande des douze provinces qui constituent les Pays-Bas. Il serait alors proche de frire, par analogie de forme avec les bords d’un aliment frit. Ou il relèverait du gallo-roman frestiare « onduler », d’après le latin fretum « flot qui se brise contre le rivage. »; ce sémantisme permettant de le rattacher à frise « bandeau brodé » et « bordure ornementale » (d’un…

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Analyse de texte

Le mot texte vient du latin textus, « tissu, enlacement », spécialement à l’époque impériale, « enchaînement d’un récit », « récit », substantivisation du participe passé de texere « tisser ». En français, il décrit la suite des éléments du langage constituant une œuvre écrite ou orale : texte manuscrit, texte imprimé, texte d’un discours. Un écrit considéré dans sa rédaction originale et avérée : texte de loi, textes sacrés. Une création littéraire ou un document authentique considérés comme référence ou servant de base à une culture ou une discipline : grands textes, textes classiques. Un fragment jugé comme caractéristique…

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Droits d’autrice

Le féminin en -trice des mots masculins en -teur provient de la terminaison latine -trix, le masculin étant -tor : senator, sénateur, senatrix, sénatrice accusator, accusateur, accusatrix, accusatrice, actor, acteur, actrix, actrice, auctor, auteur, auctrix, autrice. Le mot autrice est attesté dès le 14e siècle; il désigne une femme qui pratique le métier ou l’art de l’écriture. Sorti d’usage, il réapparaît dans les dictionnaires dans les années 1990 et fait un retour en force au milieu des années 2010, d’abord en Suisse, dans les médias et chez de plus en plus…

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Sans une égratignure

Égratigner, d’abord esgratiner au 12e siècle, dérive de gratiner, diminutif de gratter. Le verbe signifie « écorcher en déchirant superficiellement la peau » : égratigner le visage. Par analogie, « abîmer, détériorer légèrement quelque chose en provoquant des rayures, des traces » : égratigner une voiture, égratigner un disque. Travailler une étoffe avec la pointe d’un fer pour lui donner une forme : égratigner la soie. Labourer sommairement : égratigner la terre. Au figuré, il désigne une personne qui, par méchanceté ou malice, en blesse une autre avec des propos piquants ou ironiques, sens illustré dans la locution proverbiale…

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Station bonbons

Le mot bonbon vient du redoublement enfantin de bon pour désigner quelque chose de « bon bon » à manger, surtout des sucreries. Signalé dès le 17e siècle, d’abord à la forme partitive, du bonbon, il décrit dans l’usage moderne une petite friandise à base de sucre, aromatisée, colorée et de consistance relativement dure, enveloppée ou pas dans une papillote : croquer des bonbons, sucer des bonbons, canne de bonbons. Sauf en Belgique où le mot se dit encore pour « petit biscuit sec ». Par analogie de forme avec des bonbons fondants, des bonbons à…

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In extremis

Extrême est issu du latin extremus, superlatif de exter, « le plus à l’extérieur » et, au figuré, « le pire ». En français, il s’emploie comme adjectif. Par référence à l’espace, pour désigner ce qui est tout au bout : extrême frontière. Par référence au temps, pour décrire ce qui est tout au début ou tout à la fin d’une durée : extrême vieillesse. Au figuré, il est généralement antéposé et détermine ce qui atteint le plus haut degré : extrême élégance, extrême urgence, extrême fatigue, extrême droite et extrême gauche, formations politiques les plus éloignées…

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Bouffées de chaleur

Chaleur vient du latin calor formé sur le verbe calere « être chaud », « être ardent ». En français, le mot désigne la température plus ou moins élevée d’un corps, d’un lieu, perceptible par l’homme : source de chaleur, chaleur du feu, douce chaleur. Spécialement, la température dispensée par le soleil, répandue dans l’atmosphère : chaleur du jour, vague de chaleur, grandes chaleurs (de l’été). En chimie et en physique, il qualifie la somme des énergies, potentielle et cinétique, des molécules d’un corps : chaleur interne, chaleur absorbée, chaleur rayonnante. En pathologie, la sensation de malaise…

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Sac à papier

Le mot sac est l’aboutissement, au 11e siècle, du latin classique saccus, « sac à blé, sac à argent », puis, en latin populaire, « vêtement de crin grossier »; le latin le tenant lui-même du grec sakkos « toile d’emballage » et celui-ci de l’hébreu sâq. En français, il désigne un contenant fait d’une matière souple, assemblée sur les côtés et le fond, ouvert par le haut : sac de bonbons, sac postal, sac poubelle, sac de patates, sac de couchage. Après 1950, les emplois avec la valeur de contenant souple ou rigide servant à ranger…

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Le signe de Zorro

Substantif féminin, cédille est emprunté à l’espagnol cedilla, proprement « petit z ». Le [z] wisigothique [ꝣ] du royaume des Wisigoths au sein de l’Hispanie du 4e siècle. Plus proche du signe de Zorro que le [z] interprété ensuite comme « petit c » ou ressemblant au chiffre [5] dont la barre supérieure aurait été supprimée. Le mot désigne un signe graphique en forme de c retourné placé sous la lettre [c], qu’il s’agisse d’une minuscule ou d’une majuscule, et introduit au 16e siècle dans l’imprimerie en France par Geofroy Tory. Pour donner au [c] la prononciation…

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Aire de restauration

Restaurer vient du latin impérial restaurare « rebâtir, refaire, réparer » et, à la basse époque, « reprendre, renouveler ». Le participe présent du verbe, restaurant, est substantivé dès le moyen français avec la valeur d’« aliment ou remède fortifiant », destiné à redonner des forces aux malades et de l’appétit aux « dégoûtés »; d’abord en ingurgitant des bouillons de jus de viande, des racines et des herbes, du vin et de l’eau-de-vie, puis des plats solides : œufs frais, volailles, pieds de mouton. Manger hors de chez soi durant les déplacements mène à la création d’une cuisine…

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Revers de la médaille

Le mot médaille vient de l’italien medaglia, issu lui-même du latin populaire medialia qui désignait, au 15e siècle, une monnaie en usage dans le nord de l’Italie, dans les États pontificaux et à Malte, ainsi qu’une pièce de métal frappée à l’effigie d’un personnage illustre et servant d’ornement. En français, il conserve ce sens de pièce de métal, en général circulaire, portant un dessin, une inscription en relief, frappée en l’honneur d’un haut personnage ou en souvenir d’un événement : médaille commémorative. Puis, il développe la valeur de pièce de formes diverses…

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Avec panache

Le mot panache vient de l’italien pennachio « bouquet de plumes sur un casque », lui-même pris au latin chrétien pinnaculum « faîte ». En français, il s’écrit pennache et pannache avant de prendre sa forme définitive au 16e siècle. Il désigne d’abord le faisceau de plumes, souvent de couleurs diverses, ornant les coiffures masculines de l’époque, en particulier, la coiffe des soldats et signe distinctif des chefs militaires : casque à grand panache. Puis les coiffures des femmes en tenue d’apparat : « Madame Arthur Pommerel, en velours pourpre, un panache de trois plumes d’autruche noires dans…

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Postsynchronisation

Le mot synchrone vient du bas latin synchronus « contemporain », lui-même pris au grec tardif sunkhronos, composé de sun « avec » et de khronos « temps » D’emploi didactique, l’adjectif correspond à « simultané » : « Les canots-majors volaient sur l’eau; six ou huit paires d’avirons, rigoureusement synchrones, leur donnaient des ailes brillantes qui jetaient au soleil, toutes les cinq secondes, un éclair et un essaim de gouttes lumineuses » (Paul Valéry, Variété III, 1936). Spécifiquement, il décrit un mécanisme qui produit des mouvements à intervalles réguliers : calculateur synchrone, pendule synchrone, moteur synchrone, moteur de vitesse constante, basée…

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Lendemain de veille

Le mot veille vient, par évolution phonétique, du latin classique vigila « veille, insomnie » et « vigilance », dérivé de vigere « être vivant, vigoureux »; la racine latine veg-/vig- évoquant une idée d’’animation, de force vitale. Il désigne l’état d’une personne qui ne dort pas pendant le temps normalement consacré au sommeil. En particulier, la nuit, le fait de se priver de dormir pour se consacrer, dans les premières attestations, à la prière, puis au travail ou à une activité importante : homme de garde, veilles studieuses. Observer les environnements des entreprises, des organismes, pour…

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Des chiffres et des lettres

L’adverbe anticonstitutionnellement, malgré un préfixe, un suffixe et des consonnes doublées, n’est plus, malgré ses 25 lettres, le mot le plus long inscrit dans les dictionnaires de langue française. Il a été découronné par intergouvernementalisation, « mise en œuvre d’une stratégie ou d’une action commune par plusieurs gouvernements » ‑ prenez l’exemple de la guerre en Ukraine ‑ avec ses 26 lettres; vingt-sept au pluriel. Mais l’idée qu’il s’agit du nouveau mot le plus long du français est inexacte si l’on tient compte, des mots à rallonges, formés naturellement, et des noms…

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Terre des hommes

Homme vient du latin classique hominem « né de la terre », accusatif d’homo « être humain » et se rattache à la racine indoeuropéenne ghyom « terre ». Récupéré par le langage scientifique, l’étymon produira aussi humus « couche superficielle du sol sous l’effet de la décomposition des végétaux. » Ses premières attestations en français remontent au 10e siècle avec les tournures hom, om, hom et hume. Le mot décrit l’espèce animale la plus évoluée de la Terre sans considération de sexe : origine de l’homme. Mammifère de l’ordre des Primates, caractérisé par son cerveau volumineux, sa station verticale,…

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Garde-manger

Le latin classique avait deux verbes pour dire manger. Le premier, edere, signifiait « se nourrir comme un être humain »; le second, mandere, « se nourrir comme un animal. ». Le latin populaire forme ensuite manducare « remuer les mâchoires », qui s’impose aux dépens des deux autres, notamment par l’entremise des légionnaires romains à la conquête de la Gaule. Par évolution phonétique, le mot devient « manger » au 10e siècle, le /duc/ latin donnant /dj-/, puis le son /j-/ en français. Son sens usuel est « avaler des aliments liquides ou solides pour se nourrir »: manger de…

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Record d’affluence

Affluer vient du latin affluere « couler vers ». Mais ce sont d’abord les valeurs métaphoriques de « se produire en abondance » et « fournir » du verbe qui apparaissent au 14e siècle : « À sept heures commencèrent à affluer les autobus, parmi la foule déjà grouillante » (Maxence Van der Meersch , L’Empreinte du dieu, 1936). Le sens latin n’est attesté en français qu’au 17e siècle. Il s’emploie en physiologie : le sang afflue vers le cœur. Et en hydrographie : les fleuves affluent dans la mer. Évoquant, en particulier, les eaux qui proviennent de la fonte des glaciers ou…

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Échange de baisers

Le baiser, mécaniquement, est un emportement buccal qui expose les lèvres d’un agent ou d’une agente de transmission sur un espace de peau généralement humaine ou animale, large ou circonscrit, public ou pudique, d’un agent ou d’une agente de réception. Chose certaine, l’effet plaisant n’est pas le même sur un objet inanimé, par exemple, l’hiver, sur un poteau de clôture métallique. À éviter si l’envie vous en prenait à vous aussi. Le mot est issu du latin basiare « poser sa bouche sur » en signe d’affection amicale, de politesse, de respect;…

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Proposition relative

Relatif est issu, au 13e siècle, du bas latin relativus de referre « rapporter », qualifiant ce qui n’est tel que par rapport à certaines conditions. En français, il s’oppose à absolu au 19e siècle, à l’époque de la systématisation de la terminologique philosophique. Le mot produit relativité qui, en philosophie, définit le caractère « relatif » du savoir humain, soit parce qu’il est imparfait, soit parce qu’il dépend de la structure mentale du sujet, soit parce qu’il ne peut saisir qu’incomplètement les relations, les phénomènes : relativité de la connaissance. Par extension, il détermine…

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D’un morse à l’autre

Le mot morse vient du lapon morša, langue finno-ougrienne parlée par les Samis, peuple éleveur de rennes résidant dans le nord de la Scandinavie et dans la péninsule de Kola en Russie. Il paraît être une onomatopée par imitation du cri de l’animal. Il parvient au français au 16e siècle par l’intermédiaire du finnois mursu ou du russe morj. L’espagnol, le portugais et le corse adoptent la forme morsa. Il désigne le grand mammifère marin des régions arctiques, amphibie et carnassier, au corps épais, pouvant atteindre cinq mètres de long,…

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