Mots des Premières Nations d’Amérique

Sagesse des Premières Nations : « Marchez doucement au printemps, la Terre Mère est enceinte. » « Soyez liés l’un à l’autre comme les arbres sont liés à la terre, ainsi votre amour portera le fruit de belles et de nombreuses saisons. » « Lorsque vous êtes né, vous avez pleuré et le monde s’est réjoui. Vivez votre vie de manière que quand vous mourrez, le monde pleurera et vous vous réjouirez.  »

L’expression « Premières Nations » est une désignation historiquement plus juste pour nommer ceux que les colonisateurs du 16e siècle ont obstinément appelé « sauvages », Indiens et, plus tard, Amérindiens, mot-valise formé sur Amérique et Indiens. Le vocabulaire français s’est enrichi au contact de ces peuples autochtones et des réalités qui les dépeignent. De nos jours, de grandes agglomérations portent des noms qui leur appartiennent. Ottawa, la capitale du Canada, provient du mot algonquin adawe « commercer ». Le lac où les Kanienʼkehá꞉ka ou Mohawks pêchaient à la lance s’appelait « tkaronto  », ce qui signifie dans leur langue « là où les arbres sont debout dans l’eau  », qui deviendra Toronto. La ville de Québec s’inspire d’un autre mot algonquin signifiant « là où le cours d’eau se rétrécit  ».

Certains prénoms, peu fréquents mais inspirants, appartiennent aux Premières Nations d’Amérique : Chumani « goutte de rosée » chez les Sioux; Leotie « fleur de prairie » dans la langue cherokee; Nokomis « fille de la lune » en ojibwé; Aponi « papillon » chez les Pieds-Noirs; Dezba prénom féminin signifiant « qui va à la guerre » en navajo, signe que cette enfant, devenue femme, ne se laissera jamais piler sur les pieds par un homme; Ehawee « elle rit » chez les Lakotas; Litonya « colibri » chez le peuple miwok de Californie; Kaya « petite sœur » chez les Hopis; Tawana « créée » chez les Shawnees; Sakari « douce » en inuktitut , langue des Inuits; Tyee « chef » chez le peuple chinook, du même nom que ce vent chaud qui souffle sur les montagnes Rocheuses.

Le Québec, outre les Inuits, compte dix Premières Nations désignées chacune dans leur langue, parfois traduite en français : Abénakis, Anishinabeg ou Algonquins, Atikamekw, Eeyou ou Cris, Hurons-Wendat, Innus ou Montagnais, Wolastoqiyik ou Malécites, Mi’gmaq ou Micmacs, Kanien’kehá:ka ou Mohawk, Naskapis. Langues à l’origine de nombreux toponymes tels Amqui « camarade », Tadoussac « mamelles », Rimouski « cabane à chien » en algonquin; Abitibi « eau mitoyenne », Shawinigan « portage anguleux », en cri; Causapscal « courant sur la pointe rocheuse », Kamouraska « étendue de joncs », Matapédia « jonction des rivières » en micmac; Hochelaga, « à la chaussée des castors » en mohawk, Magog « grand lac » en abénaki. Et des noms communs devenus, pour la plupart, usuels chez nous : achigan, maskinongé et ouananiche, des poissons, carcajou ou glouton, caribou et wapiti, des animaux, ouaouaron « grenouille mugissante » chez les Wendats, anorak « manteau d’hiver » chez les Inuits,  atoca « canneberge », babiche « lanière de peau », canot, mocassin, kayak, parka, pow-wow « réunion, festivité », tipi et wigwam « habitation », toboggan, totem, wampum, souvent des ceintures de perles utilisées à des fins ornementales, cérémonielles et diplomatiques. »

  

Devoir

Comment nomme-t-on dans la mythologie algonquienne la force de vie spirituelle omniprésente chez tous les organismes vivants?

Man _ _ _ _.

Réponse

Manitou. « Les sauvages sont fort adonnés aux resves et sont si fort persuadés que c’est leur esprit qui les leur donne, qu’il faut absolument qu’ils les executent; ce sont des resves qui les obligent d’entreprendre des guerres, de faire des grands voyages, d’abandonner des partis qu’ils ont entrepris contre leurs ennemis et de s’en retourner dans leur cabane; ce sont aussy ces resves qui leur donnent leur esprit, ou pour me servir de leur terme, leur manitou, qu’ils s’imaginent avoir soin d’eux dans toutes les actions de leur vie. » (Antoine-Denis Raudot, Relations par lettres de l’Amérique septentrionale,1705-1710).