Au pied du lit

« Le ciel est haut, la terre est basse; il n’y a que la table et le lit qui soient à la bonne hauteur » (proverbe français). Lit vient du latin lectus, étymon issu d’une racine indoeuropéenne legh- signifiant « coucher » ou « être couché. » Il s’écrit liet dans le dialecte normand, lei en bourguignon, leit en provençal, lét en wallon. Sa forme actuelle en français est attestée au 11e siècle. Le mot désigne le meuble composé principalement d’un cadre rigide de métal ou de bois supportant des parties souples (sommier, matelas) et garni de…

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Chant de gorge

« J’ai un remède parfait contre le mal de gorge : coupez-la » (Alfred Hitchcock, 1899-1980). Gorge vient du latin classique gurges « gouffre », « tourbillon d’eau », et, par figure, « gosier ». Onomatopée appliquée d’après les bruits de déglutition et d’expectoration qu’on peut y entendre. Le mot parvient au français au 12e siècle par les formes altérées du latin populaire gorga et du bas latin gurga. Il désigne la partie antérieure du cou de l’être humain. Spécifiquement, sa cavité intérieure à partir de l’arrière-bouche : mal de gorge, inflammation des muqueuses du pharynx et/ou du larynx. Siège de…

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Clins d’oeil 46-50

Acquis du verbe acquérir désigne le savoir ou l’expérience que possède une personne ou encore un ensemble d’avantages sociaux ou de droits obtenus. Acquit du verbe acquitter s’emploie au Moyen Âge pour « reconnaissance écrite du paiement d’une dette. » Son sens figuré de « se garantir de tout risque d’avoir quelque chose. à se reprocher » devient usuel au 19e siècle : par acquit de conscience, pour avoir la conscience tranquille. Car, dans ce sens, on acquitte sa conscience, on ne l’acquiert pas. Acquit fait partie d’une grande famille étymologique issue du latin quietus « en…

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Taper les doigts

« Quand le doigt ne sait où aller, il entre dans le nez » (proverbe bété, Côte d’Ivoire). Doigt vient du latin populaire ditus, contraction phonétique du latin classique digitus mais sa racine est indoeuropéenne : deik– « montrer ». En français du 11e siècle, il prend d’abord les formes deie, dei, doi et doit. Sa forme moderne réintroduisant le /g/ latin étymologique mais non prononcé, est attestée depuis le 16e siècle. En anatomie, le mot désigne chacune des « avances libres et mobiles qui terminent la main. » (Georges Cuvier, Leçons d’anatomie comparée, 1805) : les cinq doigts de…

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Rumeur de la ville

« J’ai soudain le sentiment d’être en harmonie avec moi-même, tout est parfait en cet instant, la douceur de la lumière, ce petit parfum dans l’air, la rumeur tranquille de la ville. » (Extrait du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, 2001). Ville vient du latin villa « propriété rurale », puis « groupe de maisons. » Le mot s’écrit vile au 10e siècle; il adopte sa forme actuelle vers 1200. Espace construit, il désigne une agglomération assez importante dont les activités sont surtout orientées vers l’industrie, le commerce et l’administration : grande ville, petite ville, ville portuaire,…

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Clou du spectacle

« La vie est un passage, le monde est une salle de spectacles. On entre, on regarde, on sort. » (Démocrite, vers 460-370 av. J.-C). Loisir public, le spectacle est l’une des activités humaines qui occupent le plus de place dans la plupart des sociétés modernes : télévision, cinéma, théâtre, opéra, ballet, sport, cérémonies, religieuses ou profanes, défilés et autres célébrations. Le mot vient du latin spectaculum « vue, aspect » « spectacle de cirque », puis, en latin impérial, « merveilles.  » Dérivé de spectare « regarder, contempler », verbe qui se rattache à la racine indoeuropéenne spek- « observer. »…

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Permis de chasse

« La guerre, c’est comme la chasse, sauf qu’à la guerre les lapins tirent. » (Charles De Gaulle, 1890-1970). Chasser, d’abord chacier au 12e siècle, et cachier, cassier, deux formes attestées en ancien picard, prolonge le bas latin captiare « capturer » qui a progressivement éliminé le latin venari « poursuivre les animaux. » Son dérivé chasse exprime d’abord l’idée de « chevauchée rapide » mais reprend rapidement le sens usuel de son étymon latin. Avec une intention de saisie, le mot décrit l’action de poursuivre pour capturer ou tuer des animaux à l’état sauvage à des fins utilitaires…

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Pincée de sel

« Le rire est le sel de la vie » (Driss Chraibi, 1926-2007). Sel et ses variantes sau, sal et ser en ancien français, vient du latin sal. Mais d’une racine antérieure, indoeuropéenne, qui fournit sāļš en letton, salt en anglais, Salz en allemand, sól en polonais, salann en gaélique irlandais et salila en sanskrit. Le mot adopte sa forme actuelle au 12e siècle. Son rôle pour l’assaisonnement et la conservation des aliments, essentiel depuis le Moyen Âge, explique la variété des emplois et la diversité des dérivés. Il désigne la substance de…

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Clins d’oeil 41-45

Certains mots, à force d’évoluer, finissent par signifier le contraire de leur sens initial. Mièvre, d’abord « vif, espiègle » dérive vers « puéril », puis se fixe : « fade, affecté. » Truculent voulait dire « brutal, féroce » et aujourd’hui « florissant, jovial ». Climat « inclinaison du ciel » devient « ensemble des conditions météorologiques. » Biberon « boisson » puis « bec », décrit aujourd’hui une petite bouteille destinée à faire boire un enfant. Subjuguer, « passer sous le joug, soumettre », devient « charmer, ensorceler ». Ces transformations sédimentent notre mémoire collective et laisseront un peu de notre histoire aux générations futures. Source : Hubert Mansion, 101…

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Ascension en ballon

« Moi, ils me font rire les joueurs de foot, ils se prennent un ballon dans la tête, ils hurlent par terre en se tenant la jambe, pour une fois que ce sont les hommes qui simulent » (Anne-Sophie Bajon). Ballon vient de l’italien pallone « grosse balle », par l’italien dialectal ballone, le mot supplantant pelote et esteuf au jeu de paume au 16e siècle. Dès lors, son sens moderne et usuel se développe, désignant une grosse balle en caoutchouc gonflée d’air que protège une gaine de cuir, utilisée dans divers jeux ou sports…

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Top secret

« Un baiser est un secret raconté à la bouche au lieu de l’oreille » (Ingrid Bergman, 1915-1982). Secret, d’abord segrei, segreie, secroi et secré, vient du latin secretus « séparé », « solitaire », « isolé », « caché ». Attesté en Poitou au 12e siècle, il se répand en France deux siècles plus tard et connaît, comme nom et adjectif, des évolutions semblables. En parlant des interrogations philosophiques et religieuses, le mot décrit ce qui est impénétrable, insaisissable : secret des consciences, secret de Dieu. Ce qui n’est connu que d’un nombre limité de personnes, réservé à des initiés, des…

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