Pourquoi les humains s’embrassent-ils sur la bouche?

Et non pas sur les oreilles. Quand on sait que celles-ci forment une zone érogène très sensible, facile à stimuler en soufflant dedans de l’air chaud, en murmurant des mots doux près du pavillon, en embrassant délicatement le lobe ou en effleurant leur creux avec la langue.

Mais d’où vient alors cet attrait censément inné pour le baiser romantique et sexuel? Qui résulte plutôt d’une évolution ou d’un apprentissage aujourd’hui adopté par les humains des cultures les plus répandues dans le monde. Qui fait que s’embrasser sur les lèvres est plaisant et stimule les « hormones du bonheur ».

Selon les paléoanthropologues, l’ancêtre commun de l’humain et du grand singe se livrait au baiser sur la bouche avec sa promise il y a 21 millions d’années. Pratique attestée par écrit, entre humains, sur les tablettes d’argile mésopotamiennes il y a 4500 ans. Et sur papyrus dans un poème égyptien anonyme rédigé il y a 1500 ans :

« Et quand ses lèvres sont pressées contre les miennes
Je suis ivre et n’ai pas besoin de vin
Quand nous nous embrassons, et que ses lèvres chaudes s’entrouvrent
Je vole à travers les nuages, sans bière. »

Rapprochement avec le houblon plausible quand on sait que la savoureuse bière de l’Égypte antique, la heneqet, à ne pas confondre avec l’actuelle Heineken du groupe brassicole international, était consommée à foison tant par le pharaon que par ses sujets. Si le Kamasutra indien décrit une trentaine de baisers différents, les Romains, moins imaginatifs, n’en distinguaient que trois: l’osculum, amical ou social, le basium, qui se donnait sur la bouche entre proches et le suavium, profond, érotique, pratiqué avec la langue entre amants.

Au 20e siècle, durant les deux guerres mondiales, les soldats anglophones stationnés en France découvrent cette pratique avec des Françaises délurées à la sensualité exacerbée. Ils lui attribuent l’appellation désormais universelle : french kiss « embrasser quelqu’un les lèvres ouvertes avec la langue. » Baiser fondamental qui permet, en outre, chez les couples ordinaires, lors du premier échange physique intime, de renifler et de sentir sa/son partenaire. De savoir ainsi, si les choses se passent mal, qu’il est déjà temps de cesser immédiatement toute relation. De se transmettre par la salive, en dix secondes, des millions de bactéries pouvant provoquer des maladies mais aussi des échanges susceptibles de renforcer chez chacun et sur les enfants à naître, des défenses immunitaires. 

Selon le Dr Orgasmic, une sommité méconnue en la matière, le baiser lingual, favorisé par la proximité des visages et l’échange de regards lubriques, consiste en une exploration partagée et variée des lèvres, de la langue et de la bouche tout entière. Par simples affleurements, mordillements ou plongées vertigineuses dans la cavité buccale de sa/son partenaire allant jusqu’au lavage de cerveau.

Voici les principales recommandations à ce sujet contenues dans son ouvrage « Pourquoi les êtres humains s’embrassent-ils sur la bouche et non pas sur les oreilles », malheureusement épuisé depuis 1949. Je traduis librement car son livre, qui s’adresse aux hommes, n’a été rédigé qu’en serbo-croate, historiquement parlé dans l’ex-Yougoslavie. Que j’ai pu plagier, heureusement, grâce à l’intelligence artificielle.

Première recommandation : Brossez-vous les dents avant de frencher, bande de malpropres. Une haleine fraîche est indispensable. Au besoin, appliquez un baume sur vos lèvres si elles sont gercées, ça les rendra plus douces.

Deuxième recommandation : Exercez-vous devant le miroir. Fortifiez votre langue en la tournant cent fois de la droite vers la gauche, puis cent fois de la gauche vers la droite plusieurs fois par semaine. Ainsi vous serez paré à toute éventualité si votre partenaire est ambidextre de la langue ou préfère, comme pour les positions sexuelles, un sens plutôt que l’autre. Lavez le miroir après les exercices, bande de souillons.

Troisième recommandation : Lorsque vous inclinez la tête, pensez à ne pas heurter brutalement le nez de votre partenaire et à provoquer chez elle une commotion cérébrale qui la rendrait inapte à vous reconnaître nu avant des mois.

Quatrième recommandation : Ouvrez délicatement la bouche et gardez les lèvres entrouvertes et détendues, sans excès d’agressivité ou de rigidité. Exprimez plutôt votre rigidité à l’antipode de la tête de votre partenaire, bande de pervers.

Cinquième recommandation : Introduisez votre langue dans sa bouche avec douceur, sans envahir son espace buccal d’un coup comme si c’était son espace vital, bande d’étalons en rut. Sortez plutôt votre langue en effleurant d’abord ses lèvres.

Sixième recommandation : Variez les caresses de langue à langue, optez pour des mouvements lents et circulaires appris en léchant le miroir.

Septième recommandation : Accompagnez le baiser en impliquant tout votre corps. Mettez vos mains dans ses cheveux, vos doigts sur ses joues, dans son cou, glissez-les jusqu’au bas du dos et sur ses fesses. Alternez les rythmes de la langue en faisant de courtes pauses pour raviver le désir de votre partenaire mais surtout pour la laisser respirer, vous n’êtes pas au fond de l’eau avec un scaphandre, bande d’abrutis.

Le baiser furtif ou long, doux ou fougueux, du bout des lèvres ou à pleine bouche, avec la langue, demeure un contact intime consenti au cours duquel beaucoup de choses sont dites sans qu’aucune parole ne soit échangée, hormis quelques cris et couinements. Jouissez pleinement de l’agonie des voix jusqu’à l’exultation des corps, bande d’amoureux.