L’élément formant -scope vient du grec skopos » observateur ». Il entre dans la composition de mots savants désignant des instruments d’examen des objets célestes éloignés, les étoiles, les planètes, les galaxies : télescope; des structures de très petite taille, invisibles à l’œil nu : microscope; à l’équipage des sous-marins, de voir à la surface de l’eau alors que le navire est immergé : périscope; d’ausculter les bruits internes du corps humain ou animal : stéthoscope; de voir à l’intérieur des conduits, des cavités naturelles, des organes à l’aide d’une caméra et d’une source lumineuse : endoscope. Pour les locuteurs âgés ou nostalgiques (1960-2010), d’enregistrer leurs émissions de télé préférées : magnétoscope.
Source : Sous la direction d’Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française.
Kamikaze vient du japonais kamikaze « vent divin », nom donné par les samouraïs aux typhons qui ont détruit providentiellement les flottes d’invasion mongole au 13esiècle. Le mot est repris en français pour désigner, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale (1944-1945), le pilote et son avion chargé d’explosifs qui sacrifiait sa vie en cherchant à percuter les navires américains. Par extension, il décrit toute personne téméraire qui s’expose volontairement à un grand danger : kamikaze du volant; l’auteur d’un attentat-suicide : opération kamikaze; et… une boisson à base de vodka, de triple sec et de jus de citron vert produite au terme de la guerre du Pacifique : cocktail kamikaze.
Source : Sous la direction d’Alain Rey, Dictionnaire culturel en langue française.
Hamac vient du taïno hamacas, mot de la famille linguistique arawak. Peuple qui habitait les Grandes Antilles, Cuba, Haïti, République Dominicaine, Porto Rico et Jamaïque, à l’arrivée de Christophe Colomb en 1492. Le mot désignait une couche suspendue fabriquée à partir de l’écorce d’un arbre appelé hamack par les indigènes. Il passe au français et adopte son sens actuel au 17esiècle par l’intermédiaire de l’espagnol hamaca grâce aux récits de voyage : rectangle de toile ou de filet suspendu horizontalement par ses extrémités servant de lit. Prisé depuis quatre cents ans par les marins, les amateurs de sieste et les astronautes lors de la mission Apollo 12 en 1969.
Source : Sous la direction d’Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française.
Amoureux, le Français dira : « Je vous aime »; après deux nuits de batifolage frénétique : « Je t’aime ma libellule. » L’Anglais : « I am in love with you. » Le Japonais : « Aishite iru », « amour il y a », escamotant le « je » et le sujet de son affection. Les mots traduisent sentiments et émotions. Dommage que certains soient pratiquement sortis d’usage. Comme languide, attitude langoureuse, concorde, union du cœur et de l’esprit, blandices, qui séduit par des caresses, fruitif, qui donne la jouissance, alliciant, qui captive. « Son ondoyante taille profilait d’alliciantes ombres sur les draperies. » (Jules Barbey d’Aurevilly, 1808-1889).
Source : Alain Duchesne et Thierry Leguay, Turlupinades et tricoteries, Dictionnaire des mots obsolètes de la langue française.
Odýsseia est le titre en grec ancien du célèbre poème épique composé par Homère au 8e siècle avant J.-C. L’œuvre raconte, après la guerre de Troie, le long et périlleux périple d’Ulysse pour rentrer chez lui. Le mot est attesté comme nom commun en 1798. Il désigne un récit de voyage aventureux : odyssée de l’Exodus, odyssée spatiale; par figure, un parcours semé d’obstacles et une exploration intellectuelle remarquable. Il existe des dizaines de versions et d’adaptations inspirées de l’œuvre au cinéma et à la télévision. La dernière venue devait sortir sur grand écran le 15 juillet 2026 en France; elle le sera le 17 juillet en Amérique du Nord.
Source : Sous la direction d’Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française.