Test de mémoire

« La mémoire est le miroir où nous regardons les absents. » (Joseph Joubert, 1754-1824).

La mémoire n’est pas intelligence mais effort et travail mental, application et exercice. Elle assure la continuité de chacun dans sa vie. C’est une machine à retrouver le temps.

Le mot vient du latin memoria « aptitude à se souvenir », « témoignage du passé », d’une racine indoeuropéenne liée au sanskrit smarâmi « je me souviens. » En français du 11e siècle, il apparaît d’abord sous les formes mimore et memoire. Sa graphie actuelle est attestée au 13e siècle.

Il désigne la faculté comparable à un champ mental dans lequel les souvenirs, proches ou lointains, sont enregistrés, conservés et restitués : apprendre de mémoire, cultiver sa mémoire, garder en mémoire. « Je suis allé voir un de mes oncles (…). Il a quatre-vingt-un ans et d’intraitables souvenirs qu’il va chercher dans la nuit de sa mémoire. » (Julien Green, Journal, 1934). Une faculté qui se mesure par degrés : bonne mémoire, mauvaise mémoire, avoir la mémoire courte, être oublieux ou ne pas se souvenir volontairement de certaines choses passées, avoir la mémoire longue, avoir une mémoire d’éléphant, exceptionnelle et, en particulier, être rancunier, ne pas oublier les torts d’autrui à son égard, mémoire d’almanach.

Faculté appliquée aux sens : mémoire auditive, mémoire gustative. « Ces ingrats regrettaient les bons dîners, les collations de la veuve, s’accordant tous à dire que cette dame faisait bien les honneurs de chez elle.   Ils avaient au moins la mémoire du ventre. » (Paul Reider, Mademoiselle Vallantin, 1862). Aux sentiments : mémoire du cœur. À l’exercice de l’esprit : mémoire des chiffres, mémoire des visages. Au groupe : mémoire collective, mémoire héréditaire. Perdre la mémoire signifie ne plus être capable de retrouver des souvenirs en conformité avec les faits passés par confusion ou amnésie : homme sans mémoire. Spécialement, le mot évoque la mémoire considérée dans son effet, ce qui mérite qu’on se souvienne, louange ou détestation : digne de mémoire, d’illustre mémoire, à la mémoire de (quelqu’un), paix à sa mémoire en hommage posthume à une personne chère; ou d’horrible mémoire, de sinistre mémoire.

Par analogie, en informatique, le mot s’applique aux ordinateurs, ces machines programmables capables d’effectuer des opérations arithmétiques et logiques, de stocker, classer et manipuler des données numérisées à grande vitesse : mémoire centrale, intégrée à l’ordinateur, d’accès très rapide, mais de capacité limitée, mémoire vive, mémoires périphériques. En médecine, à la mémoire biologique, inhérente aux cellules vivantes mais aussi mémoire de l’espèce, instinctive, et mémoire immunologique, cette capacité du système immunitaire à reconnaître et à mieux résister aux virus déjà rencontrés. En psychologie, à l’enregistrement par le cerveau des faits d’un passé récent : mémoire immédiate; ou plus lointain : mémoire différée; mémoire affective, reviviscence d’un état affectif ancien qui s’effectue indépendamment de toute représentation consciente; mémoire mécanique, capacité du corps et du cerveau à retenir des mouvements, des gestes ou des séquences d’actions par la répétition, sans nécessiter de réflexion consciente ou de compréhension approfondie.

Les dérivés comprennent mémorial, mémorable, mémorablement, mémorabilité, mémoriser, mémorisation, immémorable, immémorial et le composé aide-mémoire. Mémoratif et mémorieux sont peu usuels. Commémorer, remémorer et le littéraire remembrance sont issus de proches étymons latins.

 

Devoir

Quel mot masculin, familièrement raccourci en mémo, décrit une note prise pour soi dans le but de se rappeler quelque chose, ou encore le carnet qui contient ce genre de notes?

Mém _ _ _ _ _ _ _ .

Réponse

Mémorandum, de l’adjectif latin memorandus « qui doit être rappelé ». Le mot est d’abord attesté au 14siècle en ancien gascon, puis repris par le français en 1840 avec le sens courant de « petit carnet où l’on inscrit les choses dont on veut se rappeler. »