Tasse, le petit récipient à anse ou à oreilles servant à boire, vient du persan tâs; le mot parvient au français par l’intermédiaire de l’arabe tâssa au 12esiècle. Il est introduit grâce à l’importation de poteries orientales, notamment en provenance de Tyr : tasse de faïence. Jarre vient aussi de l’arabe djarra « grand vase», par le néerlandais wase. Chope est issu de l’alsacien schoppe, verre, du latin classique vitrum, gamelle, du latin par l’espagnol gamella. Gobelet, de gobbo « bouche » en gaulois, mug, « grande tasse en bois », du scandinave mugg et bock de l’allemand Bock, bière de Bavière. Les mots migrent avec les humains.
Source : Sous la direction d’Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française.
Fortune, déesse du hasard et mère du destin au panthéon romain, distribuait ses faveurs aveuglément en actionnant sa rota fortunae, roue de fortune. De nos jours, certaines personnes intrépides réussissent encore à faire fortune « devenir riche », car la fortune sourit aux audacieux, avec de l’audace et de la détermination, on arrive à de grandes choses. Mais beaucoup subissent des revers de fortune, « événements malheureux. » Et faute de bonne fortune, « chance », ils font contre mauvaise fortune bon cœur, ne se laissent pas abattre par l’adversité, et, avec des moyens de fortune « improvisés », continuent d’acheter des billets de loto pour amasser une petite fortune.
Source : Jean-Claude Forget, Des mots et des tournures. Origine et signification de 400 expressions idiomatiques.
L’arabe vient en troisième position, après l’anglais et l’italien, quant au nombre de mots empruntés par le français à des langues étrangères. Les plus reconnaissables sont formés avec la syllabe al, « le, la » en arabe : albatros, alcool, alcôve, algèbre, almanach. Des mots de tous les jours ancrés dans l’usage comme arithmétique, arsenal, bougie, café, camelot, carafe, charabia, cordonnier formé sur Cordoue, coton, couffin, divan, élixir, fanfaron, gaze, gilet, guitare, jupe, limonade, marabout, maroquin formé sur Maroc, massage, moka, mousseline, nuque, orange, raquette, razzia, satin, sirop, sofa, tabouret, timbale, zéro. Et quelques spécialités culinaires locales : chiche-kebab, couscous, méchoui de meswi en arabe d’Algérie, moussaka, taboulé d’origine libanaise.
Source : Jean Pruvost, Nos ancêtres les Arabes. Ce que le français doit à la langue arabe.
Assiette dérive du verbe latin assedere « asseoir ». Au 14e siècle, le mot désigne la place où l’on s’asseyait à table, puis la pièce de vaisselle plate ou creuse placée devant soi pour manger : assiette à soupe. Par extension, il adopte une signification proche d’assise « base, équilibre » : assiette fiscale, bonne assiette, tenue appropriée d’un cavalier en selle, angle d’assiette, de l’axe longitudinal ou latéral d’un avion, d’un navire par rapport au plan horizontal. Dans ce sens, l’expression ne pas être dans son assiette indique un état de malaise, de fatigue, de stress ou de préoccupation. État dont il ne faut pas faire tout un plat!
Source : Gilles Guilleron, À la queue leu leu. Origine d’une ribambelle d’expressions populaires.
Mouiller vient du latin populaire molliare « attendrir en trempant » : mouiller sa culotte, mouiller ses lèvres, mouiller son doigt de salive, se mouiller les pieds, mouiller un ragoût (avec du vin). Au Québec, le verbe signifie « pleuvoir » avec l’idée d’abondance, « tomber des trombes d’eau » : mouiller à verse, mouiller à boire debout, mouiller à siaux, variante dialectale du 13esiècle et ancienne prononciation québécoise de seaux. Les Français diraient pleuvoircomme une vache qui pisse, abondamment et de manière continue. Autre expression du Québec, s’il mouille, il mouillera, s’il neige, on pellettera évoque une certaine résignation face au climat et, particulièrement, au long hiver.
Source : Pierre DesRuisseaux, Dictionnaire des proverbes, dictons et adages québécois.