« Des bourgeons entr’ouverts, de pâles feuilles pointent
Retirant leur manteau rustique pour l’été
La nature renaît, desserrant son étreinte
Et les arbres du parc retrouvent leur beauté. »
Marie-Louise Lévêque, (1902-1969)
Parc vient du latin parricus « enclos », terme en usage dans tout le territoire gallo-romain. Sa forme actuelle est attestée en français au 12e siècle.
Dans toute l’Europe du Moyen Âge, le parc est caractéristique du château, celui des rois et des seigneurs. Plus grand qu’un jardin d’agrément, il désigne une vaste étendue clôturée de terrain comprenant des champs, des pelouses, des massifs de verdure, diverses familles d’arbres et éventuellement des plans d’eau : parc à la française, parc à l’anglaise; ces ensembles s’intégrant dans le paysage territorial. Au 18e siècle s’ouvrent, pour le bien collectif, les premiers parcs constitués d’espaces verts et aménagés pour la promenade, avec bancs, chaises et manèges : parc public. À la fin du 19e siècle apparaît le sens de « vaste espace naturel protégé » comportant un plan de développement récréatif, éducatif et culturel : parc national, parc marin, zone de protection de la vie marine.
Le mot comporte de nombreuses acceptions particulières qui réalisent l’idée de « zone clôturée » à plus petite échelle. Enceinte où les animaux sont enfermés la nuit en été : parc à moutons, synonyme de parcage. Prairie d’engraissage des bovins limitée par une clôture fixe : parc à bestiaux, synonyme de pacage. Bassin aménagé pour l’élevage de certains mollusques : parc à huîtres, synonyme d’huîtrière. Espace pour garer des véhicules : parc de stationnement, fortement concurrencé par parking. Entrepôt militaire : parc à munitions. Aire de stockage à ciel ouvert : parc à ferrailles. Lieu d’entreposage des réservoirs pétroliers : parc à brut. Site regroupant manèges, petits spectacles, stands de jeu et de loterie : parc d’attractions. Parc des sports, parc immobilier, parc de maisons mobiles, au Québec, parc à roulottes sur les terrains de camping, parc industriel, parc technologique, de haut potentiel de recherche et de développement, parc d’ordinateurs, ensemble des actifs informatiques d’une organisation, équipements et logiciels. Petit enclos léger, facilement transportable, permettant à un enfant en bas âge de se stationner sur ses fesses en toute sécurité pour jouer, de se déplacer à quatre pattes, de se hisser à la verticale en se tenant aux barreaux et d’apprendre ainsi à marcher : parc (à bébé).
Les dérivés comprennent parquet « revêtement de sol », parqueter « couvrir le sol d’un parquet », parquetage, parqueteur, parquer, « garer un véhicule dans un lieu de stationnement », « enfermer des animaux dans un enclos » et « confiner des personnes dans un espace restreint », parquer des réfugiés dans un camp, parquement, parquier, parcomètre, au Québec « appareil mesurant automatiquement le temps de stationnement autorisé dans un parc à voitures payant », ou parcmètre en France.
Devoir
Complétez cette citation célèbre de Charlie Chaplin (1889-1977) : « Tout ce qu’il faut pour faire une comédie, c’est un parc, un pol _ _ _ _ _ et une j _ _ _ _ f _ _ _ _ ».
Réponse
« Tout ce qu’il faut pour faire une comédie, c’est un parc, un policier et une jolie fille. » Citation qui illustre la simplicité et l’efficacité des ressorts comiques que Chaplin utilisait au début de sa carrière.
