Tout est dans tout

« Tout est dans tout et vice versa » (Alphonse Allais, 1854-1905).

Tout, d’abord noté tot, est issu du bas latin tottus, altération du latin classique totus, qui s’employait en considérant les objets dans leur extension, avec le sens d’« entier, intégral ». En français, il sert d’adjectif, d’adverbe, de nom et de pronom; emplois attestés pour la majorité avant la fin du 13siècle.

Comme adjectif indéfini, sous les formes tout, toute, tous et toutes, il marque l’idée d’intégralité d’un espace, au propre ou au figuré, d’un volume, d’une durée, d’un processus, d’une collection, d’une masse ou la plénitude d’une réalité : tout l’univers, toute la journée, tout le monde, somme toute, toute la vérité, tout son amour, toute son attention, toute sa personne, tout Molière, l’œuvre entière, en toute liberté. Et l’idée de totalité : de toutes ses forces, à tous les coups, tous les cent pas, tous pouvoirs, tout compte fait, tous frais payés, tous azimuts, « dans toutes les directions », toutes catégories, tous publics, en tout temps.

Comme adverbe, il est synonyme de « complètement », « entièrement » : tout blanc, tout jeune, tout seul, tout neuf, tout craché. Avec une nuance temporelle : tout dernièrement, tout nouvellement, tout récemment. De lieu : tout près, tout autour, tout partout. D’achèvement : tout habillé, tout cuit, tout autre. D’équivalence : tout aussi bien, tout autant. Dans des formules de politesse : tout à vous, bien à vous. Dans des tours amplifiés par un second adverbe : tout autrement, tout bonnement, tout doucement, tout spécialement, tout naturellement. Dans des syntagmes à valeur adverbiale souvent figés : tout à loisir, tout de travers, tout du long, tout à la fois, tout au bout, tout d’abord, tout à coup, tout à fait, tout de go, tout d’une pièce.

Comme nom singulier, il désigne la totalité d’un ensemble, d’une collection : un tout cohérent, risquer le tout pour le tout; dans une réalisation ou dans un jugement : changer du tout au tout, « de façon radicale », rien du tout. Au pluriel, il s’écrit touts.

Comme pronom, il marque l’idée de totalité sans exception : une fois pour toutes, tous ensemble, tous à la fois, tous en tant que nous sommes, tous les mêmes, tout compris, .savoir tout, avoir réponse à tout, avoir tout entendu, tout essayer, toute chose.

Il forme des proverbes : Tout ce qui brille n’est pas or, Tout passe, tout lasse, tout casse, Tout vient à point à qui sait attendre, Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, Tout va très bien Madame la marquise. Et d’innombrables locutions : toute peine mérite salaire, à tout péché miséricorde, faire flèche de tout bois, à tout âge, à tout coup, à tout hasard, à toute épreuve, à toute occasion, à tout prix, à tout propos, à tout venant, à toute vapeur, de toute éternité, en toute bonne foi, à tous égards, en toutes lettres, sous toutes réserves, après tout, par-dessus tout, malgré tout, en tous points, en tout et pour tout.

 

Devoir

Certains composés de tout ne sont plus perçus comme tels. Trouvez-en quatre d’après leur définition.

Moyen de réussir. A _ _ _ _
Aussi, de même, également. I _ _ _
En tout lieu. P _ _ _ _ _ _
Principalement, plus que toute autre chose. S _ _ _ _ _ _

Réponse

Moyen de réussir. Atout
Aussi, de même, également. Itou
En tout lieu. Partout
Principalement, plus que toute autre chose. Surtout