An, du latin annus, est autochtone de l’Italie, proche de l’osque akenei et de l’ombrien aenu. Il désigne une période de douze mois. Il donne lieu à plusieurs locutions qui marquent le temps: jour de l’an, premier de l’an, bon an mal an, le poids des ans, une fois l’an. Le dérivé année, plus moderne, remplace le mot dans de nombreux emplois antérieurs: année sainte, année civile, année scolaire, d’année en année. Une année-lumière est une unité de mesure en astronomie. Bonne année est une formule de souhait qui s’est…
Suite ...Mois : décembre 2020
Sur l’heure
Le mot heure est issu du latin hora par le grec hôra, qui désigne toute division du temps. Il est d’abord attesté sous les formes ure, ore, puis heure avec le rétablissement du /h/ étymologique. En français, il conserve les deux sens généraux du latin pour distinguer un « moment dans le temps » ou une « durée ». De ces sens viennent de nombreuses locutions et acceptions: à toute heure, à la bonne heure, à la première heure, sur l’heure, de bonne heure, d’heure en heure, pour l’heure, tout à l’heure, l’heure…
Suite ...Esprit de Noël
Noël est issu, par évolution phonétique et modification vocalique, du latin natalis « de naissance ». Le /o/ s’explique par dissimulation des deux /a/ de natalis et le tréma, attesté en 1718, note la diérèse marquant, en linguistique, une prononciation en deux syllabes distinctes de deux voyelles successives d’un même mot: ma‑ïs, nu‑age. Le mot désigne la fête chrétienne célébrée le 25 décembre, en commémoration de la naissance du Christ: crèche de Noël, cantique de Noël, veille de Noël; célébration qui s’est superposée à la fête païenne du dieu babylonien Mythra, descendu sur…
Suite ...Après-ski
Ski est emprunté au norvégien ski (prononcé chi), issu de l’ancien scandinave skid « billette de bois fendu ». Le mot, relayé par l’anglais et l’allemand, se répand en Europe à la fin du 19e siècle et désigne des lames de bois allongées, à l’extrémité relevée, servant à glisser sur la neige, concurrençant puis éliminant dans ce sens patin, patin norvégien et ski norvégien. Dès 1892, le mot désigne, par métonymie, l’activité sportive donnant lieu à diverses expressions: ski de piste, ski de slalom, ski de fond, ski nordique, ski de…
Suite ...S’il vous plaît
Pronom personnel de la 2e personne du pluriel, vous sert à s’adresser à plusieurs personnes ou à une personne que l’on vouvoie, remplaçant le singulier tu, plus familier, dans certaines situations marquant une distance du locuteur et exprimant en général le respect. Le verbe transitif vouvoyer signifie « s’adresser à quelqu’un à la 2e personne du pluriel ». Il est formé, comme tutoyer, du pronom répété avec un suffixe verbal. Il est en concurrence avec les formes plus anciennes vousoyer et voussoyer. Pareillement, le dérivé vouvoiement côtoie les formes vousoiement et voussoiement.…
Suite ...Ère de glace
Le mot glace est issu du latin classique glacies, par l’intermédiaire du bas latin glacia, et désigne de l’« eau congelée ». On la retrouve en petits morceaux: glaçons; en grande masse: glaces éternelles: ou produite artificiellement, cubes de glace. Symbole de froideur, d’insensibilité, le mot revêt cette valeur dès le 12e siècle dans diverses locutions: briser la glace « dissiper la gêne », rester de glace « ne montrer aucune réaction ». Par référence au poli, au brillant et à la translucidité de la glace, le mot désigne une plaque de…
Suite ...Hors-d’œuvre
Le mot œuvre est issu du latin opera, du neutre opus, « ouvrage, produit concret du travail. » En français, il s’écrit d’abord ovre, uevre, euvre et oevre avant d’adopter sa graphie actuelle au 13e siècle. Il a la particularité de posséder les deux genres. Féminin, il désigne le travail, le produit de l’activité humaine: œuvre colonisatrice, œuvre de l’imagination. Valeurs présentes dans nombre de locutions: à l’œuvre,« au travail », faire œuvre utile, mettre en œuvre, maître d’œuvre, bois d’œuvre, destiné à être travaillé par opposition au bois de chauffage,…
Suite ...Passagers du temps
Les œufs de la cigale Magicicada septendecim mettent 17 ans à éclore. Puis, un été, les nymphes émergent du sol, synchronisent leur sortie et deviennent toutes adultes en quelques jours. Les mâles chantent pour attirer les femelles en leur stridulant à l’oreille: T’as de beaux yeux tu sais. Est-ce qu’on baise? ». Ils les fécondent sans autres préliminaires. Puis tous les insectes meurent, trois semaines plus tard; leur précieuse couvée enfouie sous terre, 17 autres années. Aucun expert n’est en mesure d’expliquer ce cycle de vie si particulier. Question: Pourquoi…
Suite ...Racines latines
Le latin est une langue indoeuropéenne qui fait partie des parlers italiques. Un siècle avant J.‑C., la Gaule adopte la langue de ses conquérants romains, comme le feront cinq cents ans plus tard, les nouveaux maîtres germaniques, les Francs. Langue mère du français, le latin lui fournit la grande majorité des mots formant son vocabulaire par transformation naturelle: articulum devenu orteil; par emprunt volontaire: ministerium devenu ministère; ou par emprunt indirect à une autre langue romane: du latin campus, par l’italien campo, au français camp. Depuis deux mille ans, le…
Suite ...Pas de zigonnage
Le verbe zigonner est attesté au Québec depuis 1880. Il est construit sur le radical onomatopéique zik- qui évoque un mouvement rapide. Hérité des parlers de France, on le trouve avec des formes et des sens apparentés en Aunis, zigougner, en Saintonge, sigouner, sigougner et sigogner, en Bretagne, cigoigner, en Provence, cigogni, en Bourgogne, gigogner, en Poitou, gigougner, en Franche-Comté, gigounei et en Normandie, digonner. Zigonné est aussi relevé en créole guadeloupéen. Au Québec, il présente de nombreuses acceptions, « perdre son temps », qui est la plus usuelle, «…
Suite ...Lucille
Paroles de chanson écrites pour une fille dont le prénom était Lucille. Sur l’air de Ginette de Beau dommage. J’avais dans la vingtaine. Une chanson que j’ai entonnée à de nombreuses occasions, sans toujours qu’on me l’a demande, au cours de mes années 30, 40, 50 et 60. Une chanson éternelle donc, que je livre pour la postérité. Version courte: T’as des beaux cils, ma Lucille Et tes yeux brillent dans la nuit J’peux-tu aller, ma Lucille Après l’amour dans mon lit. Version longue: Je l’ai connue au terminus…
Suite ...Alexandre Chenevert
Roman de Gabrielle Roy publié en 1954. Une lecture obligatoire en Lettres françaises dans mes années Cégep. Que je ne me suis pas cru obligé de lire. Cinquante ans plus tard, j’ai trouvé le livre encore debout dans ma bibliothèque. Et comme les librairies étaient fermées en cette année COVID, je l’ai lu. C’est l’histoire, comprends-tu, d’Alexandre Chenevert, caissier dans une banque dans les années 1950 à Montréal. Alexandre ne va pas bien, au physique et au moral. Accablé qu’il est par ses responsabilités d’employé, de mari et de citoyen…
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