Bon an, mal an

An, du latin annus, est autochtone de l’Italie, proche de l’osque akenei et de l’ombrien aenu. Il désigne une période de douze mois. Il donne lieu à plusieurs locutions qui marquent le temps: jour de l’an, premier de l’an, bon an mal an, le poids des ans, une fois l’an. Le dérivé année, plus moderne, remplace le mot dans de nombreux emplois antérieurs: année sainte, année civile, année scolaire, d’année en année. Une année-lumière est une unité de mesure en astronomie. Bonne année est une formule de souhait qui s’est…

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Sur l’heure

Le mot heure est issu du latin hora par le grec hôra, qui désigne toute division du temps. Il est d’abord attesté sous les formes ure, ore, puis heure avec le rétablissement du /h/ étymologique. En français, il conserve les deux sens généraux du latin pour distinguer un « moment dans le temps » ou une « durée ». De ces sens viennent de nombreuses locutions et acceptions: à toute heure, à la bonne heure, à la première heure, sur l’heure, de bonne heure, d’heure en heure, pour l’heure, tout à l’heure, l’heure…

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Esprit de Noël

Noël est issu, par évolution phonétique et modification vocalique, du latin natalis « de naissance ». Le /o/ s’explique par dissimulation des deux /a/ de natalis et le tréma, attesté en 1718, note la diérèse marquant, en linguistique, une prononciation en deux syllabes distinctes de deux voyelles successives d’un même mot: ma‑ïs, nu‑age. Le mot désigne la fête chrétienne célébrée le 25 décembre, en commémoration de la naissance du Christ: crèche de Noël, cantique de Noël, veille de Noël; célébration qui s’est superposée à la fête païenne du dieu babylonien Mythra, descendu sur…

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Après-ski

Ski est emprunté au norvégien ski (prononcé chi), issu de l’ancien scandinave skid « billette de bois fendu ». Le mot, relayé par l’anglais et l’allemand, se répand en Europe à la fin du 19e siècle et désigne des lames de bois allongées, à l’extrémité relevée, servant à glisser sur la neige, concurrençant puis éliminant dans ce sens patin, patin norvégien et ski norvégien. Dès 1892, le mot désigne, par métonymie, l’activité sportive donnant lieu à diverses expressions: ski de piste, ski de slalom, ski de fond, ski nordique, ski de…

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S’il vous plaît

Pronom personnel de la 2e personne du pluriel, vous sert à s’adresser à plusieurs personnes ou à une personne que l’on vouvoie, remplaçant le singulier tu, plus familier, dans certaines situations marquant une distance du locuteur et exprimant en général le respect. Le verbe transitif vouvoyer signifie « s’adresser à quelqu’un à la 2e personne du pluriel ». Il est formé, comme tutoyer, du pronom répété avec un suffixe verbal. Il est en concurrence avec les formes plus anciennes vousoyer et voussoyer. Pareillement, le dérivé vouvoiement côtoie les formes vousoiement et voussoiement.…

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Ère de glace

Le mot glace est issu du latin classique glacies, par l’intermédiaire du bas latin glacia, et désigne de l’« eau congelée ». On la retrouve en petits morceaux: glaçons; en grande masse: glaces éternelles: ou produite artificiellement, cubes de glace. Symbole de froideur, d’insensibilité, le mot revêt cette valeur dès le 12e siècle dans diverses locutions: briser la glace « dissiper la gêne », rester de glace « ne montrer aucune réaction ». Par référence au poli, au brillant et à la translucidité de la glace, le mot désigne une plaque de…

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Hors-d’œuvre

Le mot œuvre est issu du latin opera, du neutre opus, « ouvrage, produit concret du travail. » En français, il s’écrit d’abord ovre, uevre, euvre et oevre avant d’adopter sa graphie actuelle au 13e siècle. Il a la particularité de posséder les deux genres. Féminin, il désigne le travail, le produit de l’activité humaine: œuvre colonisatrice, œuvre de l’imagination. Valeurs présentes dans nombre de locutions: à l’œuvre,« au travail », faire œuvre utile, mettre en œuvre, maître d’œuvre, bois d’œuvre, destiné à être travaillé par opposition au bois de chauffage,…

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Passagers du temps

Les œufs de la cigale Magicicada septendecim mettent 17 ans à éclore. Puis, un été, les nymphes émergent du sol, synchronisent leur sortie et deviennent toutes adultes en quelques jours. Les mâles chantent pour attirer les femelles en leur stridulant à l’oreille: T’as de beaux yeux tu sais. Est-ce qu’on baise? ». Ils les fécondent sans autres préliminaires. Puis tous les insectes meurent, trois semaines plus tard; leur précieuse couvée enfouie sous terre, 17 autres années. Aucun expert n’est en mesure d’expliquer ce cycle de vie si particulier. Question: Pourquoi…

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Racines latines

Le latin est une langue indoeuropéenne qui fait partie des parlers italiques. Un siècle avant J.‑C., la Gaule adopte la langue de ses conquérants romains, comme le feront cinq cents ans plus tard, les nouveaux maîtres germaniques, les Francs. Langue mère du français, le latin lui fournit la grande majorité des mots formant son vocabulaire par transformation naturelle: articulum devenu orteil; par emprunt volontaire: ministerium devenu ministère; ou par emprunt indirect à une autre langue romane: du latin campus, par l’italien campo, au français camp. Depuis deux mille ans, le…

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Pas de zigonnage

Le verbe zigonner est attesté au Québec depuis 1880. Il est construit sur le radical onomatopéique zik- qui évoque un mouvement rapide. Hérité des parlers de France, on le trouve avec des formes et des sens apparentés en Aunis, zigougner, en Saintonge, sigouner, sigougner et sigogner, en Bretagne, cigoigner, en Provence, cigogni, en Bourgogne, gigogner, en Poitou, gigougner, en Franche-Comté, gigounei et en Normandie, digonner. Zigonné est aussi relevé en créole guadeloupéen. Au Québec, il présente de nombreuses acceptions, « perdre son temps », qui est la plus usuelle, «…

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Lucille

Paroles de chanson écrites pour une fille dont le prénom était Lucille. Sur l’air de Ginette de Beau dommage. J’avais dans la vingtaine. Une chanson que j’ai entonnée à de nombreuses occasions, sans toujours qu’on me l’a demande, au cours de mes années 30, 40, 50 et 60. Une chanson éternelle donc, que je livre pour la postérité. Version courte: T’as des beaux cils, ma Lucille Et tes yeux brillent dans la nuit J’peux-tu aller, ma Lucille Après l’amour dans mon lit.   Version longue: Je l’ai connue au terminus…

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Alexandre Chenevert

Roman de Gabrielle Roy publié en 1954. Une lecture obligatoire en Lettres françaises dans mes années Cégep. Que je ne me suis pas cru obligé de lire. Cinquante ans plus tard, j’ai trouvé le livre encore debout dans ma bibliothèque. Et comme les librairies étaient fermées en cette année COVID, je l’ai lu. C’est l’histoire, comprends-tu, d’Alexandre Chenevert, caissier dans une banque dans les années 1950 à Montréal. Alexandre ne va pas bien, au physique et au moral. Accablé qu’il est par ses responsabilités d’employé, de mari et de citoyen…

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Prendre l’aire

En linguistique, un affixe est un élément lexical qui s’ajoute à un mot ou à un radical pour en modifier le sens ou la fonction. On l’appelle préfixe, infixe ou suffixe selon qu’il est placé au début, à l’intérieur ou à la fin de ce mot. Le suffixe -aire remonte, dans bon nombre de mots de formation savante, au latin -ãris et -arius. En français, il a formé plusieurs adjectifs marquant un rapport attributif: complémentaire, triangulaire, réglementaire, statuaire; un rapport de possession: prioritaire, autoritaire; un rapport d’appartenance, de cause ou…

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Ça sent la croupe

Le mot croupe est issu du francique kruppa, « bosse, panse ». Au début, il désigne la partie postérieure de certains animaux, puis acquiert le sens ironique de « derrière humain rebondi ». Le verbe croupir signifie d’abord « se mettre assis, les fesses sur les talons » puis adopte son sens moderne de « demeurer longtemps dans un état pénible », « se corrompre, stagner ». Du verbe sont issus croupi, croupissant, croupissement et croupissure. Au 12e siècle, le sens physique de croupir est repris dans le préfixé verbal s’accroupir, « s’asseoir…

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Par escousse

Le mot escousse est attesté en français depuis le 14e siècle. Il est rapporté dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française publié en 1694. C’est aussi un nom propre apparenté aux patronymes Excousseau, Escoussac, Escoussat et Escoussé. Un village de Nouvelle-Écosse au Canada se nomme D’Escousse. Rattaché au verbe secouer, il décrit une action qui prépare à mieux sauter, à s’élancer avec plus de force, avec plus de légèreté: prendre son escousse. Cette locution adverbiale est peu usitée à partir du 19e siècle. Elle est remplacée, dans un sens…

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Fanfreluche m’a raconté

Conter se confond à l’origine avec compter. Les deux verbes sont issus du latin computare « calculer », attesté dans les textes médiévaux au sens de « narrer », et ont en commun l’idée d’« énumérer ». À partir du sens général de « relater en énumérant des faits réels », conter prend le sens particulier de « rapporter de faux propos à dessein de tromper »: conter des mensonges. Le sens moderne de « faire un récit » est donné par la forme composée raconter. Le champ sémantique de ce verbe va…

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Comment prendre l’ascenseur en 15 étapes faciles

Dans la vie, il y a deux types de personnes qui appuient sur les boutons d’ascenseur. Celles qui pèsent sur « flèche en bas » pour descendre. Et celles qui pèsent sur « flèche en haut » pour descendre; ces dernières estimant que l’ascenseur doit d’abord monter jusqu’à elles avant de redescendre. Ce guide s’adresse à toutes les personnes favorisant la deuxième option. PARTIE 1: L’EMBARQUEMENT Appuyez sur le bouton. Vers le bas si vous voulez descendre et vers le haut si vous voulez monter. Soyez patient avant de changer…

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Article en promotion

Le verbe promouvoir est emprunté au latin promovere, formé de pro « en avant » et movere « mouvoir », qui signifie « faire avancer ». Il prend le sens d’« élever des personnes à un rang supérieur ». Donnée comme vieillie, la valeur d’« encourager, favoriser le développement », promouvoir le français, est reprise au milieu du 20e siècle, spécialement dans le domaine de la recherche scientifique et du marketing. L’adjectif promu qualifie une personne qui vient d’accéder à un grade plus élevé; promouvable, « qui peut être promu », se…

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À cœur ouvert

Cœur est issu du latin cor et se rattache, comme le grec kardia qui a formé cardiaque, à la racine indoeuropéenne krd- représentée par l’allemand Herz, l’anglais heart, le russe sierdse et le gallois craidd. Le mot nomme l’organe central de la circulation sanguine et, par extension, la région de la poitrine: battement de cœur. Mais il prend très tôt la valeur de « siège des émotions, de l’amour, de la pensée, de la mémoire et de la volonté »: cœur d’or, femme de cœur. Il décrit, par analogie de…

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Fake news sur la COVID

Le lecteur du journal télévisé annonce comme à chaque jour depuis des mois: « Dernier bilan en ce lundi 9 novembre 2020. Le Québec déplore 115 989 cas de COVID-19. FAUX. Ce chiffre indique le nombre de cas répertoriés depuis le 3 mars 2020 jusqu’à aujourd’hui; il ne tient pas compte des guérisons: 98 740. Calculatrice. Cas répertoriés (115 989) moins Guérisons (98 740) = 17 249, soit 10 794 cas actifs et 6 455 décès. Selon l’Institut de la statistique, la population du Québec en 2020 est de 8 574…

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Connaître le tabac

Tabac est un emprunt à l’espagnol tobaco, déformation de tsibatl, mot de la langue des Araouaks d’Haïti désignant un ensemble de feuilles, l’action de fumer et le tuyau de roseau dont ces indigènes se servaient pour aspirer la fumée. En français, le mot désigne la plante aromatique dont les feuilles peuvent être fumées, le produit de ces feuilles séchées et préparées pour priser, chiquer et fumer. Par métonymie, en France, il s’applique à un débit, à un bureau de tabac. Tabagie est emprunté à l’algonquin tabaguia, « banquet ». Faire tabagie…

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Lire l’heur

Heur est issu du latin classique augurium « présage », favorable ou non, d’où « chance », bonne ou mauvaise. En ancien français, le mot prend le sens de « fatalité heureuse ». Aujourd’hui, il ne subsiste que dans la locution avoir l’heur de plaire à quelqu’un, « avoir la chance de plaire à quelqu’un ». Heureusement, ses dérivés sont bien vivants. Heureux a le sens général de « qui connaît le bonheur »: avoir tout pour être heureux; « qui bénéficie d’un destin favorable »: avoir la main heureuse. Heureuseté, « état de ce…

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Le mystère Henri Pick

Le premier roman que j’ai lu de David Foenkinos était La délicatesse, il y a une dizaine d’années. Une histoire d’amour entre Nathalie et Markus, racontée avec une sorte de candeur et remplie de passages désarmants de simplicité. Comme ceux-ci que je cite de mémoire: « Markus pensa qu’il ne l’avait jamais vue le soir. Il était presque étonné qu’elle puisse exister à cette heure de la journée. » « Nathalie fut surprise de constater qu’il avait la même tête que la veille. Une sorte de force tranquille de l’identique.…

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Irrésistiblement

Le suffixe -ment vient de l’ablatif mente du substantif féminin latin mens, mentis « disposition d’esprit ». Au 8e siècle, la forme solamente, dans les Gloses de Reichenau, devenu seulement en français, atteste l’existence d’un suffixe qui deviendra l’un des plus productifs des langues romanes, puisqu’il sert à former tous les adverbes en -ment en français et ceux en –mente en italien, en espagnol ou en portugais. L’adverbe est un mot invariable qui se joint à un autre mot pour en modifier ou en préciser le sens. Il peut exprimer la…

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Profond sommeil

La forme indo-européenne swopno « sommeil » a donné sopnus, puis somnus en latin, devenu somme en français. Sommeil, « état d’une personne qui dort », est issu du diminutif somniculus « petit somme ». À partir du 16e siècle, le mot entre dans la formation de locutions, notamment d’euphémismes littéraires, qui caractérisent la nature du sommeil: dormir d’un sommeil de plomb, dormir du sommeil du juste (très profondément); ou pour désigner la mort: sommeil éternel, dernier sommeil. Par extension, sommeil signifie « envie de dormir »: avoir sommeil, tomber…

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Trou de beigne

Beigne est d’origine préromane et remonte à la base celtique de bu(n)nia « souche d’arbre ». Attesté au début du 17e siècle, le mot commence par désigner une bosse à la tête et, par métonymie, le coup provoquant cette enflure. Ce sens de « coup, gifle » s’est répandu au 20e siècle dans l’argot parisien. Au Québec, un beigne est une pâtisserie généralement en forme d’anneau, faite d’une pâte sucrée frite. Par analogie, il désigne un anneau de caoutchouc à usage thérapeutique, une sorte de chignon en forme d’anneau et le bourrelet…

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Point de vue

Point est issu du latin punctum de pungere « poindre », qui, à partir du sens étymologique d’« action de piquer », a développé de nombreuses acceptions. L’idée de base de « piqûre » reste vivante en chirurgie: points de suture; ainsi qu’en couture, en broderie, en tapisserie sur canevas et en tricot: petit point. L’autre sens de base, « endroit minuscule, fixe et défini par ses seules coordonnées », est une extension spatiale de piqûre: point d’intersection, point d’appui, point chaud, point de départ, point sensible, point faible. Le mot prend ensuite…

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Pique-nique

Piquer est issu du latin populaire pikkare né de l’impression que fait un mouvement rapide suivi d’un petit bruit sec. Il remonte au radical expressif pikk, le /p/ exprimant le déclenchement du mouvement, la voyelle /i/ son acuité, sa brièveté et le /k/ son aboutissement. Le verbe signifie d’abord « percer avec quelque chose de pointu » mais ses extensions de sens sont nombreuses. Enfoncer un dard, un aiguillon dans la peau » en parlant d’un insecte: se faire piquer par une guêpe; fixer avec une pointe; prendre avec quelque…

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Allées et venues

Venir est issu du latin classique venire, « arriver, se déplacer en un lieu ». Il s’emploie au sens de « succéder » en parlant d’événements, du temps, des saisons: voir venir l’hiver; de « provenir de »: venir de l’Abitibi; et d’« atteindre »: en venir à ses fins. À partir du sens de « se produire », venir s’emploie pour « naître »: venir à vie, venir à terre, expressions remplacées par venir au monde. Le verbe a donné lieu à de nombreuses locutions: à venir, exprimant le futur, en venir à, « en arriver…

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Faire des sparages

Sparages est une création québécoise. Le mot est signalé chez nous depuis le début du 20e siècle. Il est formé à partir du substantif anglais spar, « s’entraîner, à la boxe », lui-même issu de l’ancien français espardre, « disperser, répandre », et du suffixe -age, fort usité en français québécois: décrochage, débosselage, criage, turlutage, taxage, siphonnage, salissage, réseautage, portage, niaisage, flânage, dézonage. Employé généralement au pluriel, le mot qualifie une manière d’agir désordonnée qui se définit par l’emploi de gestes ou de déplacements souvent excessifs. Par extension, il désigne…

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Papier-cadeau

Cadeau est emprunté à l’ancien provençal capdel « chef », lui-même issu du latin capitellum, « extrémité », diminutif de caput, « tête ». Le mot désigne d’abord une lettre ornée de grands traits de plume pour décorer les écritures, remplir les marges, le haut et le bas des pages, puis un trait de plume figuré que les maîtres d’écriture font autour des exemples qu’ils donnent à leurs écoliers. Un déplacement de sens fondamental a lieu au cours du 17e siècle : d’après l’ornementation raffinée des lettres initiales, le mot désigne une fête galante offerte à une…

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Voir du pays

Pays est issu du latin médiéval pagensis, dérivé de pagus, qui signifie « habitant du pagus, du canton ». Le mot désigne une division territoriale puis, par métonymie, l’ensemble des habitants d’une région, d’une nation ou une partie envisagée d’après ses particularités administratives, politiques ou économiques, la contrée dont on est originaire, la patrie. La locution avoir la maladie du pays est remplacée au 18e siècle par avoir le mal du pays. Par allusion à un monde campagnard archaïque, le mot a pris le sens de « compatriote »: mon pays, ma payse.…

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Ce que le jour doit à la nuit

De l’écrivain algérien Yasmina Khadra, son nom de plume; de son vrai nom, Mohammed Moulessehoul. Roman publié chez Julliard en 2008. Qu’un collègue et ami, Nassim, m’a recommandé de lire; après m’avoir raconté dans les grandes lignes, le regard tourmenté ‑ c’est un grand romantique ‑ le film qu’il a vu, tiré du livre, sans doute avec sa jolie fiancée blottie contre son épaule, plongeant tous les deux la main, amoureusement, dans le même sac de pop-corn. C’est l’histoire, comprends-tu, de Younes, un bel Algérien de 10 ans aux yeux…

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Vague de fond

Au 9e siècle, les Vikings ravagent les côtes de la Manche avant que le roi Charles le Simple ne leur cède une partie du littoral, qui deviendra le duché de Normandie. Installés sur leurs terres et intégrés à la population, ils ont laissé peu de traces dans le lexique français. Outre les noms de lieux, seuls sont demeurés une quarantaine de mots ayant principalement trait à la mer: agrès, ballast, carlingue, cingler, crique, drakkar, étrave, flotte, harpon, hauban, homard, marsouin, quille, scorbut, varech. Le mot vague est issu de l’ancien…

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Table d’hôte

La sémantique du mot hôte est singulière puisqu’il désigne aussi bien la personne qui donne l’hospitalité que son invité. Cette curiosité résulte de son étymon latin hospitem, accusatif de hospes qui, dans la Rome ancienne, désignait « celui qui recevait ou était reçu », car les lois d’hospitalité étaient fondées sur la réciprocité de l’accueil. Avec cette valeur équivoque, il décrit de nos jours, par figure, un « organisme qui héberge un parasite » et un « sujet qui reçoit une greffe ». Cette double valeur apparaît aussi dans le dérivé hospitaticum qui…

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Créatures mythologiques

Le mot mythologie est issu, par le biais du bas latin mythologiae, du grec muthologia « histoire ou étude des choses fabuleuses », « récit légendaire », formé sur muthos, mythe. Il a développé le sens d’étude, connaissance et explication des mythes, de leur signification: mythologie ancienne; d’ensemble des mythes propres à une civilisation, à un peuple, à une religion, à un thème, à un élément: mythologie indienne, mythologie lunaire, dieux de la mythologie. Ces divinités mythiques et créatures fabuleuses sont nombreuses dans les civilisations anciennes et les sociétés traditionnelles,…

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En personne

Le mot personne est issu du latin persona qui l’a lui-même emprunté à l’étrusque phersu, « masque ». Il désigne d’abord un masque de théâtre et « celui qui joue un rôle ». Le sens général d’« individu, homme ou femme », correspond à de nombreuses expressions courantes qui en précisent ou en limitent l’extension: en personne, comme personne, par personne, pèse-personne, le québécisme personne-ressource. L’antéposition d’un adjectif a donné lieu à des syntagmes répandus: grande personne « adulte », jeune personne, « enfant ». Il décrit l’apparence extérieure de quelqu’un: bien de sa personne. Il exprime…

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Sujet du verbe

Verbe est issu du latin classique verbum « parole » mais relève d’une racine indo-européenne wer « idée de parler », qu’on retrouve dans le gotique waurd « mot », présent dans l’allemand wort et l’anglais word. Son sens grammatical le désigne comme l’élément essentiel de la phrase qui exprime l’action, l’état, le devenir d’un sujet et qui se caractérise par une riche morphologie liée aux concepts de personne, de temps, de mode, parfois d’aspect. Dans la théologie chrétienne, il qualifie la parole de Dieu, le Verbe divin, puis Dieu…

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Bloudjinnzes sur la plage

Blue-jean ou blue-jeans est un emprunt à l’anglo-américain blue-jeans. En anglais, jean(s) est une ellipse pour Gene Fustian, « futaine de Gênes », et représente la transcription altérée de l’ancienne graphie française Jannes pour Gênes, ville et port d’Italie d’où l’on importait cette futaine au 17e siècle. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, le mot se répand aux États-Unis pour désigner un vêtement de forte toile bleue à piqûres apparentes coupé dans cette étoffe, qui fut d’abord porté par les jeunes gens des deux sexes, puis adopté par les…

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Coup de vieux

Comme adjectifs, les formes vieil et vieux sont en concurrence depuis le 16e siècle. L’un et l’autre désignent une personne qui a vécu longtemps: vieil homme; ce qui a les caractères physiques ou moraux d’une personne âgée: vieilles mains, vieux de caractère; ce qui est relatif aux personnes avancées en âge: vieux jours. Qualifiant la durée d’un état, ils revêtent la valeur de « longue date »: vieux amis, vieille branche. En parlant de choses, ils désignent un objet dont l’origine est ancienne: vieux continent; ce qui appartient à une époque…

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Talle de bleuets

Bleu est issu du francique blao par l’intermédiaire du latin médiéval blavus. Il a produit les dérivés bleuir, bleuissement, bleuissage, bleuâtre, bleuté, bleusaille. Rare après le 16e siècle, l’adjectif bleuet, « un peu bleu », d’abord bluet, est repris par les poètes dans la seconde moitié du 19e siècle. Les filles ont dans leurs cheveux, aux promenades, Les bleuets, les jasmins et la fleur des grenades. Poème La vision du grand canal royal des Deux Mers. Charles Cros (1842-1888) Comme substantif, le mot se répand en botanique à propos d’une…

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Se faire tirer les oreilles

Loin de moi l’idée de vous casser les oreilles quant à la détresse sociétale reliée à la pandémie de COVID-19 partout sur la planète. Pour les avoir entendues un million de fois à la télé, vous en connaissez déjà les grandes lignes. Les mesures de confinement, leur impact sur les femmes en situation de violence conjugale, sur les enfants en situation d’abus et de négligence, sur les personnes âgées en situation de maltraitance. Pour qui travailler, aller à l’école ou simplement sortir de la maison assuraient une forme de protection.…

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Mots anciens, mots oubliés

« Les mots, ces gardiens du sens, ne sont pas immortels » (Arthur Adamov, L’Aveu, 1946). Si des termes nouveaux apparaissent chaque jour, pour des vies brèves ou durables, d’autres désertent nos livres et nos paroles. La Grande faucheuse emporte les mots rendus au bout de leur vie, ceux qui désignent des réalités disparues, mais aussi des termes qui, sans raison apparente, deviennent inactuels. « Le temps s’ébeausit », du verbe s’ébeausir « se mettre au beau », ne se dit plus. C’était là pourtant un terme utile, immédiatement compréhensible et…

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Un souper presque parfait

Entendu récemment à la télé à l’émission Un souper presque parfait. Je sais, c’est une émission poche mais mon fils Alexandre, qui écrit des romans au lieu de petites capsules comme moi, m’a convaincu de l’écouter chaque jour. Par ailleurs, il n’a pas réussi à me faire regarder le canal Frissons qui ne diffuse que des films d’horreur. L’un des participants à l’émission donc, un vendeur de chars d’une quarantaine d’années, se voit poser par l’animateur une question fantaisiste pendant qu’il met la main à la pâte avant de recevoir…

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Pieds nus dans l’aube

Certains titres de romans sont si bien choisis qu’ils donnent aussitôt envie de les lire. Mes nuits sont plus belles que vos jours de Raphaëlle Billetdoux. Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini. Pieds nus dans l’aube de Félix Leclerc. Publié chez Fides en 1947. Qui évoque, comprends-tu, l’enfance parfaitement heureuse de l’auteur, de 12 à 14 ans, vécue à La Tuque, petite ville du Québec, dans les années 1920. En voici des passages: (Pour décrire sa maison, rue Claire-Fontaine, remplie d’une trâlée d’enfants) « Nous sommes tous nés frères…

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Chanter la pomme

Le mot pomme est issu du bas latin poma, pluriel neutre à valeur collective, du latin classique pomum désignant le fruit comestible d’un arbre, qu’il soit à noyau ou à pépins. Cette valeur générale de « fruit » est sortie d’usage, sous la concurrence d’une dénomination plus concise: pomme de paradis étant évincé par banane; pomme grenate par grenade, mais conservé dans l’anglais pomegranate; pomme d’orange étant éliminé au profit d’orange. Il prend le sens particulier de « fruit du pommier ». En cuisine, il forme divers syntagmes: pomme cuite,…

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Il y a un -ique

Le suffixe est un élément lexical qui s’ajoute à la fin d’un mot existant pour former un nouveau mot. Il change la catégorie syntaxique du mot de base de nom à verbe: zigzag, zigzaguer; d’adjectif à nom: robuste, robustesse; de verbe à nom d’action: renverser, renversement; de verbe à nom d’agent: chercher, chercheur; de nom à adjectif: crasse, crasseux. S’il ne la change pas, il y ajoute une nuance sémantique ou stylistique: tousser, toussoter, jaune, jaunâtre. L’élément –ique, du latin –icus, « relatif à, qui est propre à », est le suffixe…

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Nounouneries

Nono est hérité des parlers régionaux de France relevé en lorrain: nono « homme irrésolu »; et, sous des formes voisines, en bourguignon et en franc-comtois: nioniot, « nigaud »; en picard, en franc‑comtois et dans le parler populaire de Paris: gnogno « niais »; en poitevin, en bourguignon et en wallon: nonot; en picard et en français du 19e siècle: gnognote « personne de peu de valeur », « femme simple d’esprit ». Au Québec il est relevé depuis 1950 comme nom masculin dépréciatif pour désigner un imbécile, quelqu’un qui n’est pas très malin. Il est employé familièrement dans…

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Niveaux de lecture

PREMIER NIVEAU Le mot lecture est emprunté au latin médiéval lectura « fait de lire », « étude, érudition, commentaire juridique ». Les premières attestations réalisent le sens de « récit, enseignement » et la spécialisation religieuse de « texte liturgique » lu ou chanté: lecture de l’office. Le sens courant d’« action de prendre connaissance d’un texte en le lisant pour soi, pour l’instruction ou le plaisir », est attesté depuis le 16e siècle: salle de lecture, goût de la lecture. Par métonymie, il désigne « ce qu’on lit », des livres, des journaux, des…

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Chair à canon

Le français a emprunté à l’italien tout un vocabulaire relatif à la guerre. Certains mots ne sont plus que des souvenirs littéraires: mousquet, tromblon. D’autres sont restés usuels: soldat, de soldato, « celui qui touche une solde », sentinelle de sentire « entendre », estafette de staffa « étrier », bombe de bomba. Canon est issu de l’ancien italien cannone, augmentatif de canna « tube, conduit, tuyau ». Pièce d’artillerie, l’italianisme a remodelé le sémantisme du mot avec une phraséologie propre: poudre à canon, chair à canon. Il symbolise une politique belliqueuse. En…

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