Apothéose

Le suffixe nominalisateur -ose, emprunté au grec ôsis, est utilisé en anatomie et en physiologie. Il entre dans la construction de noms qui expriment un fonctionnement ou un processus: méiose, mitose, hématose. Il représente une spécialisation en médecine, entrant dans la construction de noms de divers processus pathologiques et de maladies. La base désigne l’organe ou la partie atteinte: arthrose, névrose, psychose. Une manifestation du processus: cirrhose, ostéoporose, mononucléose tuberculose, ponose, « auto-intoxication causée par l’épuisement physique ». La nature de ces processus: ankylose, cyphose, lordose, sclérose, sténose,« rétrécissement ou étroitesse…

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Croque-mort

On entre, on crie, Et c’est la vie : On bâille, on sort Et c’est la mort. Ausone de Chancel (1808-1876) Le mot mort est issu du latin mortem, accusatif de mors « cessation de la vie ». En français, son premier sens est « décès, trépas », résultat d’un phénomène naturel: mort de vieillesse; ou d’une sanction: mise à mort. Il évoque l’idée matérielle de cadavre: raide mort; puis la personne ou son esprit vivant dans l’au-delà ou dans la mémoire des hommes: culte des morts. Il désigne la Mort, personnifiée ou…

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Boire un petit coup

Boire un petit coup c’est agréable Boire un petit coup c’est doux Mais il ne faut pas rouler dessous la table Boire un petit coup c’est agréable Boire un petit coup c’est doux. (Chanson du folklore de la Louisiane et du Canada, 18e siècle) Boire est issu du latin bibere qui se rattache à une racine indo-européenne, représentée aussi en sanskrit et en irlandais, et qui signifie « absorber un liquide ». Dès le 13e siècle, le verbe est employé dans le sens de « boire de l’alcool avec excès…

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Espace web

Web est emprunté à l’anglais web, abréviation de world wide web « filet, réseau ». Créés en 1990, le système et le mot désignent la partie d’Internet qui regroupe tous les sites du réseau mondial et qui repose sur le principe des liens hypertextes, permettant la recherche d’information, l’accès à cette information et sa visualisation: surfer sur le Web. Il fournit www figurant au début des adresses de sites. La graphie avec majuscule initiale s’impose en français pour souligner le caractère unique du Web, considéré comme nom propre: page Web, écriture Web,…

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Coup de xénie

L’élément de composition xén-, xéno- est tiré du grec xenos qui revêt, dans cette langue, les sens d’« étranger », « hôte », « insolite ». En français, il entre dans la construction de termes savants. Xénie désigne un contrat d’hospitalité envers les étrangers, passé entre des particuliers, des cités ou des États dans la Grèce antique. En physiologie, xénotaxie qualifie une réaction d’attirance d’un parasite à l’égard d’un hôte éventuel. En zoologie, le substantif masculin pluriel xénarthres désigne un sous-ordre de mammifères édentés comprenant les fourmiliers et les tatous mais…

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Yogourt nature

Le substantif masculin yogourt est attesté depuis le 15e siècle; yaourt le sera quatre cents ans plus tard. Aujourd’hui, ce sont les deux formes les plus admises du mot dont les variantes sont nombreuses, plus ou moins fréquentes et vieillies: yocourt, yoghourt, yogourth, yoghourth, youghourd, yohourt, yohourth, yagourt, yaourth. Le mot est emprunté au bulgare yugurt, yaurt, « lait caillé », lui-même pris au turc yoghurt, de yogurmak « pétrir ». Il désigne une préparation de lait de vache, de chèvre ou de brebis, caillé, non égoutté et fermenté, originaire…

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Habitez-vous toujours chez vos parents?

Selon Statistique Canada, la proportion des jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans vivant encore au domicile parental était de 42,3 % au recensement de 2016. Dans mon cas, c’est 100 %, ce qui doit alourdir la moyenne canadienne. Bien sûr, cette situation oblige les parents à travailler plus longtemps. Personnellement, je prévois prendre ma retraite à 82 ans, si je me rappelle encore que j’ai des enfants à cet âge. Par ailleurs, la proximité que ce phénomène engendre varie d’une habitation à l’autre, tout comme les lieux de…

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Le bon usage

Au 17e siècle, le français, instrument de centralisation politique, devient une affaire d’État. Richelieu fonde l’Académie française dont la mission est de surveiller la langue, de canaliser son évolution, de contenir ses débordements, d’élaborer une grammaire et surtout un dictionnaire. L’usage décrit n’est pas celui du plus grand nombre mais celui de la Cour et des gens de qualité. Les grammairiens deviennent l’autorité suprême en matière de « bon usage ». Ils tentent d’élaborer une orthographe unique pour chaque mot. Des formes archaïques sont rétablies: corps, ptisane, poulmon. Parfois, ces…

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Pur adon

Adonner est un emprunt au latin populaire addonare, « à donner ». Le verbe est attesté dans de nombreux parlers d’oïl, qui se confondent, au 8e siècle, avec l’ancien français de la partie nord de la France. Il est rapidement considéré comme un préfixé de donner, tout en perdant son lien sémantique avec lui. Il signifie d’abord « se présenter dans une direction » puis « tendre vers un point ». Il se dit du vent lorsqu’il tourne dans un sens favorable à la marche du navire. La forme pronominale…

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Bain de boue

Le mot boue, qui s’écrit d’abord boe, est issu du gaulois bawa par le gallois baw « saleté, fange ». Il désigne un mélange de terre, de poussière et d’eau. Des emplois figurés péjoratifs apparaissent dès l’ancien français,vers 1275: se vautrer dans la boue; traîner quelqu’un dans la boue, en dire du mal; tirer quelqu’un de la boue, le soustraire d’une situation misérable. Par extension, il s’applique à des spécialisations en géologie et en médecine thérapeutique: bain de boue. Son pluriel a le sens particulier de « détritus techniques »: boues…

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Facile à comprendre

Comprendre est un emprunt au latin comprendere, forme contractée du latin classique comprehendere qui signifie « prendre, saisir ensemble ». Il s’écrit d’abord cumprendre. Le sens physique parfois violent de « empoigner, happer », doublet sémantique de prendre, recule progressivement au profit de « englober, embrasser en un tout » à la fin du 12e siècle: la péninsule ibérique comprend l’Espagne et le Portugal, l’appartement comprenait trois pièces; et celui de « concevoir, saisir par l’intelligence », évinçant entendre de l’usage courant. Il s’impose aujourd’hui avec, entre autres, le sens dominant de « saisir…

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Travailler, c’est trop dur

« Et voler, c’est pas beau, demander la charité, c’est quelque chose j’peux pas faire ». (Zachary Richard, album Mardi Gras, 1977). Travailler est issu du latin populaire tripaliare. En ancien français, il signifie « faire souffrir » physiquement et moralement. Au 12e siècle, on utilise le verbe pour parler du condamné que l’on torture, d’une femme dans les douleurs de l’enfantement ou d’une personne à l’agonie. Par abstraction, son emploi s’étend à l’idée de « transformation acquise par la peine ». Son usage se répand au sens de « faire…

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Increvable

Crever est issu du latin crepare, qui appartient au groupe de mots formés de la cellule phonique /kr/. Représentée en grec, en sanskrit et en vieux slave, elle a le sens de « crier » et « se fendre bruyamment ». Très tôt, en construction intransitive, le verbe est employé pour les êtres vivants au sens de « mourir ». Au 17e siècle, il apparaît dans le langage poétique alors qu’il est aujourd’hui péjoratif et agressif. Il signifie aussi « éclater » comme dans crever de rire. La forme pronominale se crever…

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Gouttes d’eau

Eau est issu du latin aqua qui désigne l’eau comme « élément naturel » par opposition à unda qui représente l’eau « en mouvement ». Au 4e siècle, par évolution phonétique, le mot prend la forme de egua puis ewe, le /w/ se vocalisant pour aboutir à eaue puis eau. Il désigne le liquide incolore, inodore et transparent que l’on trouve en abondance dans la nature. Ses emplois, très nombreux, sont liés à l’utilisation que l’être humain en fait sur le plan domestique, hygiénique, thérapeutique, économique et industriel: eau claire, eau douce, eau…

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Jamais -asser

Le suffixe -asser est formé sur le modèle de –asse: bonasse, dégueulasse, paperasse. Ses dérivés se développent surtout dans l’Ouest de la France à partir de la fin du 15e siècle. Il confère une valeur péjorative ou fréquentative aux verbes qu’il forme: bardasser, « remuer en faisant du bruit »; bavasser, « bavarder »; bourrasser, « malmener »; dormasser, « somnoler »; écrivasser, « écrire sans aboutir à un résultat »; finasser, « user de ruse »; jacasser, « parler avec volubilité »; rimasser, « faire de mauvais vers »; tracasser, « tourmenter avec insistance »; traînasser «…

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Bouchée de pain

Pain, d’abord pan au 10e siècle, est issu du latin panis qui désigne l’aliment fait d’une masse de farine délayée dans l’eau et cuite au four. La pâte peut être formée de grains de plusieurs céréales écrasées ‑ blé, orge, avoine, seigle, sarrasin ‑ à laquelle on ajoute du levain ou des levures, qui doit fermenter et qui est cuite après avoir été façonnée ou moulée. L’importance du pain dans l’alimentation et la langue se mesure à ses nombreuses désignations spécifiques: baguette, bâtard, flûte, panoche, miche, flambade, ficelle, ballon, couronne,…

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Robe d’intérieur

Le mot robe est issu du germanique rauba, « rapine », senti dans le sens de « vêtement pris en guise de butin », auquel est aussi apparenté l’anglais to rob. Il signifie « vol, larcin, rapt », dans la locution en robe, « à la dérobée », et bonne robe, «bonne prise », employées en parlant d’une femme dans un contexte galant. Pris dans le sens d’habillement, il revêt la valeur d’« ensemble des vêtements taillés dans une même étoffe ». Il désigne le long vêtement qu’ont porté les personnes des deux sexes…

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Tourner la page

Le mot page est emprunté au latin pagina, d’abord employé en agriculture au sens de « treille », puis, au figuré, au sens de « colonne d’écriture ». En français, il désigne chacun des deux côtés d’une feuille de parchemin ou de papier pouvant recevoir un texte manuscrit, dactylographié ou imprimé ainsi que des illustrations. Par métonymie, il exprime ce qui est écrit et le sujet qui en précise le contenu: page spectacle, page de cinéma. En imprimerie, la belle page est la page de droite d’une publication, considérée comme la meilleure…

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Espiègleries

L’adjectif espiègle est attesté pour la première fois au 16e siècle comme nom propre. Il tire son origine du néerlandais Uilenspiegel, personnage célèbre en Hollande pour ses petites tromperies ingénieuses, héros d’un roman publié en 1515 et traduit en français en 1559 sous le titre Histoire joyeuse et récréative de Till Ulespiegle. Le terme s’applique à une personne vive et malicieuse: humeur espiègle. On rencontre parfois l’adverbe espièglement, « de manière espiègle ». Le dérivé espièglerie est d’abord employé pour « tour espiègle » puis au sens de « caractère espiègle ».…

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République de nananes

Nanan est issu du radical onomatopéique nann qui appartient essentiellement au langage enfantin. Au 17e siècle, le mot signifie d’abord « friandise » puis, au figuré, « régal, chose délicieuse ». En France, il n’est plus guère employé sauf dans l’expression c’est du nanan signifiant « c’est très bon, c’est très facile ». Au Québec et dans tout le Canada français, nanane, nananne ou nénanne conserve le sens familier de « gâterie, douceur, sucrerie ». Bien que son emploi soit aussi considéré comme vieilli, il revêt encore plusieurs usages familiers. Un…

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Signe de piastre

Dollar est issu de l’allemand thaler, une monnaie d’argent frappée en 1519. Le mot désigne ensuite une unité monétaire anglo-américaine divisée en 100 cents. Laquelle est utilisée dans une trentaine de pays dont les États-Unis, l’Australie, la Jamaïque, la Namibie et Singapour. Au Canada, elle est la dénomination officielle depuis 1907. L’impérialisme de la monnaie américaine engendre les composés eurodollar et pétrodollar. Au Québec, dollar est appelé familièrement piastre, mot attesté en français depuis 1595 et emprunté à l’italien piastra qui signifie « plaque de métal »: billet de vingt piastres.…

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Pattes de mouche

Le mot mouche est issu du latin musca. Il possède des dérivés dans diverses langues aux racines indo-européennes comme le lithuanien musià, le slave mucha et l’islandais my. Jusqu’au 17e siècle, il désigne non seulement la bestiole elle-même mais aussi d’autres insectes: la mousche aux chevaus ou taon, la mouche à miel ou abeille, la mouche cornue ou scarabée, la mouche à chien ou tique et, au Québec, la mouche à feu ou luciole. Par analogie avec les caractéristiques des petits insectes, le mot développe plusieurs sens figurés dans diverses…

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Trousser la jupe

Le mot jupe vient de l’ancien italien du Sud jupa « veste d’origine orientale », par le sicilien giubba « tunique », pris à l’arabe djubba « veste de dessous, long sous-vêtement en laine ». Au 12e siècle, il désigne un pourpoint d’homme ou un vêtement de femme ajusté sur le buste. Il change de valeur au 17e siècle pour nommer un vêtement féminin qui descend de la ceinture aux pieds: jupe de dessous, jupe de dessus, qui supplante cotillon. Plus ou moins bas selon la mode et le reflet de mentalités…

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Effet boomerang

Certains mots sont immédiatement reconnus comme de provenance étrangère même si l’on ne peut pas toujours deviner la langue d’origine. Ainsi ersatz « produit de remplacement », est issu de l’allemand; geyser de l’islandais; fjord du norvégien; zakouski du russe, bien qu’il décrive aussi des hors-d’œuvre polonais; panini de l’italien; kiwi l’oiseau coureur, du maori; kiwi le fruit à la peau velue au goût acidulé, du chinois mais par allusion à l’oiseau quand on importa le fruit pour le cultiver en Nouvelle-Zélande en 1910. Les mots indigènes d’origine australienne, kangourou, koala,…

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Less is more

Économe, l’anglais abonde en petits mots et en formules courtes qui en disent davantage qu’un long discours; une bonne raison, pour les locuteurs de la langue française, de recourir à lui dans la conversation courante, surtout s’il s’agit de décrire une notion nouvelle propre à cette culture. Trip traduit l’état résultant de l’absorption d’hallucinogènes chez les toxicomanes. Dans le français courant, son sens évolue. De la notion de voyage mental, on passe à celle d’aventure intérieure puis à celle de préoccupation essentielle: la philatélie, c’est pas mon trip.  Comme toujours,…

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Bain sauna

L’apport des langues finno-ougriennes au français est modeste. Le hongrois a produit coche, goulache, hussard, paprika, sabre. Le same, parler des Lapons, a donné morse et toundra, en passant par le russe. Le finnois a fourni sauna, aussi orthographié sous cette forme en anglais, en danois, en espagnol, en italien, en lituanien, en néerlandais, en polonais, en portugais et en tchèque. Le mot est issu de savria, construit sur sakna « logement d’hiver », désignant un trou creusé dans la neige comme abri provisoire. Relevé en 1930 et répandu vers 1950,…

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Mélange des genres

Genre est issu du latin genus, generis « naissance », « origine commune », « manière ». Il revêt d’abord la valeur vieillie de « catégorie, espèce » liée à la notion de race, de lignée, qui subsiste dans génération, formé à partir du même étymon latin. Le sens de « sorte, type », genre de chapeau, s’applique dans les locutions en son genre, se donner un genre, genre de vie. Le mot prend ensuite sa valeur dominante de « classe d’êtres ou d’objets présentant des caractères communs »: genre humain, évolution…

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Dresser la guillotine

Le mot guillotine est formé sur le nom de famille de Joseph Ignace Guillotin. Médecin, homme politique et militant pour la réforme de la peine capitale, il préconisa, au début de la Révolution française, en ces temps où l’égalité des citoyens était fraîchement affirmée, l’usage d’un instrument de supplice unique pour tous les criminels. Procédé jugé moins cruel que la décapitation à la hache ou au sabre, la pendaison, l’écorchage, la strangulation, l’écartèlement ainsi que le chatouillement des pieds enduits de sel par une chèvre jusqu’à l’apoplexie hystérique, populaire chez…

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Signe de tête

Le mot tête est issu du latin testa, « récipient en terre cuite », d’où « coquille », « carapace », puis, par métaphore plaisante, « boîte crânienne ». Il désigne la partie supérieure du corps humain contenant le cerveau et les principaux organes des sens qui tient au tronc par le cou: mal de tête, synonyme familier de caboche. Il décrit spécialement la personne elle-même ou sa représentation: tête de pipe, tête de Turc; le visage quant aux traits et à l’expression: drôle de tête; une unité de mesure de cette…

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Sirop d’arabe

Rapporté des Croisades, le mot sirop est issu du latin médiéval syrupus, sirupus, adaptation de l’arabe charâb « boisson » ou « potion ». Il désigne une solution de sucre dans de l’eau ou du jus de fruits d’aspect visqueux, additionnée de substances aromatiques ou médicamenteuses ou d’autres agents utilisés comme correctifs de goût: sirop de groseille, sirop de cerise, sirop pectoral. Par analogie, il se dit de l’état liquide des confitures avant qu’elles aient pris la consistance de la gelée en refroidissant. Il s’emploie, par plaisanterie, pour désigner l’eau naturelle, l’eau de…

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Facile à émouvoir

Le verbe émouvoir représente l’aboutissement du latin populaire exmovere du latin classique emovere « mettre en mouvement ». Ce sens étymologique de « remuer, bouger » ne subsiste en français que dans un emploi littéraire : « Un léger souffle émouvait les peupliers; je les entendais frémir » (François Mauriac). Au 17e siècle, le sens figuré aujourd’hui courant de « susciter un sentiment », « toucher en éveillant une sympathie profonde, un intérêt puissant », émouvoir l’être, émouvoir le cœur, élimine le sens propre, réservé à mouvoir. Il revêt la même valeur à la…

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Jusqu’au cou

Cou est issu du latin collus, devenu collum. Chez les vertébrés, le mot désigne la partie amincie du corps qui unit la tête au tronc: naissance du cou. Par analogie de forme, il décrit la partie étroite et allongée d’un vase, le goulot d’une bouteille, d’un récipient. En ameublement, cou de cygne est un motif de style Empire. Au figuré, il entre dans la formation de nombreuses locutions expressives: saisir par la peau du cou, se pendre au cou (de quelqu’un), se jeter à son cou, « l’embrasser avec effusion », se…

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Voir du caoutchouc

Avec la découverte du Nouveau Monde, un vocabulaire exotique s’introduit puis devient usuel dans la plupart des langues du Vieux Continent. Caoutchouc est emprunté au quechua cahutchu, littéralement « bois qui pleure », soit l’arbre et la résine que les autochtones du Pérou en tirent. En 1736, le naturaliste Charles-Marie de La Condamine répand le mot et la chose en France et, de là, en Europe. Aujourd’hui, il désigne la substance élastique, imperméable et résistante, obtenue par coagulation du latex de certaines plantes ou élaborée artificiellement, caoutchouc naturel, caoutchouc synthétique,…

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Biodiversité

L’élément préfixal bio- est emprunté au grec bio-, représentant de bios, nom-racine thématique désignant la vie en tant que phénomène organique. Il est peu productif avant le 19e siècle, formant biographe et biographie, « fait d’écrire le récit d’une vie, ouvrage portant sur la vie d’une personne », desquels sont issus les dérivés devenus usuels biographique, biographier, autobiographie. Ce genre littéraire, qui existe depuis l’antiquité gréco-latine, est illustré d’abord par les vies de saints et, depuis la Renaissance, d’artistes, de savants et de personnages historiques. Il sert à former des composés…

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Rongé d’ulcères

Le mot ulcère vient de l’ancien provençal ulcera par le latin ulcus, ulceris « blessure à vif », et « plaie » physique ou morale, sens que l’on rapproche du grec elkhos « blessure ». En français comme en latin, c’est un terme médical qui qualifie la perte de substance de la peau et des muqueuses, formant une ou plusieurs plaies qui ont tendance à ne pas se cicatriser et dont l’évolution s’avère chronique: ulcère de l’estomac, ulcère du poumon, ulcère tuberculeux, ulcère variqueux, ulcère gastrique. Par analogie, il s’emploie en botanique…

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Faire languir

Le verbe languir vient du latin tardif languire, altération du latin classique languere « abattu, nonchalant, mou », d’une racine indoeuropéenne exprimant le relâchement que l’on retrouve aussi dans lâcher et laisser. En français, il conserve ce sens vieilli d’« état d’abattement prolongé affaiblissant le corps et l’esprit »: languir de chagrin. Il signifie « manquer d’animation, d’entrain, de vigueur », en parlant d’une chose, d’une œuvre de l’esprit: la conversation languit; « rester dans une situation pénible »: languir en exil: « attendre avec impatience, ressentir péniblement l’absence de quelqu’un »: faire languir,…

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Tellement drabe

En français québécois, l’adjectif drabe est emprunté à l’anglais drab « fade, terne, morne, gris ». Le mot s’écrit généralement drab jusqu’aux années 1970. On trouve aussi, plus rarement, les variantes anciennes drap, drape, drappe et drable. Dans un registre familier, mais aussi chez les lettrés, écrivains et journalistes, il signifie « qui est de couleur beige ou d’une couleur s’y apparentant »: costume drabe, tapis drabe. Au figuré, il prend le sens de « qui est dépourvu d’intérêt, triste, moche, ennuyeux »: vie drabe, conversation drabe, matins drabes, s’appliquant à des personnes,…

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Semer le doute

Douter est issu, par évolution phonétique, du latin dubitare, « hésiter », d’après dubius « indécis », dérivé de duo, « deux ». Le verbe exprime d’abord l’idée de « craindre », sens sorti d’usage au profit de redouter. Il se fixe ensuite avec son sens actuel, « être dans l’incertitude de la réalité d’un fait, de la vérité, d’une assertion »: douter de tout. La forme pronominale se douter de signifie « supposer, suspecter ». Le déverbal doute suit le même développement pour désigner l’hésitation, l’inquiétude, quelquefois avec une nuance de soupçon, de manque de…

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Pratique du zapping

La langue française montre chaque jour sa faculté d’adaptation, utilisant les ressources qu’elle possède pour fournir les unités lexicales nécessaires à l’expression de nouveaux concepts. Zapper est la francisation du verbe to zap qui provient de l’onomatopée zap, utilisée en anglais des États-Unis pour suggérer le bruit d’une balle d’arme à feu et, au figuré, un phénomène rapide, un événement brutal. En 1964, au moment de la guerre du Vietnam, to zap prend chez les soldats américains le sens de « tuer », puis « éliminer (quelqu’un) dans une compétition », «…

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À l’assassin!

Assassin et haschisch sont proches par l’étymologie et l’histoire. Les deux mots sont issus de l’arabe. Le premier est formé sur Assassiyoun, « fondamentalistes », de asâs « fondement » (de la foi), adeptes, au 11e siècle, d’un ordre musulman semblable aux Templiers, en lutte contre les Turcs Seldjoukides, alors maîtres de l’Islam. Le second est formé sur Haschischiyoun, de hachchâchîn « fumeurs de haschisch », surnom donné par leurs ennemis aux Assassiyoun se suicidant lors d’attentats publics, laissant penser qu’ils étaient drogués en commettant ces actes. C’est avec cette valeur rapportée en…

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Mine de rien

L’évolution du sens d’un mot peut aboutir à son contraire. Ainsi, école vient du grec scholè dont le sens primitif était « loisir ». Rien est issu, par évolution orale, du latin rem qui signifiait « quelque chose ». Par affaiblissement, ce sens devient « peu de chose »: un rien l’habille, s’attacher à des riens, « à des choses insignifiances, futiles », pour rien, « sans aucun résultat », « pour une somme modique ». Comme nominal indéfini, il décrit quelque chose dans un contexte qui n’est pas affirmatif:…

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Lettres d’amour

Amour est un emprunt au latin amor. Le mot est employé surtout au féminin jusqu’au 17e siècle avant de devenir masculin, sauf au pluriel: premier amour, premières amours. Au Moyen Âge, l’expression provençale fine amor illustre l’amour courtois des troubadours, dont l’idéologie sentimentale et érotique remplace la manière plutôt fruste des Francs de faire la cour aux dames. En ancien français, il exprime toutes les nuances de l’affection. La disposition favorable à l’égard de ce qui est senti ou reconnu comme bon: pour l’amour de Dieu. L’attachement, souvent considéré comme…

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Vider le bain

Bain est issu du latin parlé baneum, altération du latin classique balneum « établissement de bain », pris au grec balaneion, admis surtout au pluriel balaneia « bains ». Le mot désigne l’action d’entrer dans l’eau pour l’hygiène, les soins, le plaisir: prendre un bain, bain de siège, maillot de bain; le liquide dans lequel trempe le corps: bain de mousse; la préparation dans laquelle on plonge quelque chose pour la transformer: bain de mercure. Par analogie, il traduit l’immersion, l’exposition dans d’autres milieux: bain de vapeur, bain de soleil, bain de…

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Réflexion de la lumière

Au début de la Genèse, premier livre de la Bible, alors que les ténèbres recouvrent encore le ciel et la terre qu’Il vient de créer, Dieu dit: « Que la lumière soit ». Et la lumière fut. Le mot lumière est presque aussi ancien que l’origine du monde et de l’humanité. Sa racine indoeuropéenne leuk- signifie « briller, éclairer ». Elle s’appuie sur l’existence d’une langue et d’une culture préhistoriques communes qui permettrait d’expliquer les ressemblances structurelles observées chez les principaux groupes linguistiques européens. En français, de nombreux mots qui expriment…

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Pôle Nord

Nord est un emprunt au vieil anglais north. Il désigne l’un des quatre points cardinaux. Il est d’abord attesté avec ce sens de « direction marquée par l’étoile polaire » en Normandie, où habitent les Normands, jadis les Nortmanns « hommes du Nord », ainsi qu’on appelait les Danois envahisseurs à la fin du 9e siècle. Le mot évoque les contrées nordiques: Grand Nord; les régions septentrionales du monde ou d’un ensemble géographique: Amérique du Nord, Afrique du Nord; et, par ellipse, les riches pays industrialisés de l’hémisphère nord, par opposition à…

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Faiseuse d’anges

« La pilule abortive gratuite au Québec » (ICI. Radio-Canada, 13-12-2017). Avorter est issu du latin abortare, dérivé de aboriri, formé du négatif ab et de oriri « naître »; littéralement « non naître », « mourir en naissant ». Comme pour les verbes hiberner et hiverner, le « b » latin fait place au « v » français dès le début du 12e siècle au participe passé substantivé: avortad, avorted, « enfant mort-né ». Au figuré, le verbe signifie « échouer » et, en emploi transitif, « mettre fin à…

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Rase-motte

Dans la cuisine d’une maison de banlieue, un vendeur de commerce se présente aux membres de la famille Lamothe: « Bonjour Mme Lamothe, M. Lamothe, les petits Mottons… » (Vague souvenir d’une histoire de Claude Blanchard (1932-2006). Le mot motte est issu d’un radical prélatin mutta « amas de terre ». En français médiéval, il désigne un monticule, un tertre puis, par métonymie, un château seigneurial bâti sur une butte: motte castrale. Il s’affiche, sous diverses formes, dans un grand nombre de toponymes et de patronymes régionaux en France: Mote,…

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Garder le momentum

Les Canadiens de Montréal ont battu consécutivement les Sénateurs d’Ottawa, deux fois, et les Blackhawks de Chicago. Puis, hier, les Hurricanes de la Caroline. Shea Weber et ses coéquipiers auraient-ils «le momentum » comme disent les coachs de hockey, les amateurs et les journalistes sportifs? Momentum est un mot latin qui n’existe pas en français. Son dérivé moment, de spécialisation temporelle, a pris le sens de « petit laps de temps ». L’anglais, lui, a gardé intacte la forme originale latine tout en conservant son sens de « mouvement, impulsion, changement » que…

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Pile de dictionnaires

Le mot dictionnaire, du latin médiéval dictionarium, est formé sur diction de dictio « action de dire ». Pour dire le monde, il faut user du « livre des mots ». Le dictionnaire inventorie leurs formes et leurs significations qu’il tente d’ordonner. À travers ces « instruments à penser », il nous livre des images, des idées, des concepts, des symboles, fondation d’un édifice mental qui s’élabore à partir du langage dans différentes cultures. Il désigne un recueil de mots d’une langue ou d’un domaine de l’activité humaine, choisi selon des normes…

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Auprès de ma blonde

Blond est issu de blund d’origine germanique. Le mot qualifie d’abord la couleur de cheveux claire, proche du jaune doré, propre aux peuples du Nord vivant au-delà du Rhin. Les autres poils de cette couleur, naturels ou pas: barbe blonde, perruque blonde. Une mine: teint blond, tête blonde. Un type de tabac: cigarette blonde. Une boisson alcoolisée: bière blonde, à consommer modérément durant la période des fêtes. Par extension, il désigne une personne avec cette couleur de cheveux: beau blond. Au début du 18e siècle sous le règne de Louis…

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