Pain, d’abord pan au 10e siècle, est issu du latin panis qui désigne l’aliment fait d’une masse de farine délayée dans l’eau et cuite au four. La pâte peut être formée de grains de plusieurs céréales écrasées ‑ blé, orge, avoine, seigle, sarrasin ‑ à laquelle on ajoute du levain ou des levures, qui doit fermenter et qui est cuite après avoir été façonnée ou moulée. L’importance du pain dans l’alimentation et la langue se mesure à ses nombreuses désignations spécifiques: baguette, bâtard, flûte, panoche, miche, flambade, ficelle, ballon, couronne,…
Suite ...Catégorie : Capsule
Capsule
Robe d’intérieur
Le mot robe est issu du germanique rauba, « rapine », senti dans le sens de « vêtement pris en guise de butin », auquel est aussi apparenté l’anglais to rob. Il signifie « vol, larcin, rapt », dans la locution en robe, « à la dérobée », et bonne robe, «bonne prise », employées en parlant d’une femme dans un contexte galant. Pris dans le sens d’habillement, il revêt la valeur d’« ensemble des vêtements taillés dans une même étoffe ». Il désigne le long vêtement qu’ont porté les personnes des deux sexes…
Suite ...Tourner la page
Le mot page est emprunté au latin pagina, d’abord employé en agriculture au sens de « treille », puis, au figuré, au sens de « colonne d’écriture ». En français, il désigne chacun des deux côtés d’une feuille de parchemin ou de papier pouvant recevoir un texte manuscrit, dactylographié ou imprimé ainsi que des illustrations. Par métonymie, il exprime ce qui est écrit et le sujet qui en précise le contenu: page spectacle, page de cinéma. En imprimerie, la belle page est la page de droite d’une publication, considérée comme la meilleure…
Suite ...Espiègleries
L’adjectif espiègle est attesté pour la première fois au 16e siècle comme nom propre. Il tire son origine du néerlandais Uilenspiegel, personnage célèbre en Hollande pour ses petites tromperies ingénieuses, héros d’un roman publié en 1515 et traduit en français en 1559 sous le titre Histoire joyeuse et récréative de Till Ulespiegle. Le terme s’applique à une personne vive et malicieuse: humeur espiègle. On rencontre parfois l’adverbe espièglement, « de manière espiègle ». Le dérivé espièglerie est d’abord employé pour « tour espiègle » puis au sens de « caractère espiègle ».…
Suite ...République de nananes
Nanan est issu du radical onomatopéique nann qui appartient essentiellement au langage enfantin. Au 17e siècle, le mot signifie d’abord « friandise » puis, au figuré, « régal, chose délicieuse ». En France, il n’est plus guère employé sauf dans l’expression c’est du nanan signifiant « c’est très bon, c’est très facile ». Au Québec et dans tout le Canada français, nanane, nananne ou nénanne conserve le sens familier de « gâterie, douceur, sucrerie ». Bien que son emploi soit aussi considéré comme vieilli, il revêt encore plusieurs usages familiers. Un…
Suite ...Signe de piastre
Dollar est issu de l’allemand thaler, une monnaie d’argent frappée en 1519. Le mot désigne ensuite une unité monétaire anglo-américaine divisée en 100 cents. Laquelle est utilisée dans une trentaine de pays dont les États-Unis, l’Australie, la Jamaïque, la Namibie et Singapour. Au Canada, elle est la dénomination officielle depuis 1907. L’impérialisme de la monnaie américaine engendre les composés eurodollar et pétrodollar. Au Québec, dollar est appelé familièrement piastre, mot attesté en français depuis 1595 et emprunté à l’italien piastra qui signifie « plaque de métal »: billet de vingt piastres.…
Suite ...Pattes de mouche
Le mot mouche est issu du latin musca. Il possède des dérivés dans diverses langues aux racines indo-européennes comme le lithuanien musià, le slave mucha et l’islandais my. Jusqu’au 17e siècle, il désigne non seulement la bestiole elle-même mais aussi d’autres insectes: la mousche aux chevaus ou taon, la mouche à miel ou abeille, la mouche cornue ou scarabée, la mouche à chien ou tique et, au Québec, la mouche à feu ou luciole. Par analogie avec les caractéristiques des petits insectes, le mot développe plusieurs sens figurés dans diverses…
Suite ...Trousser la jupe
Le mot jupe vient de l’ancien italien du Sud jupa « veste d’origine orientale », par le sicilien giubba « tunique », pris à l’arabe djubba « veste de dessous, long sous-vêtement en laine ». Au 12e siècle, il désigne un pourpoint d’homme ou un vêtement de femme ajusté sur le buste. Il change de valeur au 17e siècle pour nommer un vêtement féminin qui descend de la ceinture aux pieds: jupe de dessous, jupe de dessus, qui supplante cotillon. Plus ou moins bas selon la mode et le reflet de mentalités…
Suite ...Effet boomerang
Certains mots sont immédiatement reconnus comme de provenance étrangère même si l’on ne peut pas toujours deviner la langue d’origine. Ainsi ersatz « produit de remplacement », est issu de l’allemand; geyser de l’islandais; fjord du norvégien; zakouski du russe, bien qu’il décrive aussi des hors-d’œuvre polonais; panini de l’italien; kiwi l’oiseau coureur, du maori; kiwi le fruit à la peau velue au goût acidulé, du chinois mais par allusion à l’oiseau quand on importa le fruit pour le cultiver en Nouvelle-Zélande en 1910. Les mots indigènes d’origine australienne, kangourou, koala,…
Suite ...Less is more
Économe, l’anglais abonde en petits mots et en formules courtes qui en disent davantage qu’un long discours; une bonne raison, pour les locuteurs de la langue française, de recourir à lui dans la conversation courante, surtout s’il s’agit de décrire une notion nouvelle propre à cette culture. Trip traduit l’état résultant de l’absorption d’hallucinogènes chez les toxicomanes. Dans le français courant, son sens évolue. De la notion de voyage mental, on passe à celle d’aventure intérieure puis à celle de préoccupation essentielle: la philatélie, c’est pas mon trip. Comme toujours,…
Suite ...Bain sauna
L’apport des langues finno-ougriennes au français est modeste. Le hongrois a produit coche, goulache, hussard, paprika, sabre. Le same, parler des Lapons, a donné morse et toundra, en passant par le russe. Le finnois a fourni sauna, aussi orthographié sous cette forme en anglais, en danois, en espagnol, en italien, en lituanien, en néerlandais, en polonais, en portugais et en tchèque. Le mot est issu de savria, construit sur sakna « logement d’hiver », désignant un trou creusé dans la neige comme abri provisoire. Relevé en 1930 et répandu vers 1950,…
Suite ...Mélange des genres
Genre est issu du latin genus, generis « naissance », « origine commune », « manière ». Il revêt d’abord la valeur vieillie de « catégorie, espèce » liée à la notion de race, de lignée, qui subsiste dans génération, formé à partir du même étymon latin. Le sens de « sorte, type », genre de chapeau, s’applique dans les locutions en son genre, se donner un genre, genre de vie. Le mot prend ensuite sa valeur dominante de « classe d’êtres ou d’objets présentant des caractères communs »: genre humain, évolution…
Suite ...Dresser la guillotine
Le mot guillotine est formé sur le nom de famille de Joseph Ignace Guillotin. Médecin, homme politique et militant pour la réforme de la peine capitale, il préconisa, au début de la Révolution française, en ces temps où l’égalité des citoyens était fraîchement affirmée, l’usage d’un instrument de supplice unique pour tous les criminels. Procédé jugé moins cruel que la décapitation à la hache ou au sabre, la pendaison, l’écorchage, la strangulation, l’écartèlement ainsi que le chatouillement des pieds enduits de sel par une chèvre jusqu’à l’apoplexie hystérique, populaire chez…
Suite ...Signe de tête
Le mot tête est issu du latin testa, « récipient en terre cuite », d’où « coquille », « carapace », puis, par métaphore plaisante, « boîte crânienne ». Il désigne la partie supérieure du corps humain contenant le cerveau et les principaux organes des sens qui tient au tronc par le cou: mal de tête, synonyme familier de caboche. Il décrit spécialement la personne elle-même ou sa représentation: tête de pipe, tête de Turc; le visage quant aux traits et à l’expression: drôle de tête; une unité de mesure de cette…
Suite ...Sirop d’arabe
Rapporté des Croisades, le mot sirop est issu du latin médiéval syrupus, sirupus, adaptation de l’arabe charâb « boisson » ou « potion ». Il désigne une solution de sucre dans de l’eau ou du jus de fruits d’aspect visqueux, additionnée de substances aromatiques ou médicamenteuses ou d’autres agents utilisés comme correctifs de goût: sirop de groseille, sirop de cerise, sirop pectoral. Par analogie, il se dit de l’état liquide des confitures avant qu’elles aient pris la consistance de la gelée en refroidissant. Il s’emploie, par plaisanterie, pour désigner l’eau naturelle, l’eau de…
Suite ...Facile à émouvoir
Le verbe émouvoir représente l’aboutissement du latin populaire exmovere du latin classique emovere « mettre en mouvement ». Ce sens étymologique de « remuer, bouger » ne subsiste en français que dans un emploi littéraire : « Un léger souffle émouvait les peupliers; je les entendais frémir » (François Mauriac). Au 17e siècle, le sens figuré aujourd’hui courant de « susciter un sentiment », « toucher en éveillant une sympathie profonde, un intérêt puissant », émouvoir l’être, émouvoir le cœur, élimine le sens propre, réservé à mouvoir. Il revêt la même valeur à la…
Suite ...Jusqu’au cou
Cou est issu du latin collus, devenu collum. Chez les vertébrés, le mot désigne la partie amincie du corps qui unit la tête au tronc: naissance du cou. Par analogie de forme, il décrit la partie étroite et allongée d’un vase, le goulot d’une bouteille, d’un récipient. En ameublement, cou de cygne est un motif de style Empire. Au figuré, il entre dans la formation de nombreuses locutions expressives: saisir par la peau du cou, se pendre au cou (de quelqu’un), se jeter à son cou, « l’embrasser avec effusion », se…
Suite ...Voir du caoutchouc
Avec la découverte du Nouveau Monde, un vocabulaire exotique s’introduit puis devient usuel dans la plupart des langues du Vieux Continent. Caoutchouc est emprunté au quechua cahutchu, littéralement « bois qui pleure », soit l’arbre et la résine que les autochtones du Pérou en tirent. En 1736, le naturaliste Charles-Marie de La Condamine répand le mot et la chose en France et, de là, en Europe. Aujourd’hui, il désigne la substance élastique, imperméable et résistante, obtenue par coagulation du latex de certaines plantes ou élaborée artificiellement, caoutchouc naturel, caoutchouc synthétique,…
Suite ...Biodiversité
L’élément préfixal bio- est emprunté au grec bio-, représentant de bios, nom-racine thématique désignant la vie en tant que phénomène organique. Il est peu productif avant le 19e siècle, formant biographe et biographie, « fait d’écrire le récit d’une vie, ouvrage portant sur la vie d’une personne », desquels sont issus les dérivés devenus usuels biographique, biographier, autobiographie. Ce genre littéraire, qui existe depuis l’antiquité gréco-latine, est illustré d’abord par les vies de saints et, depuis la Renaissance, d’artistes, de savants et de personnages historiques. Il sert à former des composés…
Suite ...Rongé d’ulcères
Le mot ulcère vient de l’ancien provençal ulcera par le latin ulcus, ulceris « blessure à vif », et « plaie » physique ou morale, sens que l’on rapproche du grec elkhos « blessure ». En français comme en latin, c’est un terme médical qui qualifie la perte de substance de la peau et des muqueuses, formant une ou plusieurs plaies qui ont tendance à ne pas se cicatriser et dont l’évolution s’avère chronique: ulcère de l’estomac, ulcère du poumon, ulcère tuberculeux, ulcère variqueux, ulcère gastrique. Par analogie, il s’emploie en botanique…
Suite ...Faire languir
Le verbe languir vient du latin tardif languire, altération du latin classique languere « abattu, nonchalant, mou », d’une racine indoeuropéenne exprimant le relâchement que l’on retrouve aussi dans lâcher et laisser. En français, il conserve ce sens vieilli d’« état d’abattement prolongé affaiblissant le corps et l’esprit »: languir de chagrin. Il signifie « manquer d’animation, d’entrain, de vigueur », en parlant d’une chose, d’une œuvre de l’esprit: la conversation languit; « rester dans une situation pénible »: languir en exil: « attendre avec impatience, ressentir péniblement l’absence de quelqu’un »: faire languir,…
Suite ...Tellement drabe
En français québécois, l’adjectif drabe est emprunté à l’anglais drab « fade, terne, morne, gris ». Le mot s’écrit généralement drab jusqu’aux années 1970. On trouve aussi, plus rarement, les variantes anciennes drap, drape, drappe et drable. Dans un registre familier, mais aussi chez les lettrés, écrivains et journalistes, il signifie « qui est de couleur beige ou d’une couleur s’y apparentant »: costume drabe, tapis drabe. Au figuré, il prend le sens de « qui est dépourvu d’intérêt, triste, moche, ennuyeux »: vie drabe, conversation drabe, matins drabes, s’appliquant à des personnes,…
Suite ...Semer le doute
Douter est issu, par évolution phonétique, du latin dubitare, « hésiter », d’après dubius « indécis », dérivé de duo, « deux ». Le verbe exprime d’abord l’idée de « craindre », sens sorti d’usage au profit de redouter. Il se fixe ensuite avec son sens actuel, « être dans l’incertitude de la réalité d’un fait, de la vérité, d’une assertion »: douter de tout. La forme pronominale se douter de signifie « supposer, suspecter ». Le déverbal doute suit le même développement pour désigner l’hésitation, l’inquiétude, quelquefois avec une nuance de soupçon, de manque de…
Suite ...Pratique du zapping
La langue française montre chaque jour sa faculté d’adaptation, utilisant les ressources qu’elle possède pour fournir les unités lexicales nécessaires à l’expression de nouveaux concepts. Zapper est la francisation du verbe to zap qui provient de l’onomatopée zap, utilisée en anglais des États-Unis pour suggérer le bruit d’une balle d’arme à feu et, au figuré, un phénomène rapide, un événement brutal. En 1964, au moment de la guerre du Vietnam, to zap prend chez les soldats américains le sens de « tuer », puis « éliminer (quelqu’un) dans une compétition », «…
Suite ...À l’assassin!
Assassin et haschisch sont proches par l’étymologie et l’histoire. Les deux mots sont issus de l’arabe. Le premier est formé sur Assassiyoun, « fondamentalistes », de asâs « fondement » (de la foi), adeptes, au 11e siècle, d’un ordre musulman semblable aux Templiers, en lutte contre les Turcs Seldjoukides, alors maîtres de l’Islam. Le second est formé sur Haschischiyoun, de hachchâchîn « fumeurs de haschisch », surnom donné par leurs ennemis aux Assassiyoun se suicidant lors d’attentats publics, laissant penser qu’ils étaient drogués en commettant ces actes. C’est avec cette valeur rapportée en…
Suite ...Mine de rien
L’évolution du sens d’un mot peut aboutir à son contraire. Ainsi, école vient du grec scholè dont le sens primitif était « loisir ». Rien est issu, par évolution orale, du latin rem qui signifiait « quelque chose ». Par affaiblissement, ce sens devient « peu de chose »: un rien l’habille, s’attacher à des riens, « à des choses insignifiances, futiles », pour rien, « sans aucun résultat », « pour une somme modique ». Comme nominal indéfini, il décrit quelque chose dans un contexte qui n’est pas affirmatif:…
Suite ...Lettres d’amour
Amour est un emprunt au latin amor. Le mot est employé surtout au féminin jusqu’au 17e siècle avant de devenir masculin, sauf au pluriel: premier amour, premières amours. Au Moyen Âge, l’expression provençale fine amor illustre l’amour courtois des troubadours, dont l’idéologie sentimentale et érotique remplace la manière plutôt fruste des Francs de faire la cour aux dames. En ancien français, il exprime toutes les nuances de l’affection. La disposition favorable à l’égard de ce qui est senti ou reconnu comme bon: pour l’amour de Dieu. L’attachement, souvent considéré comme…
Suite ...Vider le bain
Bain est issu du latin parlé baneum, altération du latin classique balneum « établissement de bain », pris au grec balaneion, admis surtout au pluriel balaneia « bains ». Le mot désigne l’action d’entrer dans l’eau pour l’hygiène, les soins, le plaisir: prendre un bain, bain de siège, maillot de bain; le liquide dans lequel trempe le corps: bain de mousse; la préparation dans laquelle on plonge quelque chose pour la transformer: bain de mercure. Par analogie, il traduit l’immersion, l’exposition dans d’autres milieux: bain de vapeur, bain de soleil, bain de…
Suite ...Réflexion de la lumière
Au début de la Genèse, premier livre de la Bible, alors que les ténèbres recouvrent encore le ciel et la terre qu’Il vient de créer, Dieu dit: « Que la lumière soit ». Et la lumière fut. Le mot lumière est presque aussi ancien que l’origine du monde et de l’humanité. Sa racine indoeuropéenne leuk- signifie « briller, éclairer ». Elle s’appuie sur l’existence d’une langue et d’une culture préhistoriques communes qui permettrait d’expliquer les ressemblances structurelles observées chez les principaux groupes linguistiques européens. En français, de nombreux mots qui expriment…
Suite ...Pôle Nord
Nord est un emprunt au vieil anglais north. Il désigne l’un des quatre points cardinaux. Il est d’abord attesté avec ce sens de « direction marquée par l’étoile polaire » en Normandie, où habitent les Normands, jadis les Nortmanns « hommes du Nord », ainsi qu’on appelait les Danois envahisseurs à la fin du 9e siècle. Le mot évoque les contrées nordiques: Grand Nord; les régions septentrionales du monde ou d’un ensemble géographique: Amérique du Nord, Afrique du Nord; et, par ellipse, les riches pays industrialisés de l’hémisphère nord, par opposition à…
Suite ...Faiseuse d’anges
« La pilule abortive gratuite au Québec » (ICI. Radio-Canada, 13-12-2017). Avorter est issu du latin abortare, dérivé de aboriri, formé du négatif ab et de oriri « naître »; littéralement « non naître », « mourir en naissant ». Comme pour les verbes hiberner et hiverner, le « b » latin fait place au « v » français dès le début du 12e siècle au participe passé substantivé: avortad, avorted, « enfant mort-né ». Au figuré, le verbe signifie « échouer » et, en emploi transitif, « mettre fin à…
Suite ...Rase-motte
Dans la cuisine d’une maison de banlieue, un vendeur de commerce se présente aux membres de la famille Lamothe: « Bonjour Mme Lamothe, M. Lamothe, les petits Mottons… » (Vague souvenir d’une histoire de Claude Blanchard (1932-2006). Le mot motte est issu d’un radical prélatin mutta « amas de terre ». En français médiéval, il désigne un monticule, un tertre puis, par métonymie, un château seigneurial bâti sur une butte: motte castrale. Il s’affiche, sous diverses formes, dans un grand nombre de toponymes et de patronymes régionaux en France: Mote,…
Suite ...Garder le momentum
Les Canadiens de Montréal ont battu consécutivement les Sénateurs d’Ottawa, deux fois, et les Blackhawks de Chicago. Puis, hier, les Hurricanes de la Caroline. Shea Weber et ses coéquipiers auraient-ils «le momentum » comme disent les coachs de hockey, les amateurs et les journalistes sportifs? Momentum est un mot latin qui n’existe pas en français. Son dérivé moment, de spécialisation temporelle, a pris le sens de « petit laps de temps ». L’anglais, lui, a gardé intacte la forme originale latine tout en conservant son sens de « mouvement, impulsion, changement » que…
Suite ...Pile de dictionnaires
Le mot dictionnaire, du latin médiéval dictionarium, est formé sur diction de dictio « action de dire ». Pour dire le monde, il faut user du « livre des mots ». Le dictionnaire inventorie leurs formes et leurs significations qu’il tente d’ordonner. À travers ces « instruments à penser », il nous livre des images, des idées, des concepts, des symboles, fondation d’un édifice mental qui s’élabore à partir du langage dans différentes cultures. Il désigne un recueil de mots d’une langue ou d’un domaine de l’activité humaine, choisi selon des normes…
Suite ...Auprès de ma blonde
Blond est issu de blund d’origine germanique. Le mot qualifie d’abord la couleur de cheveux claire, proche du jaune doré, propre aux peuples du Nord vivant au-delà du Rhin. Les autres poils de cette couleur, naturels ou pas: barbe blonde, perruque blonde. Une mine: teint blond, tête blonde. Un type de tabac: cigarette blonde. Une boisson alcoolisée: bière blonde, à consommer modérément durant la période des fêtes. Par extension, il désigne une personne avec cette couleur de cheveux: beau blond. Au début du 18e siècle sous le règne de Louis…
Suite ...La couleur du temps
Temps, au 10e siècle, s’orthographie tens, tans et tems. Dès l’origine, il désigne l’instant et la durée, une double nature recouvrant les valeurs de son étymon tempus « fraction de durée » et d’un autre mot latin, aevum, « durée continue », qui donnera âge en français. Le mot décrit, selon ces deux valeurs, le milieu où paraissent se dérouler irréversiblement les existences dans leur changement, les événements et les phénomènes dans leur enchaînement. Première valeur: l’instant. Soit le milieu considéré dans sa durée mesurable et limitée: unité de temps,…
Suite ...Trempé dans le chocolat
Chocolat, à l’origine pochocacaua-atl, est un mot nahuatl, la langue des Aztèques. Leur empire dominait le Mexique avant l’arrivée des conquistadors en 1519 et la chute de leur capitale, Tenochtitlan, en 1521. Le mot, en nahuatl hispanisé, devient chocoauatl, puis chocolate en espagnol. Importé en France, il vire en chocolat. Pour fabriquer du chocolat noir, au lait ou blanc, en pâte, en truffes, en bouchées, en copeaux, en crème, en bonbons, en gâteau, en tarte, en mousse, en carrés, en pépites, en plaquettes, en muffins, en île flottante, fondant, tartiné,…
Suite ...Par-ci, par-là
Dans les années 70, durant mes études universitaires, je mangeais de la pizza trois fois par semaine… comme chacun de mes fils aujourd’hui! Mes colocataires et moi nous présentions dans le même restaurant, coin Bernard et avenue du Parc. Nous pouvions bouffer sur place ou emporter la pizza dans le 3 1/2 où nous logions. Raison pour laquelle, le cuisinier nous demandait, au moment de commander, avec un fort accent grec: « Parapporter ou paramangericitte. » La préposition par est issue de sa sœur latine per qui exprime d’abord des…
Suite ...Le chant de la cigale
La langue française s’est enrichie de nombreux mots dialectaux au cours des siècles. Le mot falaise est issu du normand, guignol du lyonnais, avalanche du savoyard, goéland du breton, caboche du picard-wallon, chope du lorrain, choucroute de l’alsacien, jabot du limousin, barrique du gascon, cassoulet du languedocien. Cigale est emprunté au provençal cigala, du latin impérial cicada, d’origine méditerranéenne que l’on explique par l’onomatopée du bruissement de l’insecte, à quatre ailes membraneuses, se nourrissant de matières végétales et dont le mâle fait entendre un bruit strident. « L’obscurité était épaisse,…
Suite ...Péter les plombs
Plomb est issu du latin plumbum. Le mot désigne le métal mou, fusible et malléable dont la découverte remonte à l’Antiquité: soldat de plomb. Il adopte des sens particuliers propres à ses divers usages: un fil pour déterminer la verticale, fil de plomb; une masse lestant une ligne à pêche ou un câble utilisé pour sonder la mer; un alliage employé naguère comme caractère d’imprimerie; les grains sphériques constituant la charge des cartouches d’un fusil: carabine à plomb; les nervures sertissant un vitrail; un fusible en électricité. Il exprime l’idée…
Suite ...Madame, Monsieur
Le mot dame est issu du latin domina, contracté en domna, « maîtresse, épouse, amie, souveraine », féminin de dominus, dérivé de domus « maison ». Il s’applique à une femme de haut rang, à l’épouse et, spécialement dans le langage courtois, à la femme aimée: dame de mes pensées; puis, en français contemporain, à toute personne du sexe féminin. Madame est formé sur dame avec soudure de l’adjectif possessif, comme son pluriel mesdames et mademoiselle. Le nom est usuel en appellatif: chère madame, madame la ministre, madame la Mort. La…
Suite ...Lâché lousse
Le québécisme lousse est une déformation de l’anglais loose « desserré ». Inscrit comme adjectif dans Le Petit Larousse 2017, il revêt les sens de « qui n’est pas serré », dent lousse; « ample », chemise lousse; « sans entrave, libre », seins lousses; « prodigue, généreux, indulgent », prof lousse. Il est épicène, s’employant au masculin et au féminin sans variation de forme. Comme nom commun, son usage au Québec revêt plusieurs valeurs: « mou, absence de rigidité », « jeu, marge de manœuvre », «ample », « détaché »,…
Suite ...Feu d’artifice
Deux mots latins évoquent le feu, ignis et focus. Le français adopte le second, d’abord sous les formes foc, fou, puis amplifie ses valeurs de « flamme, chaleur, ardeur ». Révélateur du sacré, colonne de feu, conduisant Moïse pendant l’Exode, langues de feu, illuminant l’esprit des douze apôtres et leur conférant le « don des langues », l’élément revêt dans ses divers emplois une double nature de danger effrayant et de bien précieux. Il désigne le dégagement d’énergie calorifique accompagnant la combustion vive: prendre feu; les matières combustibles rassemblées et allumées…
Suite ...Des mots qui sonnent
Pour communiquer oralement, les peuples usent de mots que les linguistes appellent monèmes. Ces monèmes comportent une face phonique, soit la suite des sons distinctifs ou phonèmes utilisés pour les prononcer, et une face sémantique articulée en lettres qui en livrent le sens. La complexité tonale ajoute à la diversité des phonèmes, voyelles ou consonnes, agencées en syllabes. C’est vrai, notamment, pour le mandarin. Cent cinquante sons suffisent à former 6000 langues parlées dans le monde. La moyenne est de 32 par langue. Si vous souhaitez apprendre une nouvelle langue…
Suite ...Écorché vif
Le verbe écorcher est issu du bas latin excorticare « écorcer », formé du préfixe ex °« hors de » et cortex, corticus « enveloppe, écorce ». Il signifie d’abord « dépouiller un corps de sa peau »: écorcher un lapin. Par affaiblissement de sens, il prend la valeur de « blesser en entamant superficiellement la peau »: écorcher les genoux; « détériorer une chose inanimée en altérant sa surface »: écorcher un mur. Au figuré, il s’emploie aux sens de « faire mal moralement », « causer une sensation désagréable », « offenser…
Suite ...Signe de la balance
Le mot balance est issu du latin populaire bilancia « balance à deux plateaux », du latin parlé bilanx, formé de bis « deux fois » et lanx « plateau ». Il désigne l’instrument qui sert à peser des poids et… à se mettre au régime, à mesurer des quantités, des données, des phénomènes. Ce qui implique, par figure, un état d’équilibre des forces, une idée de jugement, de comparaison de deux choses opposées: mettre en balance, « peser le pour et le contre », faire pencher la balance. En comptabilité et…
Suite ...Paquet de nerfs
Nerf est issu du latin nervus « tendon, ligament » qui repose sur la racine indoeuropéenne snē « attacher, lier ». Le provençal connaît nervi, l’espagnol nervio et l’italien nervo. En français, il désigne d’abord le ligament qui maintient un muscle à son point d’attache et la membrane fibreuse qui se rencontre dans une viande. Puis, en anatomie, chacun des filaments qui relient les diverses parties du corps au cerveau et à la moelle épinière en conduisant les incitations sensorielles, motrices ou sécrétoires: nerf sciatique, nerf optique, nerf érecteur. Au…
Suite ...Monument aux défunts
Défunt est issu du latin defunctus « qui s’est acquitté (de la vie) », participe passé de defungi « accomplir complètement ». Le mot est un euphémisme pour mort. Dans un style administratif ou littéraire, il est l’équivalent de décédé en emploi antéposé: défunt mari; ou postposé: roi défunt. Suivi d’un nom déterminé par un possessif, défunt mon père, il est moins usuel que son synonyme feu mon père. Par extension, il désigne familièrement ou par ironie ce qui a cessé d’être: défunte robe de chambre; ce qui évoque un passé…
Suite ...Écran de fumée
Le verbe fumer est issu du latin fumare « dégager de la fumée », dérivé de fumus « fumée ». Il conserve ce sens en français: les cendres fument dans le foyer. Par extension, il signifie « laisser passer la fumée » et « exhaler de la vapeur »: les chevaux fumaient; « ressentir une colère, un dépit violents »: fumer de rage. Par spécialisation, il s’emploie pour « soumettre à l’action de la fumée »: enfumer, fumer du poisson; « faire brûler du tabac ou une autre substance en aspirant la…
Suite ...Schtroumpfitude
Le suffixe -tude est la forme française savante de l’élément latin -tudo. Ainsi, fortitudo en latin devient fortitude en français; magnitudo, magnitude; habitudo, habitude. Les dérivés sont essentiellement du genre féminin. Ils désignent une qualité morale, un état psychologique ou physiologique: gratitude, plénitude, solitude; une qualité physique ou objective: désuétude, similitude; un terme du vocabulaire scientifique: longitude, latitude. La nature de la base est un adjectif ou sa racine: béat, béatitude, décrépit, décrépitude, las, lassitude. Les dérivés en -itude peuvent exprimer une origine ethnique ou l’appartenance à un groupe tendant…
Suite ...