Temps, au 10e siècle, s’orthographie tens, tans et tems. Dès l’origine, il désigne l’instant et la durée, une double nature recouvrant les valeurs de son étymon tempus « fraction de durée » et d’un autre mot latin, aevum, « durée continue », qui donnera âge en français. Le mot décrit, selon ces deux valeurs, le milieu où paraissent se dérouler irréversiblement les existences dans leur changement, les événements et les phénomènes dans leur enchaînement. Première valeur: l’instant. Soit le milieu considéré dans sa durée mesurable et limitée: unité de temps,…
Suite ...Catégorie : Capsule
Capsule
Trempé dans le chocolat
Chocolat, à l’origine pochocacaua-atl, est un mot nahuatl, la langue des Aztèques. Leur empire dominait le Mexique avant l’arrivée des conquistadors en 1519 et la chute de leur capitale, Tenochtitlan, en 1521. Le mot, en nahuatl hispanisé, devient chocoauatl, puis chocolate en espagnol. Importé en France, il vire en chocolat. Pour fabriquer du chocolat noir, au lait ou blanc, en pâte, en truffes, en bouchées, en copeaux, en crème, en bonbons, en gâteau, en tarte, en mousse, en carrés, en pépites, en plaquettes, en muffins, en île flottante, fondant, tartiné,…
Suite ...Par-ci, par-là
Dans les années 70, durant mes études universitaires, je mangeais de la pizza trois fois par semaine… comme chacun de mes fils aujourd’hui! Mes colocataires et moi nous présentions dans le même restaurant, coin Bernard et avenue du Parc. Nous pouvions bouffer sur place ou emporter la pizza dans le 3 1/2 où nous logions. Raison pour laquelle, le cuisinier nous demandait, au moment de commander, avec un fort accent grec: « Parapporter ou paramangericitte. » La préposition par est issue de sa sœur latine per qui exprime d’abord des…
Suite ...Le chant de la cigale
La langue française s’est enrichie de nombreux mots dialectaux au cours des siècles. Le mot falaise est issu du normand, guignol du lyonnais, avalanche du savoyard, goéland du breton, caboche du picard-wallon, chope du lorrain, choucroute de l’alsacien, jabot du limousin, barrique du gascon, cassoulet du languedocien. Cigale est emprunté au provençal cigala, du latin impérial cicada, d’origine méditerranéenne que l’on explique par l’onomatopée du bruissement de l’insecte, à quatre ailes membraneuses, se nourrissant de matières végétales et dont le mâle fait entendre un bruit strident. « L’obscurité était épaisse,…
Suite ...Péter les plombs
Plomb est issu du latin plumbum. Le mot désigne le métal mou, fusible et malléable dont la découverte remonte à l’Antiquité: soldat de plomb. Il adopte des sens particuliers propres à ses divers usages: un fil pour déterminer la verticale, fil de plomb; une masse lestant une ligne à pêche ou un câble utilisé pour sonder la mer; un alliage employé naguère comme caractère d’imprimerie; les grains sphériques constituant la charge des cartouches d’un fusil: carabine à plomb; les nervures sertissant un vitrail; un fusible en électricité. Il exprime l’idée…
Suite ...Madame, Monsieur
Le mot dame est issu du latin domina, contracté en domna, « maîtresse, épouse, amie, souveraine », féminin de dominus, dérivé de domus « maison ». Il s’applique à une femme de haut rang, à l’épouse et, spécialement dans le langage courtois, à la femme aimée: dame de mes pensées; puis, en français contemporain, à toute personne du sexe féminin. Madame est formé sur dame avec soudure de l’adjectif possessif, comme son pluriel mesdames et mademoiselle. Le nom est usuel en appellatif: chère madame, madame la ministre, madame la Mort. La…
Suite ...Lâché lousse
Le québécisme lousse est une déformation de l’anglais loose « desserré ». Inscrit comme adjectif dans Le Petit Larousse 2017, il revêt les sens de « qui n’est pas serré », dent lousse; « ample », chemise lousse; « sans entrave, libre », seins lousses; « prodigue, généreux, indulgent », prof lousse. Il est épicène, s’employant au masculin et au féminin sans variation de forme. Comme nom commun, son usage au Québec revêt plusieurs valeurs: « mou, absence de rigidité », « jeu, marge de manœuvre », «ample », « détaché »,…
Suite ...Feu d’artifice
Deux mots latins évoquent le feu, ignis et focus. Le français adopte le second, d’abord sous les formes foc, fou, puis amplifie ses valeurs de « flamme, chaleur, ardeur ». Révélateur du sacré, colonne de feu, conduisant Moïse pendant l’Exode, langues de feu, illuminant l’esprit des douze apôtres et leur conférant le « don des langues », l’élément revêt dans ses divers emplois une double nature de danger effrayant et de bien précieux. Il désigne le dégagement d’énergie calorifique accompagnant la combustion vive: prendre feu; les matières combustibles rassemblées et allumées…
Suite ...Des mots qui sonnent
Pour communiquer oralement, les peuples usent de mots que les linguistes appellent monèmes. Ces monèmes comportent une face phonique, soit la suite des sons distinctifs ou phonèmes utilisés pour les prononcer, et une face sémantique articulée en lettres qui en livrent le sens. La complexité tonale ajoute à la diversité des phonèmes, voyelles ou consonnes, agencées en syllabes. C’est vrai, notamment, pour le mandarin. Cent cinquante sons suffisent à former 6000 langues parlées dans le monde. La moyenne est de 32 par langue. Si vous souhaitez apprendre une nouvelle langue…
Suite ...Écorché vif
Le verbe écorcher est issu du bas latin excorticare « écorcer », formé du préfixe ex °« hors de » et cortex, corticus « enveloppe, écorce ». Il signifie d’abord « dépouiller un corps de sa peau »: écorcher un lapin. Par affaiblissement de sens, il prend la valeur de « blesser en entamant superficiellement la peau »: écorcher les genoux; « détériorer une chose inanimée en altérant sa surface »: écorcher un mur. Au figuré, il s’emploie aux sens de « faire mal moralement », « causer une sensation désagréable », « offenser…
Suite ...Signe de la balance
Le mot balance est issu du latin populaire bilancia « balance à deux plateaux », du latin parlé bilanx, formé de bis « deux fois » et lanx « plateau ». Il désigne l’instrument qui sert à peser des poids et… à se mettre au régime, à mesurer des quantités, des données, des phénomènes. Ce qui implique, par figure, un état d’équilibre des forces, une idée de jugement, de comparaison de deux choses opposées: mettre en balance, « peser le pour et le contre », faire pencher la balance. En comptabilité et…
Suite ...Paquet de nerfs
Nerf est issu du latin nervus « tendon, ligament » qui repose sur la racine indoeuropéenne snē « attacher, lier ». Le provençal connaît nervi, l’espagnol nervio et l’italien nervo. En français, il désigne d’abord le ligament qui maintient un muscle à son point d’attache et la membrane fibreuse qui se rencontre dans une viande. Puis, en anatomie, chacun des filaments qui relient les diverses parties du corps au cerveau et à la moelle épinière en conduisant les incitations sensorielles, motrices ou sécrétoires: nerf sciatique, nerf optique, nerf érecteur. Au…
Suite ...Monument aux défunts
Défunt est issu du latin defunctus « qui s’est acquitté (de la vie) », participe passé de defungi « accomplir complètement ». Le mot est un euphémisme pour mort. Dans un style administratif ou littéraire, il est l’équivalent de décédé en emploi antéposé: défunt mari; ou postposé: roi défunt. Suivi d’un nom déterminé par un possessif, défunt mon père, il est moins usuel que son synonyme feu mon père. Par extension, il désigne familièrement ou par ironie ce qui a cessé d’être: défunte robe de chambre; ce qui évoque un passé…
Suite ...Écran de fumée
Le verbe fumer est issu du latin fumare « dégager de la fumée », dérivé de fumus « fumée ». Il conserve ce sens en français: les cendres fument dans le foyer. Par extension, il signifie « laisser passer la fumée » et « exhaler de la vapeur »: les chevaux fumaient; « ressentir une colère, un dépit violents »: fumer de rage. Par spécialisation, il s’emploie pour « soumettre à l’action de la fumée »: enfumer, fumer du poisson; « faire brûler du tabac ou une autre substance en aspirant la…
Suite ...Schtroumpfitude
Le suffixe -tude est la forme française savante de l’élément latin -tudo. Ainsi, fortitudo en latin devient fortitude en français; magnitudo, magnitude; habitudo, habitude. Les dérivés sont essentiellement du genre féminin. Ils désignent une qualité morale, un état psychologique ou physiologique: gratitude, plénitude, solitude; une qualité physique ou objective: désuétude, similitude; un terme du vocabulaire scientifique: longitude, latitude. La nature de la base est un adjectif ou sa racine: béat, béatitude, décrépit, décrépitude, las, lassitude. Les dérivés en -itude peuvent exprimer une origine ethnique ou l’appartenance à un groupe tendant…
Suite ...Bouteille de limonade
Limonade forme un dérivé de l’ancien français limon « citron acide », emprunt à l’italien limone, pris à l’arabe lîmûn, issu du persan lîmoûn, rattaché au sanskrit nimbu, qui fut la langue sacrée et la langue littéraire de l’Inde ancienne, dans laquelle il désignait une variété d’agrume. La culture du fruit, introduite par les Arabes dans le bassin méditerranéen, est importée en Italie lors des Croisades. Le mot évoque une boisson faite de limon, d’eau et de sucre, qui sert de médicament: limonade purgative. Il développe ensuite son sens courant…
Suite ...Transgenre
Le genre est la catégorie grammaticale fondée sur la différenciation naturelle des sexes ou sur une distinction conventionnelle. Il existe deux genres en français, le masculin et le féminin. Lequel est généralement facile à déterminer pour les noms animés: un Québécois, une Québécoise; un monsieur, une dame; un taureau, une biche. Sauf exception, Sa Sainteté, Son Éminence. Toutefois, le genre des noms inanimés est arbitraire, c’est-à-dire qu’il n’est pas déterminé par leur sens: le mur, la muraille; le ruisseau, la rivière; la mer, l’océan; le soleil, la lune. Beaucoup de noms…
Suite ...Alien: Le Commencement
Le mot alien apparaît dans le Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle de Frédéric Godefroy. Il revêt le sens de son étymon latin alienus « étranger, qui est d’un autre lieu ». Le verbe aliéner « rendre autre », est attesté en droit dès 1265. En parlant des choses, il signifie « transmettre à autrui la propriété d’un bien, d’un droit ». En parlant des personnes, il décrit le fait d’abandonner un droit naturel et, au figuré, de rendre une personne hostile…
Suite ...Végé-pâté
Le mot végétal vient du latin médiéval vegatalis, dérivé de vegetare « croître », du latin classique vegetus « vif », du verbe vigere « être vigoureux ». Le vieux français connaît vegetable « vivant » duquel le normand tire vegetables, « légumes », transmis par les troupes de Guillaume le Conquérant et adopté avec ce sens en anglais. Cette « adoption » se passe après la bataille d’Hastings en 1066 quand le duc de Normandie devient le nouveau maître de l’Angleterre. Substantif, il désigne tout organisme vivant qui présente un ensemble de…
Suite ...Cliché
En littérature, les clichés abondent. Ainsi en va-t-il des mâchoires. Dans les romans, elles sont généralement sujettes à la crispation: « Les mâchoires crispées, Thierry demeura interdit en écoutant Sandra lui signifier que tout était fini entre eux ». D’ordinaire, les amoureux se tiennent innocemment par la main; dans la vie littéraire, il en va autrement: « Thierry tenta une ultime fois de presser la main de Sandra dans la sienne ». Un geste partagé par l’être aimé, du moins au début d’une relation. La douleur comme la joie se manifestent…
Suite ...Bol de riz
(Prenez une grande respiration). Riz vient de l’italien riso, lui-même emprunté au latin oriza, pris au grec oruza, du persan berendj dont sont issus également l’afghan vrize et l’arabe aruz; cette dernière forme est adoptée par l’espagnol et le portugais arroz. (Expirez, vous êtes bleu). L’ancien français ris est à l’origine de l’anglais rice. La graphie en /z/ date de la fin du 14e siècle par influence latinisante. Le mot désigne la plante de la famille des graminées, herbacée, annuelle, poussant dans les régions tropicales et tempérées chaudes qui comprendrait…
Suite ...Passer le mot
Mot est issu du latin populaire mottum, altération de muttum « grognement », dérivé de muttire, signifiant « incapable d’émettre un autre son que mu »; une onomatopée qui fait penser, par la forme et par le son, au meuh de la vache. À l’origine, il s’emploie en tournure négative avec le sens de « ne pas émettre un son » ou pour exprimer le silence volontaire: ne dire mot. Il développe parallèlement diverses acceptions opposées: celle de « discours, parole », dire deux mots à quelqu’un; de « message », mot de…
Suite ...Prendre la poudre d’escampette
Le préfixe latin ex- exprime l’action d’éloigner, extraire, de séparer, expurger, d’élever, exhausser. En ancien français, il se réduit à es- tout en affichant ces mêmes valeurs: escorner qui deviendra écorner, « dégarnir de ses cornes » en français standard; esrachier qui deviendra arracher; escolper qui deviendra disculper. Le suffixe diminutif -ette est issu du latin -ittum, -ittam. Il exprime la petitesse, parfois à valeur péjorative, dans de très nombreux dérivés: branchette, cuisinette, frangette, fléchette, planchette, fuguette, presqu’îlette, réformette, chevrette, lopette, blondinette, jeunette, longuette, petitounette, allumette, cachette, grimpette, dînette, frisette,…
Suite ...Inextricable labyrinthe
Labyrinthe est issu du latin labyrinthus, lui-même pris au grec laburinthos, transcription de l’égyptien ancien Lope-ro-h’unt. Dans cette langue, il évoque le dédale de couloirs donnant accès au temple funéraire de la pyramide de Hauwara, tombeau du pharaon Amenemhat III. Le mot entre dans la langue mythologique par référence au labyrinthe de Minos en Crète, décrivant un réseau de salles et de galeries, souterraines ou en surface, enchevêtrées de manière qu’on puisse difficilement en trouver l’issue. Par analogie, il évoque un ensemble d’éléments formant un réseau compliqué dans un espace…
Suite ...Coke en stock
Le mot coca est issu de l’espagnol coca, pris à l’aymara coca, langue amérindienne du Pérou aussi usitée en Bolivie. Dans cette langue, il désigne l’arbrisseau poussant dans les vallées humides des Andes qui était la plante sacrée des Incas. Ceux-ci la cultivaient pour ses feuilles qu’ils mâchaient pour son action stimulante. Il conserve ce sens en français puis développe celui de « substances extraites des feuilles de l’arbuste », parmi lesquelles la cocaïne, à usage médical ou utilisée comme stupéfiant. Substantif qui produit une série de termes didactiques: cocaïnomane,…
Suite ...Fleurs de macadam
6 janvier 2017. Cinq morts, huit blessés dans une fusillade à l’aéroport de Fort Lauderdale. Les voyageurs sont évacués sur le tarmac de l’aéroport. En 1827, l’ingénieur écossais John Loudon Mac Adam est chargé de la direction générale des routes de Grande-Bretagne. Il invente et donne son nom, macadam, à un procédé de revêtement de sol fait de pierres concassées liées par forte compression avec du sable et du goudron. Par extension, le mot désigne la chaussée, les rues empierrées de cette manière et, dans un registre familier, l’accotement où…
Suite ...À vue de nez
Nez est issu du latin nasus qui désigne dans cette langue le nez humain et, par métonymie, le sens de l’odorat, la finesse et le goût. Le mot contient la racine indoeuropéenne nas-, représentée dans l’allemand Nase, l’anglais, nose, et le russe nos. Il décrit l’appendice situé au milieu du visage au-dessus de la lèvre supérieure et qui, en le surplombant, recouvre l’orifice des fosses nasales: fracture du nez, poils du nez, trous de nez. Sa forme inspire de nombreuses locutions donnant sa particularité à la physionomie: gros nez, nez…
Suite ...Ben de l’agrément
Gré est issu du latin gratum, neutre substantivé de l’adjectif gratus qui revêt le sens de « accueilli avec faveur, bienvenu, aimable ». En français, le mot reprend la valeur de « reconnaissance, savoir gré, expression devenue archaïque: (À un homme qui la courtisait de trop près, une femme répliqua) « Je vous saurais gré, Monsieur, de cesser vos agissements car vous n’aurez jamais mon cœur ». « Mais, Madame, je ne visais pas si haut » (citation approximative de Molière, Le Bourgeois gentilhomme, 1670). Dès le Moyen Âge, il s’emploie…
Suite ...C’est un garçon
Garçon est issu du francique, une langue germanique parlée par les Francs dont Charlemagne fut le roi de 768 à 814. Dans cette langue, wrakjo signifiait « valet » et « enfant mâle ». En français du Moyen Âge, le mot est lié à la condition sociale. Il désigne un jeune homme de basse condition, s’opposant à page, un damoiseau de naissance noble. Par extension, il prend le sens de « domestique, subalterne, homme en service », resté vivant en français contemporain dans l’hôtellerie: garçon de restaurant. Dès le 12e siècle,…
Suite ...Cap espérance
Espérer est issu du latin sperare « attendre ». Sens sorti d’usage dans les années 1950 mais conservé dans le midi de la France, espérez-moi un instant, et en créole haïtien, espérez moin, tend’ moin. Le verbe prend la valeur de « considérer quelque chose comme devant se réaliser », « avoir confiance en », espérer sa venue. Le déverbal espoir est formé sur les anciennes formes toniques du verbe: j’espoir, tu espoires. Il qualifie le sentiment qui porte à espérer, plein d’espoir, dernier espoir. En particulier, il désigne la…
Suite ...Pet pis Répète
Pet vient du latin peditum, devenu par évolution pettum. Déverbal de pedere qui se rattache à la racine indoeuropéenne pezd- aussi représentée dans des verbes russe et lithuanien. Le mot désigne un gaz intestinal qui s’échappe de l’anus, généralement avec bruit, synonyme de vent, prout: lâcher un pet. Très tôt, il exprime l’idée de « chose de peu d’importance »: pet de lapin. Péter « faire un ou plusieurs pets », demeure d’emploi vulgaire ou familier. Par analogie, il prend le sens de « craquer », en parlant du bois…
Suite ...Hocus Pocus Focus
En français québécois, focus est un emprunt à l’anglais focus. Il désigne le foyer d’un appareil optique, en particulier, d’un appareil photographique, mettre au focus, « mettre au point » et, au figuré, le centre d’intérêt, l’objet principal, garder le focus sur, « accorder une importance toute spéciale »; sens qui se rattachent au latin classique focus dont est issu le mot anglais. Le mot ne figure pas encore dans les grands dictionnaires de français standard puisqu’il ne comble aucune lacune lexicale. Il peut être remplacé par concentration, convergence, centre…
Suite ...Clin d’œil
Œil est issu du latin oculus qui se rattache à une racine indo-européenne exprimant la fonction de vision. En ancien français, le mot prend d’abord les formes ol, oil, uel au singulier et ialz, ieus, yeus, yeulx au pluriel. Il conserve le sens latin d’organe de la vue: œil injecté de sang. Il désigne la partie du visage comme élément de physionomie: pour les beaux yeux de (ma blonde, ma douce, mon aimée, Madeleine, Natali Rose, Espoir Vie). Le mouvement des yeux et des paupières favorise très tôt la formation de…
Suite ...Faque
Faque, en français québécois familier, est la contraction de « Ce qui fait que… ». Son équivalent en français standard, à la sonorité moins réjouissante, serait donc ou ainsi. « Je l’ai frenchée par surprise; faque, elle m’a foutu une claque. » « Je l’ai embrassée avec la langue par surprise; elle m’a donc foutu une claque. » Les raccourcis sont nombreux dans la langue française pour désigner un mot qui contient trop de lettres ou une expression qui contient trop de mots: prof, professeur; éduc, cours d’éducation physique. Il…
Suite ...Feuille d’épinard
Le mot épinard est issu, par l’intermédiaire du latin médiéval spinachium, de l’arabe d’Andalousie isbināh. Qui vient de l’arabe oriental asfanah, isfinah, isfanah. Qui vient du persan isfinādj, isfānādj, aspanākh. En français du Moyen Âge, il revêt plusieurs variantes: espinace, espinarde, espinar, terme qui apparaît dans le Ménagier de Paris, un livre manuscrit d’économie domestique du 14e siècle, espinasche, espinoch, puis épinart au 17e siècle. Il désigne une plante potagère à graines épineuses originaire d’Iran, introduite en Espagne par les Arabes qui l’utilisaient comme médicament. Sa diffusion en France correspond à…
Suite ...C’est viral
Le mot virus est issu du latin dont il a conservé la graphie. Dans cette langue, il signifie « suc des plantes », « sperme », « venin, poison », et, au figuré, « âcreté, amertume ». En français, il prend le sens de « substance organique susceptible de transmettre une maladie », « agent de contagion », virus de la rage. Le terme se spécialise en biologie pour désigner un micro-organisme infectieux, beaucoup plus petit que les microbes et les bactéries, parasite des cellules vivantes. Au figuré, il qualifie une…
Suite ...Sans faute
Le mot faute est issu, par voie orale, du latin populaire fallita « action de faillir, manque », repris avec un sens proche par l’anglais fall « chute ». Il désigne d’abord un manquement à une règle morale, commettre une faute, particulièrement, le fait de manquer aux préceptes religieux, faute originelle, le péché commis par Adam et Ève, absolution des fautes. Par extension, il évoque le manquement à une règle de conduite, à un principe, à une norme, dans une discipline intellectuelle ou un art, synonyme d’erreur, faute d’orthographe, faute d’inattention; une…
Suite ...Inquiet
L’adjectif quiet vient du latin quietus « en repos ». Depuis le 12e siècle, il qualifie l’âme, l’esprit d’une personne paisible, dépourvue de soucis ou une chose dépourvue d’agitation. De nos jours, ce joli mot est menacé de disparition. Son emploi est considéré comme vieilli, presqu’exclusivement littéraire. Contrairement à son antonyme, inquiet, qui ne cesse de gagner des adeptes souffrant d’angoisse, de stress et d’hypertension. Son dérivé quiétude, plus usuel, s’emploie généralement au singulier. Il désigne la tranquillité d’âme, un caractère serein, en toute quiétude. Son contraire inquiétude s’applique volontiers au…
Suite ...La balade de Davy de Croquetagne
« Think big! ». Un mode de pensée typiquement américain, direz-vous? Détrompez-vous. En 1608, Samuel de Champlain pense gros lorsqu’il établit la colonie française la plus durable en Amérique du Nord. Normal, tout est grand. Le fleuve Saint-Laurent tient lieu de parc aquatique. Coureurs des bois et missionnaires, avec l’aide des Amérindiens, explorent le continent comme si c’était le décors de leurs futurs chalets. Dans la cour, les Grands Lacs forment une piscine à vagues de 244 106 km2. Le fleuve Mississipi, une glissade d’eau de 3 734 km qui…
Suite ...Top niveau
L’onomatopée top est l’altération de l’anglais stop « arrêt ». Le mot désigne le signal sonore ou visuel que l’on donne pour déterminer avec précision le début ou la fin d’une opération, donner le top, « donner le signal de départ »; spécialement le signal bref émis par la radio ou l’horloge parlante pour permettre d’avoir l’heure à la seconde près, troisième top; et, dans les studios de télévision ou de cinéma, le signal indiquant le début d’une émission, top d’image. Calque de l’anglais top « sommet », il sert d’élément de…
Suite ...Fruits de mer
Agitée, démontée, grosse, houleuse, moutonneuse ou calme, tranquille, belle, étale, immobile, elle donne sa singularité à la terre, la planète bleue. Plusieurs langues l’évoquent par un mot bref : l’albanais det, le danois, le norvégien et le suédois hav, le néerlandais zee, l’afrikans see, l’allemand See, l’anglais sea, l’espagnol et le portugais mar. Mer, du latin mare, désigne une immense étendue d’eau salée, prendre la mer; puis un bassin océanique limité, intérieur ou enclavé, mer Méditerranée, mer Rouge, mer Morte. Le mot décrit ce qui appartient à la mer ou qui…
Suite ...Bain-tourbillon
Tourbillon, d’abord torbeillon, dérive de l’ancien français torbeil, formé sur le latin populaire turbiculus, lui-même issu du latin classique turbo. Le mot désigne une masse d’air, de gaz qui tournoie rapidement : « Soudain, un tourbillon de vent souleva la poussière, tordit les arbres, les fouetta furieusement » (Romain Rolland, Jean-Christophe, 1904-1912). Par extension, il décrit le mouvement tournant et rapide d’un fluide ou de particules entraînées par l’air, tourbillon de fumée, une masse d’eau animée d’une rotation hélicoïdale formant un creux à sa surface, tourbillons d’une rivière. Phénomène qui s’applique à…
Suite ...Émission de radio
Élément de composition, radio- vient du latin radius pris au sens de « rayon ». Il entre dans la construction d’un grand nombre de mots savants qui se répartissent entre deux sémantismes. Le premier lié au domaine des radiations: radioactivité, radiographie, contraction de radiophotographie dans l’argot médical, radiothérapie; le second à celui de la propagation du son: radiotéléphonie, radiotélévision, radiodiffusion. Il constitue l’abréviation, au masculin, de radiotélégramme ou radiogramme et radiotélégraphiste, l’opérateur au sol ou à bord d’un avion, d’un navire, capter un radio. Et, au féminin, de radiophonie, « ensemble des…
Suite ...Chair de poule
Le mot poule est issu du latin pulla, féminin de pullus. Dans cette langue, il désigne le petit d’un animal. Poussin et poulain dérivent du même étymon. Dès les premiers textes français, d’abord sous la forme pouil, il qualifie la femelle du coq. Oiseau à ailes courtes et arrondies, à queue courte, à crête dentelée plus réduite que chez le mâle, qui fait des bonds mais qui ne vole pas. Or, le destin des oiseaux qui ne volent pas, tel le dodo, est de disparaître sous la dent des prédateurs…
Suite ...Tête de Maure
Maure ou More est issu du latin Maurus, employé comme nom propre pour désigner les habitants d’ethnie berbère de l’ancienne Mauretania, région du nord de l’Afrique occupée par les Romains, puis par les Turcs. Au Moyen Âge, le mot désigne les Sarrasins, berbères islamisés qui soumirent l’Espagne, puis, comme nom commun ou adjectif, ce qui vient du Maghreb, ce qui est relatif aux Maures, aux pays qu’ils habitent, aux coutumes qui sont les leurs, café maure. Il qualifie ensuite les habitants du Sahara occidental vivant principalement en Mauritanie. L’expression tête-de-Maure…
Suite ...Pause-café
Le caféier est un arbuste originaire d’Abyssinie, ancienne Éthiopie. La coutume de consommer ses grains, torréfiés et infusés sous forme de boisson excitante et tonique, se répand dans le monde musulman à la fin du 15e siècle à partir du Yémen dont une ville, Moka, donne son nom à une prestigieuse variété. Le café circule ensuite, par le commerce, dans plusieurs pays d’Europe. Le mot est issu de l’arabe qahwa mais prononcé à la turque, kahvé, par l’intermédiaire du vénitien caffè. Après la fève et le breuvage, il désigne le moment…
Suite ...Se péter les bretelles
Le mot bretelle vient du vieil allemand brittil. Il apparaît d’abord au singulier avec le sens de « bride », désignant une bande de cuir ou d’étoffe passée sur l’épaule pour porter un objet lourd ou encombrant, bretelle de fusil; cet emploi demeure en usage. Par spécialisation, il entre dans le vocabulaire de l’habillement, surtout au pluriel. Fines chez les femmes, les bretelles retiennent les vêtements ou les sous-vêtements qu’elles portent au haut du corps comme on dit au hockey: bretelles de soutien-gorge, camisole à bretelles. Larges chez les hommes,…
Suite ...Jour de congé
Congé est la réfection de comgiet en ancien français. Aboutissement, par évolution phonétique, du latin commeatus qui signifiait « ordre de marche », « permission de circuler » dans la langue militaire des Romains. En français moderne, son premier sens est « permission de partir » réalisé dans les locutions usuelles donner congé « autoriser le départ » et prendre congé « saluer les personnes à qui l’on doit le respect avant une absence de quelque durée ». Par euphémisme, prendre congé de la vie signifie « mourir de mort naturelle ou par suicide ».…
Suite ...Quiens toé!
Début 17e siècle, première poussée coloniale de la France. Destination: l’Afrique, l’Inde et l’Amérique. Pas de chance, Portugais et Espagnols se sont aventurés dans le Nouveau Monde depuis au moins 100 ans. Les explorateurs français se rabattent sur le Canada peuplé majoritairement de castors qu’ils importent sous forme de peaux pour en faire des chapeaux. Plus au sud, ils découvrent Haïti, la Guadeloupe et la Martinique qu’ils exploitent grâce aux esclaves venus par pleins bateaux d’Afrique. Beaux, bons, pas chers. Résistants mieux que les indigènes ou les engagés européens aux maladies…
Suite ...Tupi or Not Tupi
Titre inspiré de « To Be or Not to Be, Shakespeare, dramaturge du 17e siècle; « To Bed or Not to Bed, Pierre Nicole, théologien du 17e siècle; « Toupie or Not Toupie », Guy St-Pierre, retraité du 21e siècle. Les Tupis forment un peuple natif du Brésil. L’une de leurs 70 langues est le tupi-guarani parlé dans la forêt amazonienne et au Paraguay. Dans cette langue, bokaem désigne le gril sur lequel les Tupis fument viandes et poissons. Les conquistadors espagnols empruntent le mot qui migre en France sous…
Suite ...