La poutine est un plat composé de frites et de fromage en grains nappés d’une sauce brune. L’origine du mot est incertaine. Il pourrait s’agir d’un emprunt à l’anglais pudding qui a, par ailleurs, pénétré tel quel en français québécois. Il pourrait aussi s’agir d’un héritage des parlers de France. En dauphinois, on relève poutingo « marmelade de prunes cuites au four »; en provençal on retrouve poutino « purée ». Potin est un « pâté » en normand, poutis une « purée épaisse » en bourguignon et poutiengo une « chose…
Suite ...Catégorie : Capsule
Capsule
Il faut savoir
Le verbe savoir est issu du latin populaire sapēre, altération du latin classique sapĕre, « avoir de la saveur », d’où « avoir de la pénétration », puis « comprendre ». Il revêt le sens général de « connaitre », avoir la révélation de l’existence, de la réalité, de l’identité, de la vérité, avoir présent à l’esprit un ensemble de connaissances, de concepts, d’idées, d’images, de représentations, acquises par l’expérience, l’étude et la réflexion : savoir des choses, savoir d’avance, savoir avec certitude, en savoir long, tout savoir. L’accent peut être mis sur…
Suite ...Ma cabane au Canada
Le mot cabane est emprunté au provençal cabana « maisonnette ». Il désigne une construction rudimentaire de petite dimension. Il a acquis des emplois particuliers en fonction de l’utilisation de l’objet, « abri pour animaux », « abri de haute montagne ». Sucre est un emprunt à l’italien zucchero, pris à l’arabe sukkar, mais d’origine indienne, le mot s’écrivant çârkara en sanskrit. Le sucre, qui vient en effet de l’Inde, a été introduit en Grèce au 1er siècle apr. J.-C., d’où le grec sakkharon et le latin saccharum. Les Arabes cultivèrent…
Suite ...Clins d’œil
Œil est issu du latin oculus « organe de la vue », qui a pour correspondant le grec ophtalmos. En ancien français, par formation populaire, il adopte diverses orthographes. Au singulier: ol, oil, uel, ueil, oeuil. Le pluriel se notant avec plus de variantes encore: olz, oilz, ialz, iauz, ieus, ieux, ieuz, yeus, yeulx. Le mot désigne, comme en latin, l’organe de la vue: globe de l’œil, blanc de l’œil. Et un élément du visage: œil injecté de sang, yeux bridés. Symbole de vision, d’attention, de perspicacité, de vigilance, de…
Suite ...Enlever une pelure
Peler est issu du bas latin pilare, dérivé de pilus qui désignait le poil ou le cheveu. Le sens premier du verbe est « ôter les poils, poiler le cuir ». Par étymologie seconde, il est associé à l’ancien français pel « peau », développant le sens de « ôter la peau » et, par extension, « enlever l’enveloppe d’un végétal ou de quelque chose ». Dès le 12e siècle, il prend le sens figuré de « dépouiller ». L’adjectif pelé, tiré du participe passé, est substantivé au sens ancien de « chauve »;…
Suite ...Mon oncle d’Armorique
La langue bretonne fait partie du groupe des langues celtiques de la branche brittonique, avec le gallois et le cornique. C’est entre 450 et la fin du 7e siècle que des populations chassées de leur île, la « grande Bretagne », s’implantèrent en Armorique, patrie d’Astérix, formant aujourd’hui la Bretagne française. Le breton, formé de quatre variétés – cornouaillais, léonais, trégorrois et vannetais – est l’une de ces langues minoritaires non issues du latin qui survécurent à la périphérie du territoire français; le basque, le flamand, le lorrain et l’alsacien…
Suite ...Congé de Pâques
Pâques est issu du latin chrétien pascha, emprunté au grec paskha, lui-même pris, par l’intermédiaire de l’araméen pashã, à l’hébreu biblique pèsah, « passage ». La pâque désigne la fête judaïque. Pâques, par ellipse pour jour de Pâques, évoque la fête chrétienne, célébrée chaque année le premier dimanche suivant la pleine lune de l’équinoxe de printemps, pour commémorer la résurrection du Christ. Malgré le /s/ final, Pâques est masculin singulier mais, accompagné d’un adjectif, il devient féminin pluriel: Joyeuses Pâques. Par métonymie, le mot désigne le fait de communier pendant…
Suite ...Poisson d’avril
Poisson est issu du latin piscis et désigne tout animal aquatique à corps fusiforme. Puis il est employé dans le contexte de nourriture, « du poisson », par opposition à « viande ». Au 15e siècle, la locution poisson d’avril a d’abord le sens figuré d’« intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d’amour de son maître », le début du printemps étant propice aux amours illégitimes. Le sens moderne de « plaisanterie », attrape qui se fait traditionnellement le 1er avril, s’est implanté avec une coutume qui remonte à la fin…
Suite ...Savez-vous planter des choux?
En latin, planta désigne primitivement la plante du pied. Le verbe plantare, devenu planter, signifie d’abord « enfoncer en terre avec le pied ». Cette technique de plantation, décrite dans la chanson Savez-vous planter les choux?, consiste à creuser dans le sol avec le pied le trou qui doit recevoir la jeune pousse, autour de laquelle la terre est ensuite ramenée et tassée par ce même pied. Les adeptes du jardinage savent bien que le pied a toujours son usage en horticulture. Mais dans les langues romanes, la référence au…
Suite ...Après-concile
Concile est issu du latin concilium « convocation » et « assemblée délibérante ». En latin chrétien, il développe le sens de « réunion des évêques de l’Église catholique, légitimement convoquée pour statuer sur des questions de dogme, de morale ou de discipline »: Conseil œcuménique. Au pluriel, il décrit les décrets et canons de ces assemblées: recueil des conciles. L’ancien français, celui du 14e siècle, donnait au mot la valeur dérivée de « conversation entre personnes » et « diffusion d’une nouvelle ». Sens laïque conservé en français moderne,…
Suite ...Couvre-chef
Chef est issu du latin classique caput qui désigne la tête des hommes et des animaux. L’évolution du mot en italien, capo, en espagnol et en portugais, cabo, est moins sentie qu’en français. Ce sens de « tête » est concurrencé puis éclipsé par testa « crâne ». Au 17e siècle, il ne subsiste que dans le composé couvre-chef « qui couvre la tête, chapeau ». Le mot évoque aussi le sommet, la source, la pointe dans une acception géographique de cap. ll prend le sens imagé de celui qui est à…
Suite ...Porter la moustache
On peut la porter, la tailler, la tortiller, la retrousser, la lisser, la cirer, la couper. Elle pousse par paire, rugueuse, hérissée, frisée, tombante, à la gauloise, à la tartare, à l’impériale, en brosse, en croc. La moustache est la partie du système pileux qui garnit la lèvre supérieure de l’homme. Le mot, issu du grec byzantin mustakhion, est emprunté au napolitain mustaccio, correspondant à l’italien mostaccio « museau », « visage ». Il est usité au singulier comme au pluriel. Par analogie, moustache désigne les grandes soies tactiles que de nombreux…
Suite ...Pour un flirt
Flirter, « avoir un flirt avec quelqu’un », est la francisation du verbe anglais to flirt « s’agiter », puis « folâtrer », qui a été rattaché au moyen français fleureter « voler de fleur en fleur, faire la cour ». L’expression galante conter fleurette date du 17e siècle. Flirter prend, au figuré, le sens de « se rapprocher d’adversaires politiques ou idéologiques ». Au Québec, on l’emploie dans le sens de « caresser l’idée », un calque de l’anglais to flirt with an idea. En français standard, flirt, de l’anglais flirt, désigne une amourette, une…
Suite ...Aller tout croche
Croc est issu du francique krok « crochet ». Les dérivés sont nombreux: crocheter, crochetage, crocheteur, crocher, croc-en-jambe, accrocher, accrochement, accroc, accroche, accrochage, accrocheur, accroche-cœur, raccrocher, raccrocheur, raccrochage, décrocher, décrochage, décrocheur, anicroche, escroc, recroqueviller. Féminin, croche désigne les tenailles du forgeron, puis la note de musique dont la queue porte un crochet. Adjectif, il décrit ce qui est recourbé en forme de crochet: nez croche, doigts croches; et, au figuré, une personne malhonnête, un être avide et rapace. Son synonyme crochu l’a supplanté en français standard. Au Québec, croche est…
Suite ...On achève bien les chevals
La formation des pluriels en –aux est très ancienne. Elle semble remonter au 7e siècle, traversant différents stades sur le plan de la graphie et de la prononciation : chevals, chevaus, chevax, chevaux. Pour comprendre comment on a pu passer de –als, pluriel de chevals, où la voyelle /a/ et les deux consonnes /l/ et /s/ étaient prononcées, à la succession –aux de chevaux qu’aujourd’hui nous prononçons /o/, il faut savoir qu’à l’époque de la formation de la langue française, l’articulation du /l/ était teintée, devant une voyelle, d’un écho…
Suite ...Bouillon de culture
Le mot culture est issu du latin cultura « action de cultiver la terre » et, au figuré, « action d’éduquer l’esprit ». En vieux français, il s’écrit couture, une forme conservée en France dans quelques parlers septentrionaux et en Normandie où il a fourni les noms de famille Couture et Lacouture. Par extension, le mot décrit l’action de tirer du sol les végétaux utiles à l’homme: agriculture; et, ultérieurement, l’élevage de certains animaux: culture des huîtres; puis l’action de faire croître des micro-organismes en milieu approprié: culture in vitro.…
Suite ...Vraie bargaine
Barguigner, attesté en latin médiéval sous la forme barcaniare, « faire du commerce », est un emprunt au francique borganjan, formé au 12e siècle du croisement de borgen « prêter, emprunter », encore vivant en allemand contemporain, et waidanjan « gagner ». Dans son acception première, le verbe signifie « marchander longuement » mais par référence à la durée de certains marchandages, il prend le sens d’« hésiter » ou « avoir de la peine à déterminer », particulièrement quand il s’agit d’un achat, d’une affaire, d’un traité. Ce sens a survécu dans…
Suite ...Les mots pour le dire
Dire est issu du latin dicere. Sa valeur principale équivaut à « parler » mais le mot prend très tôt de nombreux sens particuliers correspondant à confirmer, affirmer, soutenir, exposer, conter, appeler, nommer, réciter. De nos jours, sa liste de substituts est incroyablement abondante. Ainsi, au lieu de dire, on peut, « comme un humain »: crier, s’écrier, hurler, brailler, éructer, vociférer, s’égosiller; ou « comme un animal »: rugir, mugir, meugler, aboyer, miauler, glapir, glousser, gronder, coasser, croasser, chuinter, hululer. On peut « faire un bruit d’instrument »: claironner,…
Suite ...Chasse à l’orignal
L’orignal est ce cervidé d’Amérique du Nord, de grande taille, à pelage brun, pourvu de longues pattes robustes, de hautes épaules surmontées d’une bosse et, chez le mâle, de larges bois plats et palmés. Son nom est l’altération de orignac, une variante ancienne, empruntée au basque oregnac, pluriel de orein « cerf », un mot appris des pêcheurs et émigrés basques venus en Nouvelle-France. L’émergence de la forme « orignal » au détriment de « orignac » s’explique par le fait qu’au 17e siècle les finales –ac et –al étaient souvent confondues.…
Suite ...Vaccinothérapie
Vaccine est la francisation du latin moderne médical vaccina, féminin de l’adjectif latin classique vaccinus, dérivé rare de vacca « vache ». Au 18e siècle, le mot désigne la maladie infectieuse des bovins mais aussi des chevaux, inoculée pour les immuniser contre un virus proche de la variole, la « petite vérole des vaches ». La découverte de l’immunisation par la vaccine explique le développement de la famille du mot. Début 19e siècle, vaccin désigne le virus de la vaccine puis, par extension, toute substance préparée à partir de microbes, virus…
Suite ...Plein d’essence
Le mot essence est emprunté au latin essentia, dérivé de esse « être ». Il est d’abord un terme de philosophie et s’emploie pour désigner l’ensemble des caractères constitutifs d’un être, d’une chose. Par analogie, il désigne en alchimie la substance la plus pure que l’on tire de certains corps. Il prend le sens de « substance odorante volatile extraite des plantes »: essence de violette. Par spécialisation, on l’emploie pour « espèce d’arbre »: essence à feuilles caduques. Au sens d’« extrait », il désigne le produit de la distillation du pétrole, utilisé…
Suite ...À bout portant
« Boutez les Anglais hors de France » (Jeanne d’Arc). Bouter est issu du francique botan, « pousser, frapper ». La dérivation du verbe n’a pas souffert de sa disparition. Exceptionnellement abondante, elle s’explique par les développements sémantiques originaux de plusieurs dérivés. Le plus important est le déverbal bout qui a perdu le sens dynamique de « coup ». Sa signification moderne correspond à la valeur d’« extrémité d’un objet ». Dans l’usage général, il a donné une phraséologie riche en locutions adverbiales: à tout bout de champ, à bout de souffle, bout à…
Suite ...Sortez les mouchois
C’est sans y penser que nous prononçons hier, enfer, sac ou net, en faisant sonner la consonne finale mais que nous ne le faisons pas pour cahier, fusil, tabac ou bonnet. Dans tous ces cas, l’usage oral est aujourd’hui parfaitement fixé et ne tient pas compte de l’orthographe. Il en va de même de certains mots comme péril, bonheur ou nef qui ne sont jamais soumis aux phénomènes de liaison : leur consonne finale se prononce toujours. Mais des mots comme trop, tout, petit, qui se terminent également par une…
Suite ...Sauce Worcestershire
Quel amoureux n’a pas sué à grosses gouttes au cours d’un souper intime chez sa bien-aimée, en cherchant à prononcer correctement le nom du plat servi, un délicieux yakitori au poulet mariné à la « sauce … Worchterteshire »? Certains mots en langues étrangères sont pratiquement imprononçables pour un francophone. Même en les détachant complètement de la forme écrite. Ou en les décomposant en plusieurs syllabes et en les articulant séparément. Geschwindigkeitsüberschreitung: « excès de vitesse » en allemand. Pilkunnussija: littéralement « baiseur de virgules » ou « personne trouvant…
Suite ...Vrai barda
Barda est un emprunt à l’arabe d’Algérie barda’a « bât rembourré pour un âne ou une mule » et « couverture de bât ». Le mot s’est répandu par l’intermédiaire des soldats français ayant servi en Afrique. Il désigne d’abord l’équipement du militaire porté sur son dos puis il devient un équivalent familier de « bagage ». Le québécisme et homonyme barda signifie « ensemble des travaux ménagers » mais cet emploi est vieilli. Le mot, toutefois, est employé familièrement avec le sens de « bruit, tapage, vacarme, remue-ménage » et « désordre…
Suite ...S singulier
En français, le singulier s’emploie pour désigner un seul être ou une seule chose: une personne, un meuble. Au pluriel, on ajoute généralement un « s » à la fin: des personnes, des meubles. Sauf s’il s’agit d’un singulier à valeur générique: la veuve et l’orphelin, le boire et le manger, l’utile et l’agréable. Ou un singulier à la terminaison en « s »: rabais. Ces mots sont plutôt nombreux. Ils peuvent être issus d’un étymon latin avec le « s » final qui se prononce: consensus, omnibus, rictus. Ou…
Suite ...Oh ma divine!
En 1580 dans les Essais, au chapitre « Des prognostications », Montaigne dresse une liste des arts divinatoires. Après avoir cité ceux qui ont disparu, dont l’« anatomie des bêtes aux sacrifices » et le « trépignement des poulets », il évoque les modes de divination encore pratiqués. Généralement, ces pratiques sont désignées par des substantifs féminins d’expression savante construits avec l’élément formant –mancie, tiré du latin –mantia, emprunté au grec manteia « divination ». Ainsi, la chiromancie se pratique à partir des lignes de la main et la cartomancie avec des cartes.…
Suite ...Se regarder le nombril
Le nombril est cette cicatrice arrondie formant une petite cavité ou une saillie, placée sur la ligne médiane du ventre des mammifères, spécialement l’être humain, à l’endroit où le cordon ombilical a été sectionné. L’« accouchement » du mot fut difficile. Il est issu, par une série d’altérations du latin populaire umbiliculus, diminutif du latin classique umbilicus, ombilic. Umbiliculus a donné régulièrement umblil qui, par agglutination de l’article défini élidé /l’/, a abouti à la forme lonblil; celui-ci, par dissimilation, a donné lonbril et, par agglutination du /-n/ de l’article…
Suite ...Question de feeling
De nos jours, la terminaison –ing, empruntée à l’anglais, s’est intégrée parfaitement au système consonantique français et le nombre de ces emprunts est en progression constante: happening, kidnapping, parking, timing, rewriting, training, shopping, camping, footing, looping, jogging, karting, yachting, curling. Ces mots peuvent désigner une activité: briefing, meeting; une technique: dispatching; une pratique économique: dumping; une activité de gestion: marketing, planning; une société: holding; un sport: bowling; un procédé technologique: pressing; un vêtement: smoking; un immeuble: building. Certains substantifs prennent la forme de mots composés: punching-ball, sparring-partner, starting-bloc, touring-club, chewing-gum,…
Suite ...Donner le OK
O.K. s’écrit en majuscules avec ou sans points. L’expression est un exemple frappant d’erreur populaire qui a été reprise dans presque toutes les langues de la planète. À l’origine, elle est l’abréviation d’orl korrect, épellation fautive de l’anglo-américain all korrect, altération de all correct, littéralement « tout est bien », équivalent familier de l’anglais all right. Ce type d’altération fantaisiste paraît avoir été usuel dès le début du 19e siècle sur la côte Est des États-Unis où l’on a écrit O.W. pour all right, interprété oll wright. Attestée à Boston en 1839,…
Suite ...Jouer gagnant
Gagner est la réfection graphique de gaigner au 16e siècle et de gaaignier au 12e siècle. Le verbe est issu du francique waidanjan qui signifie, à l’origine, « se procurer de la nourriture », « faire paître le bétail », sens conservé dans l’allemand Weide « pâturage ». Il prend rapidement la valeur de « s’assurer un profit » par un travail, par une activité: gagner sa vie; ou par le jeu, par un hasard favorable: gagner à la Bourse. Par extension, il signifie « acquérir un avantage »: gagner du temps, gagner au change; d’où « mériter », « obtenir les dispositions…
Suite ...Soumettre à la tentation
Le verbe tenter vient du latin classique temptare « toucher, tâter », d’où « essayer » et « assaillir ». En français, il s’emploie d’abord dans un contexte religieux: tenter Dieu « mettre à l’épreuve la résistance de quelqu’un au péché »; et par extension, « se mettre dans une situation périlleuse. »: tenter le diable. Il revêt ensuite le sens laïc de « donner envie » à la construction passive: se laisser tenter par quelque chose; et « expérimenter »: tenter fortune, tenter sa chance. Tentation, est formé sur temptatio,…
Suite ...Bachi-bouzouk, cercopithèque, iconoclaste
Le mot icône est un emprunt au russe ikona, du grec byzantin eikona, issu du grec classique eikôn « image ». Il décrit une peinture religieuse sur panneau de bois dans les églises de rite chrétien oriental: icône de Notre-Dame de Vladimir, en Russie. Calque de l’anglais icon, il désigne le symbole graphique affiché sur l’écran d’un ordinateur correspondant, au sein d’un logiciel, à l’exécution d’une tâche: icônes « copier coller ». Il décrit, par un signe, le rapport de ressemblance avec la réalité: icône d’une maison. L’élément icon- a formé un…
Suite ...Bon an, mal an
An, du latin annus, est autochtone de l’Italie, proche de l’osque akenei et de l’ombrien aenu. Il désigne une période de douze mois. Il donne lieu à plusieurs locutions qui marquent le temps: jour de l’an, premier de l’an, bon an mal an, le poids des ans, une fois l’an. Le dérivé année, plus moderne, remplace le mot dans de nombreux emplois antérieurs: année sainte, année civile, année scolaire, d’année en année. Une année-lumière est une unité de mesure en astronomie. Bonne année est une formule de souhait qui s’est…
Suite ...Sur l’heure
Le mot heure est issu du latin hora par le grec hôra, qui désigne toute division du temps. Il est d’abord attesté sous les formes ure, ore, puis heure avec le rétablissement du /h/ étymologique. En français, il conserve les deux sens généraux du latin pour distinguer un « moment dans le temps » ou une « durée ». De ces sens viennent de nombreuses locutions et acceptions: à toute heure, à la bonne heure, à la première heure, sur l’heure, de bonne heure, d’heure en heure, pour l’heure, tout à l’heure, l’heure…
Suite ...Esprit de Noël
Noël est issu, par évolution phonétique et modification vocalique, du latin natalis « de naissance ». Le /o/ s’explique par dissimulation des deux /a/ de natalis et le tréma, attesté en 1718, note la diérèse marquant, en linguistique, une prononciation en deux syllabes distinctes de deux voyelles successives d’un même mot: ma‑ïs, nu‑age. Le mot désigne la fête chrétienne célébrée le 25 décembre, en commémoration de la naissance du Christ: crèche de Noël, cantique de Noël, veille de Noël; célébration qui s’est superposée à la fête païenne du dieu babylonien Mythra, descendu sur…
Suite ...Après-ski
Ski est emprunté au norvégien ski (prononcé chi), issu de l’ancien scandinave skid « billette de bois fendu ». Le mot, relayé par l’anglais et l’allemand, se répand en Europe à la fin du 19e siècle et désigne des lames de bois allongées, à l’extrémité relevée, servant à glisser sur la neige, concurrençant puis éliminant dans ce sens patin, patin norvégien et ski norvégien. Dès 1892, le mot désigne, par métonymie, l’activité sportive donnant lieu à diverses expressions: ski de piste, ski de slalom, ski de fond, ski nordique, ski de…
Suite ...S’il vous plaît
Pronom personnel de la 2e personne du pluriel, vous sert à s’adresser à plusieurs personnes ou à une personne que l’on vouvoie, remplaçant le singulier tu, plus familier, dans certaines situations marquant une distance du locuteur et exprimant en général le respect. Le verbe transitif vouvoyer signifie « s’adresser à quelqu’un à la 2e personne du pluriel ». Il est formé, comme tutoyer, du pronom répété avec un suffixe verbal. Il est en concurrence avec les formes plus anciennes vousoyer et voussoyer. Pareillement, le dérivé vouvoiement côtoie les formes vousoiement et voussoiement.…
Suite ...Ère de glace
Le mot glace est issu du latin classique glacies, par l’intermédiaire du bas latin glacia, et désigne de l’« eau congelée ». On la retrouve en petits morceaux: glaçons; en grande masse: glaces éternelles: ou produite artificiellement, cubes de glace. Symbole de froideur, d’insensibilité, le mot revêt cette valeur dès le 12e siècle dans diverses locutions: briser la glace « dissiper la gêne », rester de glace « ne montrer aucune réaction ». Par référence au poli, au brillant et à la translucidité de la glace, le mot désigne une plaque de…
Suite ...Hors-d’œuvre
Le mot œuvre est issu du latin opera, du neutre opus, « ouvrage, produit concret du travail. » En français, il s’écrit d’abord ovre, uevre, euvre et oevre avant d’adopter sa graphie actuelle au 13e siècle. Il a la particularité de posséder les deux genres. Féminin, il désigne le travail, le produit de l’activité humaine: œuvre colonisatrice, œuvre de l’imagination. Valeurs présentes dans nombre de locutions: à l’œuvre,« au travail », faire œuvre utile, mettre en œuvre, maître d’œuvre, bois d’œuvre, destiné à être travaillé par opposition au bois de chauffage,…
Suite ...Racines latines
Le latin est une langue indoeuropéenne qui fait partie des parlers italiques. Un siècle avant J.‑C., la Gaule adopte la langue de ses conquérants romains, comme le feront cinq cents ans plus tard, les nouveaux maîtres germaniques, les Francs. Langue mère du français, le latin lui fournit la grande majorité des mots formant son vocabulaire par transformation naturelle: articulum devenu orteil; par emprunt volontaire: ministerium devenu ministère; ou par emprunt indirect à une autre langue romane: du latin campus, par l’italien campo, au français camp. Depuis deux mille ans, le…
Suite ...Pas de zigonnage
Le verbe zigonner est attesté au Québec depuis 1880. Il est construit sur le radical onomatopéique zik- qui évoque un mouvement rapide. Hérité des parlers de France, on le trouve avec des formes et des sens apparentés en Aunis, zigougner, en Saintonge, sigouner, sigougner et sigogner, en Bretagne, cigoigner, en Provence, cigogni, en Bourgogne, gigogner, en Poitou, gigougner, en Franche-Comté, gigounei et en Normandie, digonner. Zigonné est aussi relevé en créole guadeloupéen. Au Québec, il présente de nombreuses acceptions, « perdre son temps », qui est la plus usuelle, «…
Suite ...Prendre l’aire
En linguistique, un affixe est un élément lexical qui s’ajoute à un mot ou à un radical pour en modifier le sens ou la fonction. On l’appelle préfixe, infixe ou suffixe selon qu’il est placé au début, à l’intérieur ou à la fin de ce mot. Le suffixe -aire remonte, dans bon nombre de mots de formation savante, au latin -ãris et -arius. En français, il a formé plusieurs adjectifs marquant un rapport attributif: complémentaire, triangulaire, réglementaire, statuaire; un rapport de possession: prioritaire, autoritaire; un rapport d’appartenance, de cause ou…
Suite ...Ça sent la croupe
Le mot croupe est issu du francique kruppa, « bosse, panse ». Au début, il désigne la partie postérieure de certains animaux, puis acquiert le sens ironique de « derrière humain rebondi ». Le verbe croupir signifie d’abord « se mettre assis, les fesses sur les talons » puis adopte son sens moderne de « demeurer longtemps dans un état pénible », « se corrompre, stagner ». Du verbe sont issus croupi, croupissant, croupissement et croupissure. Au 12e siècle, le sens physique de croupir est repris dans le préfixé verbal s’accroupir, « s’asseoir…
Suite ...Par escousse
Le mot escousse est attesté en français depuis le 14e siècle. Il est rapporté dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française publié en 1694. C’est aussi un nom propre apparenté aux patronymes Excousseau, Escoussac, Escoussat et Escoussé. Un village de Nouvelle-Écosse au Canada se nomme D’Escousse. Rattaché au verbe secouer, il décrit une action qui prépare à mieux sauter, à s’élancer avec plus de force, avec plus de légèreté: prendre son escousse. Cette locution adverbiale est peu usitée à partir du 19e siècle. Elle est remplacée, dans un sens…
Suite ...Fanfreluche m’a raconté
Conter se confond à l’origine avec compter. Les deux verbes sont issus du latin computare « calculer », attesté dans les textes médiévaux au sens de « narrer », et ont en commun l’idée d’« énumérer ». À partir du sens général de « relater en énumérant des faits réels », conter prend le sens particulier de « rapporter de faux propos à dessein de tromper »: conter des mensonges. Le sens moderne de « faire un récit » est donné par la forme composée raconter. Le champ sémantique de ce verbe va…
Suite ...Article en promotion
Le verbe promouvoir est emprunté au latin promovere, formé de pro « en avant » et movere « mouvoir », qui signifie « faire avancer ». Il prend le sens d’« élever des personnes à un rang supérieur ». Donnée comme vieillie, la valeur d’« encourager, favoriser le développement », promouvoir le français, est reprise au milieu du 20e siècle, spécialement dans le domaine de la recherche scientifique et du marketing. L’adjectif promu qualifie une personne qui vient d’accéder à un grade plus élevé; promouvable, « qui peut être promu », se…
Suite ...À cœur ouvert
Cœur est issu du latin cor et se rattache, comme le grec kardia qui a formé cardiaque, à la racine indoeuropéenne krd- représentée par l’allemand Herz, l’anglais heart, le russe sierdse et le gallois craidd. Le mot nomme l’organe central de la circulation sanguine et, par extension, la région de la poitrine: battement de cœur. Mais il prend très tôt la valeur de « siège des émotions, de l’amour, de la pensée, de la mémoire et de la volonté »: cœur d’or, femme de cœur. Il décrit, par analogie de…
Suite ...Connaître le tabac
Tabac est un emprunt à l’espagnol tobaco, déformation de tsibatl, mot de la langue des Araouaks d’Haïti désignant un ensemble de feuilles, l’action de fumer et le tuyau de roseau dont ces indigènes se servaient pour aspirer la fumée. En français, le mot désigne la plante aromatique dont les feuilles peuvent être fumées, le produit de ces feuilles séchées et préparées pour priser, chiquer et fumer. Par métonymie, en France, il s’applique à un débit, à un bureau de tabac. Tabagie est emprunté à l’algonquin tabaguia, « banquet ». Faire tabagie…
Suite ...Lire l’heur
Heur est issu du latin classique augurium « présage », favorable ou non, d’où « chance », bonne ou mauvaise. En ancien français, le mot prend le sens de « fatalité heureuse ». Aujourd’hui, il ne subsiste que dans la locution avoir l’heur de plaire à quelqu’un, « avoir la chance de plaire à quelqu’un ». Heureusement, ses dérivés sont bien vivants. Heureux a le sens général de « qui connaît le bonheur »: avoir tout pour être heureux; « qui bénéficie d’un destin favorable »: avoir la main heureuse. Heureuseté, « état de ce…
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