Le mot culture est issu du latin cultura « action de cultiver la terre » et, au figuré, « action d’éduquer l’esprit ». En vieux français, il s’écrit couture, une forme conservée en France dans quelques parlers septentrionaux et en Normandie où il a fourni les noms de famille Couture et Lacouture. Par extension, le mot décrit l’action de tirer du sol les végétaux utiles à l’homme: agriculture; et, ultérieurement, l’élevage de certains animaux: culture des huîtres; puis l’action de faire croître des micro-organismes en milieu approprié: culture in vitro.…
Suite ...Catégorie : Capsule
Capsule
Vraie bargaine
Barguigner, attesté en latin médiéval sous la forme barcaniare, « faire du commerce », est un emprunt au francique borganjan, formé au 12e siècle du croisement de borgen « prêter, emprunter », encore vivant en allemand contemporain, et waidanjan « gagner ». Dans son acception première, le verbe signifie « marchander longuement » mais par référence à la durée de certains marchandages, il prend le sens d’« hésiter » ou « avoir de la peine à déterminer », particulièrement quand il s’agit d’un achat, d’une affaire, d’un traité. Ce sens a survécu dans…
Suite ...Les mots pour le dire
Dire est issu du latin dicere. Sa valeur principale équivaut à « parler » mais le mot prend très tôt de nombreux sens particuliers correspondant à confirmer, affirmer, soutenir, exposer, conter, appeler, nommer, réciter. De nos jours, sa liste de substituts est incroyablement abondante. Ainsi, au lieu de dire, on peut, « comme un humain »: crier, s’écrier, hurler, brailler, éructer, vociférer, s’égosiller; ou « comme un animal »: rugir, mugir, meugler, aboyer, miauler, glapir, glousser, gronder, coasser, croasser, chuinter, hululer. On peut « faire un bruit d’instrument »: claironner,…
Suite ...Chasse à l’orignal
L’orignal est ce cervidé d’Amérique du Nord, de grande taille, à pelage brun, pourvu de longues pattes robustes, de hautes épaules surmontées d’une bosse et, chez le mâle, de larges bois plats et palmés. Son nom est l’altération de orignac, une variante ancienne, empruntée au basque oregnac, pluriel de orein « cerf », un mot appris des pêcheurs et émigrés basques venus en Nouvelle-France. L’émergence de la forme « orignal » au détriment de « orignac » s’explique par le fait qu’au 17e siècle les finales –ac et –al étaient souvent confondues.…
Suite ...Vaccinothérapie
Vaccine est la francisation du latin moderne médical vaccina, féminin de l’adjectif latin classique vaccinus, dérivé rare de vacca « vache ». Au 18e siècle, le mot désigne la maladie infectieuse des bovins mais aussi des chevaux, inoculée pour les immuniser contre un virus proche de la variole, la « petite vérole des vaches ». La découverte de l’immunisation par la vaccine explique le développement de la famille du mot. Début 19e siècle, vaccin désigne le virus de la vaccine puis, par extension, toute substance préparée à partir de microbes, virus…
Suite ...Plein d’essence
Le mot essence est emprunté au latin essentia, dérivé de esse « être ». Il est d’abord un terme de philosophie et s’emploie pour désigner l’ensemble des caractères constitutifs d’un être, d’une chose. Par analogie, il désigne en alchimie la substance la plus pure que l’on tire de certains corps. Il prend le sens de « substance odorante volatile extraite des plantes »: essence de violette. Par spécialisation, on l’emploie pour « espèce d’arbre »: essence à feuilles caduques. Au sens d’« extrait », il désigne le produit de la distillation du pétrole, utilisé…
Suite ...À bout portant
« Boutez les Anglais hors de France » (Jeanne d’Arc). Bouter est issu du francique botan, « pousser, frapper ». La dérivation du verbe n’a pas souffert de sa disparition. Exceptionnellement abondante, elle s’explique par les développements sémantiques originaux de plusieurs dérivés. Le plus important est le déverbal bout qui a perdu le sens dynamique de « coup ». Sa signification moderne correspond à la valeur d’« extrémité d’un objet ». Dans l’usage général, il a donné une phraséologie riche en locutions adverbiales: à tout bout de champ, à bout de souffle, bout à…
Suite ...Sortez les mouchois
C’est sans y penser que nous prononçons hier, enfer, sac ou net, en faisant sonner la consonne finale mais que nous ne le faisons pas pour cahier, fusil, tabac ou bonnet. Dans tous ces cas, l’usage oral est aujourd’hui parfaitement fixé et ne tient pas compte de l’orthographe. Il en va de même de certains mots comme péril, bonheur ou nef qui ne sont jamais soumis aux phénomènes de liaison : leur consonne finale se prononce toujours. Mais des mots comme trop, tout, petit, qui se terminent également par une…
Suite ...Sauce Worcestershire
Quel amoureux n’a pas sué à grosses gouttes au cours d’un souper intime chez sa bien-aimée, en cherchant à prononcer correctement le nom du plat servi, un délicieux yakitori au poulet mariné à la « sauce … Worchterteshire »? Certains mots en langues étrangères sont pratiquement imprononçables pour un francophone. Même en les détachant complètement de la forme écrite. Ou en les décomposant en plusieurs syllabes et en les articulant séparément. Geschwindigkeitsüberschreitung: « excès de vitesse » en allemand. Pilkunnussija: littéralement « baiseur de virgules » ou « personne trouvant…
Suite ...Vrai barda
Barda est un emprunt à l’arabe d’Algérie barda’a « bât rembourré pour un âne ou une mule » et « couverture de bât ». Le mot s’est répandu par l’intermédiaire des soldats français ayant servi en Afrique. Il désigne d’abord l’équipement du militaire porté sur son dos puis il devient un équivalent familier de « bagage ». Le québécisme et homonyme barda signifie « ensemble des travaux ménagers » mais cet emploi est vieilli. Le mot, toutefois, est employé familièrement avec le sens de « bruit, tapage, vacarme, remue-ménage » et « désordre…
Suite ...S singulier
En français, le singulier s’emploie pour désigner un seul être ou une seule chose: une personne, un meuble. Au pluriel, on ajoute généralement un « s » à la fin: des personnes, des meubles. Sauf s’il s’agit d’un singulier à valeur générique: la veuve et l’orphelin, le boire et le manger, l’utile et l’agréable. Ou un singulier à la terminaison en « s »: rabais. Ces mots sont plutôt nombreux. Ils peuvent être issus d’un étymon latin avec le « s » final qui se prononce: consensus, omnibus, rictus. Ou…
Suite ...Oh ma divine!
En 1580 dans les Essais, au chapitre « Des prognostications », Montaigne dresse une liste des arts divinatoires. Après avoir cité ceux qui ont disparu, dont l’« anatomie des bêtes aux sacrifices » et le « trépignement des poulets », il évoque les modes de divination encore pratiqués. Généralement, ces pratiques sont désignées par des substantifs féminins d’expression savante construits avec l’élément formant –mancie, tiré du latin –mantia, emprunté au grec manteia « divination ». Ainsi, la chiromancie se pratique à partir des lignes de la main et la cartomancie avec des cartes.…
Suite ...Se regarder le nombril
Le nombril est cette cicatrice arrondie formant une petite cavité ou une saillie, placée sur la ligne médiane du ventre des mammifères, spécialement l’être humain, à l’endroit où le cordon ombilical a été sectionné. L’« accouchement » du mot fut difficile. Il est issu, par une série d’altérations du latin populaire umbiliculus, diminutif du latin classique umbilicus, ombilic. Umbiliculus a donné régulièrement umblil qui, par agglutination de l’article défini élidé /l’/, a abouti à la forme lonblil; celui-ci, par dissimilation, a donné lonbril et, par agglutination du /-n/ de l’article…
Suite ...Question de feeling
De nos jours, la terminaison –ing, empruntée à l’anglais, s’est intégrée parfaitement au système consonantique français et le nombre de ces emprunts est en progression constante: happening, kidnapping, parking, timing, rewriting, training, shopping, camping, footing, looping, jogging, karting, yachting, curling. Ces mots peuvent désigner une activité: briefing, meeting; une technique: dispatching; une pratique économique: dumping; une activité de gestion: marketing, planning; une société: holding; un sport: bowling; un procédé technologique: pressing; un vêtement: smoking; un immeuble: building. Certains substantifs prennent la forme de mots composés: punching-ball, sparring-partner, starting-bloc, touring-club, chewing-gum,…
Suite ...Donner le OK
O.K. s’écrit en majuscules avec ou sans points. L’expression est un exemple frappant d’erreur populaire qui a été reprise dans presque toutes les langues de la planète. À l’origine, elle est l’abréviation d’orl korrect, épellation fautive de l’anglo-américain all korrect, altération de all correct, littéralement « tout est bien », équivalent familier de l’anglais all right. Ce type d’altération fantaisiste paraît avoir été usuel dès le début du 19e siècle sur la côte Est des États-Unis où l’on a écrit O.W. pour all right, interprété oll wright. Attestée à Boston en 1839,…
Suite ...Jouer gagnant
Gagner est la réfection graphique de gaigner au 16e siècle et de gaaignier au 12e siècle. Le verbe est issu du francique waidanjan qui signifie, à l’origine, « se procurer de la nourriture », « faire paître le bétail », sens conservé dans l’allemand Weide « pâturage ». Il prend rapidement la valeur de « s’assurer un profit » par un travail, par une activité: gagner sa vie; ou par le jeu, par un hasard favorable: gagner à la Bourse. Par extension, il signifie « acquérir un avantage »: gagner du temps, gagner au change; d’où « mériter », « obtenir les dispositions…
Suite ...Soumettre à la tentation
Le verbe tenter vient du latin classique temptare « toucher, tâter », d’où « essayer » et « assaillir ». En français, il s’emploie d’abord dans un contexte religieux: tenter Dieu « mettre à l’épreuve la résistance de quelqu’un au péché »; et par extension, « se mettre dans une situation périlleuse. »: tenter le diable. Il revêt ensuite le sens laïc de « donner envie » à la construction passive: se laisser tenter par quelque chose; et « expérimenter »: tenter fortune, tenter sa chance. Tentation, est formé sur temptatio,…
Suite ...Bachi-bouzouk, cercopithèque, iconoclaste
Le mot icône est un emprunt au russe ikona, du grec byzantin eikona, issu du grec classique eikôn « image ». Il décrit une peinture religieuse sur panneau de bois dans les églises de rite chrétien oriental: icône de Notre-Dame de Vladimir, en Russie. Calque de l’anglais icon, il désigne le symbole graphique affiché sur l’écran d’un ordinateur correspondant, au sein d’un logiciel, à l’exécution d’une tâche: icônes « copier coller ». Il décrit, par un signe, le rapport de ressemblance avec la réalité: icône d’une maison. L’élément icon- a formé un…
Suite ...Bon an, mal an
An, du latin annus, est autochtone de l’Italie, proche de l’osque akenei et de l’ombrien aenu. Il désigne une période de douze mois. Il donne lieu à plusieurs locutions qui marquent le temps: jour de l’an, premier de l’an, bon an mal an, le poids des ans, une fois l’an. Le dérivé année, plus moderne, remplace le mot dans de nombreux emplois antérieurs: année sainte, année civile, année scolaire, d’année en année. Une année-lumière est une unité de mesure en astronomie. Bonne année est une formule de souhait qui s’est…
Suite ...Sur l’heure
Le mot heure est issu du latin hora par le grec hôra, qui désigne toute division du temps. Il est d’abord attesté sous les formes ure, ore, puis heure avec le rétablissement du /h/ étymologique. En français, il conserve les deux sens généraux du latin pour distinguer un « moment dans le temps » ou une « durée ». De ces sens viennent de nombreuses locutions et acceptions: à toute heure, à la bonne heure, à la première heure, sur l’heure, de bonne heure, d’heure en heure, pour l’heure, tout à l’heure, l’heure…
Suite ...Esprit de Noël
Noël est issu, par évolution phonétique et modification vocalique, du latin natalis « de naissance ». Le /o/ s’explique par dissimulation des deux /a/ de natalis et le tréma, attesté en 1718, note la diérèse marquant, en linguistique, une prononciation en deux syllabes distinctes de deux voyelles successives d’un même mot: ma‑ïs, nu‑age. Le mot désigne la fête chrétienne célébrée le 25 décembre, en commémoration de la naissance du Christ: crèche de Noël, cantique de Noël, veille de Noël; célébration qui s’est superposée à la fête païenne du dieu babylonien Mythra, descendu sur…
Suite ...Après-ski
Ski est emprunté au norvégien ski (prononcé chi), issu de l’ancien scandinave skid « billette de bois fendu ». Le mot, relayé par l’anglais et l’allemand, se répand en Europe à la fin du 19e siècle et désigne des lames de bois allongées, à l’extrémité relevée, servant à glisser sur la neige, concurrençant puis éliminant dans ce sens patin, patin norvégien et ski norvégien. Dès 1892, le mot désigne, par métonymie, l’activité sportive donnant lieu à diverses expressions: ski de piste, ski de slalom, ski de fond, ski nordique, ski de…
Suite ...S’il vous plaît
Pronom personnel de la 2e personne du pluriel, vous sert à s’adresser à plusieurs personnes ou à une personne que l’on vouvoie, remplaçant le singulier tu, plus familier, dans certaines situations marquant une distance du locuteur et exprimant en général le respect. Le verbe transitif vouvoyer signifie « s’adresser à quelqu’un à la 2e personne du pluriel ». Il est formé, comme tutoyer, du pronom répété avec un suffixe verbal. Il est en concurrence avec les formes plus anciennes vousoyer et voussoyer. Pareillement, le dérivé vouvoiement côtoie les formes vousoiement et voussoiement.…
Suite ...Ère de glace
Le mot glace est issu du latin classique glacies, par l’intermédiaire du bas latin glacia, et désigne de l’« eau congelée ». On la retrouve en petits morceaux: glaçons; en grande masse: glaces éternelles: ou produite artificiellement, cubes de glace. Symbole de froideur, d’insensibilité, le mot revêt cette valeur dès le 12e siècle dans diverses locutions: briser la glace « dissiper la gêne », rester de glace « ne montrer aucune réaction ». Par référence au poli, au brillant et à la translucidité de la glace, le mot désigne une plaque de…
Suite ...Hors-d’œuvre
Le mot œuvre est issu du latin opera, du neutre opus, « ouvrage, produit concret du travail. » En français, il s’écrit d’abord ovre, uevre, euvre et oevre avant d’adopter sa graphie actuelle au 13e siècle. Il a la particularité de posséder les deux genres. Féminin, il désigne le travail, le produit de l’activité humaine: œuvre colonisatrice, œuvre de l’imagination. Valeurs présentes dans nombre de locutions: à l’œuvre,« au travail », faire œuvre utile, mettre en œuvre, maître d’œuvre, bois d’œuvre, destiné à être travaillé par opposition au bois de chauffage,…
Suite ...Racines latines
Le latin est une langue indoeuropéenne qui fait partie des parlers italiques. Un siècle avant J.‑C., la Gaule adopte la langue de ses conquérants romains, comme le feront cinq cents ans plus tard, les nouveaux maîtres germaniques, les Francs. Langue mère du français, le latin lui fournit la grande majorité des mots formant son vocabulaire par transformation naturelle: articulum devenu orteil; par emprunt volontaire: ministerium devenu ministère; ou par emprunt indirect à une autre langue romane: du latin campus, par l’italien campo, au français camp. Depuis deux mille ans, le…
Suite ...Pas de zigonnage
Le verbe zigonner est attesté au Québec depuis 1880. Il est construit sur le radical onomatopéique zik- qui évoque un mouvement rapide. Hérité des parlers de France, on le trouve avec des formes et des sens apparentés en Aunis, zigougner, en Saintonge, sigouner, sigougner et sigogner, en Bretagne, cigoigner, en Provence, cigogni, en Bourgogne, gigogner, en Poitou, gigougner, en Franche-Comté, gigounei et en Normandie, digonner. Zigonné est aussi relevé en créole guadeloupéen. Au Québec, il présente de nombreuses acceptions, « perdre son temps », qui est la plus usuelle, «…
Suite ...Prendre l’aire
En linguistique, un affixe est un élément lexical qui s’ajoute à un mot ou à un radical pour en modifier le sens ou la fonction. On l’appelle préfixe, infixe ou suffixe selon qu’il est placé au début, à l’intérieur ou à la fin de ce mot. Le suffixe -aire remonte, dans bon nombre de mots de formation savante, au latin -ãris et -arius. En français, il a formé plusieurs adjectifs marquant un rapport attributif: complémentaire, triangulaire, réglementaire, statuaire; un rapport de possession: prioritaire, autoritaire; un rapport d’appartenance, de cause ou…
Suite ...Ça sent la croupe
Le mot croupe est issu du francique kruppa, « bosse, panse ». Au début, il désigne la partie postérieure de certains animaux, puis acquiert le sens ironique de « derrière humain rebondi ». Le verbe croupir signifie d’abord « se mettre assis, les fesses sur les talons » puis adopte son sens moderne de « demeurer longtemps dans un état pénible », « se corrompre, stagner ». Du verbe sont issus croupi, croupissant, croupissement et croupissure. Au 12e siècle, le sens physique de croupir est repris dans le préfixé verbal s’accroupir, « s’asseoir…
Suite ...Par escousse
Le mot escousse est attesté en français depuis le 14e siècle. Il est rapporté dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française publié en 1694. C’est aussi un nom propre apparenté aux patronymes Excousseau, Escoussac, Escoussat et Escoussé. Un village de Nouvelle-Écosse au Canada se nomme D’Escousse. Rattaché au verbe secouer, il décrit une action qui prépare à mieux sauter, à s’élancer avec plus de force, avec plus de légèreté: prendre son escousse. Cette locution adverbiale est peu usitée à partir du 19e siècle. Elle est remplacée, dans un sens…
Suite ...Fanfreluche m’a raconté
Conter se confond à l’origine avec compter. Les deux verbes sont issus du latin computare « calculer », attesté dans les textes médiévaux au sens de « narrer », et ont en commun l’idée d’« énumérer ». À partir du sens général de « relater en énumérant des faits réels », conter prend le sens particulier de « rapporter de faux propos à dessein de tromper »: conter des mensonges. Le sens moderne de « faire un récit » est donné par la forme composée raconter. Le champ sémantique de ce verbe va…
Suite ...Article en promotion
Le verbe promouvoir est emprunté au latin promovere, formé de pro « en avant » et movere « mouvoir », qui signifie « faire avancer ». Il prend le sens d’« élever des personnes à un rang supérieur ». Donnée comme vieillie, la valeur d’« encourager, favoriser le développement », promouvoir le français, est reprise au milieu du 20e siècle, spécialement dans le domaine de la recherche scientifique et du marketing. L’adjectif promu qualifie une personne qui vient d’accéder à un grade plus élevé; promouvable, « qui peut être promu », se…
Suite ...À cœur ouvert
Cœur est issu du latin cor et se rattache, comme le grec kardia qui a formé cardiaque, à la racine indoeuropéenne krd- représentée par l’allemand Herz, l’anglais heart, le russe sierdse et le gallois craidd. Le mot nomme l’organe central de la circulation sanguine et, par extension, la région de la poitrine: battement de cœur. Mais il prend très tôt la valeur de « siège des émotions, de l’amour, de la pensée, de la mémoire et de la volonté »: cœur d’or, femme de cœur. Il décrit, par analogie de…
Suite ...Connaître le tabac
Tabac est un emprunt à l’espagnol tobaco, déformation de tsibatl, mot de la langue des Araouaks d’Haïti désignant un ensemble de feuilles, l’action de fumer et le tuyau de roseau dont ces indigènes se servaient pour aspirer la fumée. En français, le mot désigne la plante aromatique dont les feuilles peuvent être fumées, le produit de ces feuilles séchées et préparées pour priser, chiquer et fumer. Par métonymie, en France, il s’applique à un débit, à un bureau de tabac. Tabagie est emprunté à l’algonquin tabaguia, « banquet ». Faire tabagie…
Suite ...Lire l’heur
Heur est issu du latin classique augurium « présage », favorable ou non, d’où « chance », bonne ou mauvaise. En ancien français, le mot prend le sens de « fatalité heureuse ». Aujourd’hui, il ne subsiste que dans la locution avoir l’heur de plaire à quelqu’un, « avoir la chance de plaire à quelqu’un ». Heureusement, ses dérivés sont bien vivants. Heureux a le sens général de « qui connaît le bonheur »: avoir tout pour être heureux; « qui bénéficie d’un destin favorable »: avoir la main heureuse. Heureuseté, « état de ce…
Suite ...Irrésistiblement
Le suffixe -ment vient de l’ablatif mente du substantif féminin latin mens, mentis « disposition d’esprit ». Au 8e siècle, la forme solamente, dans les Gloses de Reichenau, devenu seulement en français, atteste l’existence d’un suffixe qui deviendra l’un des plus productifs des langues romanes, puisqu’il sert à former tous les adverbes en -ment en français et ceux en –mente en italien, en espagnol ou en portugais. L’adverbe est un mot invariable qui se joint à un autre mot pour en modifier ou en préciser le sens. Il peut exprimer la…
Suite ...Profond sommeil
La forme indo-européenne swopno « sommeil » a donné sopnus, puis somnus en latin, devenu somme en français. Sommeil, « état d’une personne qui dort », est issu du diminutif somniculus « petit somme ». À partir du 16e siècle, le mot entre dans la formation de locutions, notamment d’euphémismes littéraires, qui caractérisent la nature du sommeil: dormir d’un sommeil de plomb, dormir du sommeil du juste (très profondément); ou pour désigner la mort: sommeil éternel, dernier sommeil. Par extension, sommeil signifie « envie de dormir »: avoir sommeil, tomber…
Suite ...Trou de beigne
Beigne est d’origine préromane et remonte à la base celtique de bu(n)nia « souche d’arbre ». Attesté au début du 17e siècle, le mot commence par désigner une bosse à la tête et, par métonymie, le coup provoquant cette enflure. Ce sens de « coup, gifle » s’est répandu au 20e siècle dans l’argot parisien. Au Québec, un beigne est une pâtisserie généralement en forme d’anneau, faite d’une pâte sucrée frite. Par analogie, il désigne un anneau de caoutchouc à usage thérapeutique, une sorte de chignon en forme d’anneau et le bourrelet…
Suite ...Point de vue
Point est issu du latin punctum de pungere « poindre », qui, à partir du sens étymologique d’« action de piquer », a développé de nombreuses acceptions. L’idée de base de « piqûre » reste vivante en chirurgie: points de suture; ainsi qu’en couture, en broderie, en tapisserie sur canevas et en tricot: petit point. L’autre sens de base, « endroit minuscule, fixe et défini par ses seules coordonnées », est une extension spatiale de piqûre: point d’intersection, point d’appui, point chaud, point de départ, point sensible, point faible. Le mot prend ensuite…
Suite ...Pique-nique
Piquer est issu du latin populaire pikkare né de l’impression que fait un mouvement rapide suivi d’un petit bruit sec. Il remonte au radical expressif pikk, le /p/ exprimant le déclenchement du mouvement, la voyelle /i/ son acuité, sa brièveté et le /k/ son aboutissement. Le verbe signifie d’abord « percer avec quelque chose de pointu » mais ses extensions de sens sont nombreuses. Enfoncer un dard, un aiguillon dans la peau » en parlant d’un insecte: se faire piquer par une guêpe; fixer avec une pointe; prendre avec quelque…
Suite ...Allées et venues
Venir est issu du latin classique venire, « arriver, se déplacer en un lieu ». Il s’emploie au sens de « succéder » en parlant d’événements, du temps, des saisons: voir venir l’hiver; de « provenir de »: venir de l’Abitibi; et d’« atteindre »: en venir à ses fins. À partir du sens de « se produire », venir s’emploie pour « naître »: venir à vie, venir à terre, expressions remplacées par venir au monde. Le verbe a donné lieu à de nombreuses locutions: à venir, exprimant le futur, en venir à, « en arriver…
Suite ...Faire des sparages
Sparages est une création québécoise. Le mot est signalé chez nous depuis le début du 20e siècle. Il est formé à partir du substantif anglais spar, « s’entraîner, à la boxe », lui-même issu de l’ancien français espardre, « disperser, répandre », et du suffixe -age, fort usité en français québécois: décrochage, débosselage, criage, turlutage, taxage, siphonnage, salissage, réseautage, portage, niaisage, flânage, dézonage. Employé généralement au pluriel, le mot qualifie une manière d’agir désordonnée qui se définit par l’emploi de gestes ou de déplacements souvent excessifs. Par extension, il désigne…
Suite ...Papier-cadeau
Cadeau est emprunté à l’ancien provençal capdel « chef », lui-même issu du latin capitellum, « extrémité », diminutif de caput, « tête ». Le mot désigne d’abord une lettre ornée de grands traits de plume pour décorer les écritures, remplir les marges, le haut et le bas des pages, puis un trait de plume figuré que les maîtres d’écriture font autour des exemples qu’ils donnent à leurs écoliers. Un déplacement de sens fondamental a lieu au cours du 17e siècle : d’après l’ornementation raffinée des lettres initiales, le mot désigne une fête galante offerte à une…
Suite ...Voir du pays
Pays est issu du latin médiéval pagensis, dérivé de pagus, qui signifie « habitant du pagus, du canton ». Le mot désigne une division territoriale puis, par métonymie, l’ensemble des habitants d’une région, d’une nation ou une partie envisagée d’après ses particularités administratives, politiques ou économiques, la contrée dont on est originaire, la patrie. La locution avoir la maladie du pays est remplacée au 18e siècle par avoir le mal du pays. Par allusion à un monde campagnard archaïque, le mot a pris le sens de « compatriote »: mon pays, ma payse.…
Suite ...Vague de fond
Au 9e siècle, les Vikings ravagent les côtes de la Manche avant que le roi Charles le Simple ne leur cède une partie du littoral, qui deviendra le duché de Normandie. Installés sur leurs terres et intégrés à la population, ils ont laissé peu de traces dans le lexique français. Outre les noms de lieux, seuls sont demeurés une quarantaine de mots ayant principalement trait à la mer: agrès, ballast, carlingue, cingler, crique, drakkar, étrave, flotte, harpon, hauban, homard, marsouin, quille, scorbut, varech. Le mot vague est issu de l’ancien…
Suite ...Table d’hôte
La sémantique du mot hôte est singulière puisqu’il désigne aussi bien la personne qui donne l’hospitalité que son invité. Cette curiosité résulte de son étymon latin hospitem, accusatif de hospes qui, dans la Rome ancienne, désignait « celui qui recevait ou était reçu », car les lois d’hospitalité étaient fondées sur la réciprocité de l’accueil. Avec cette valeur équivoque, il décrit de nos jours, par figure, un « organisme qui héberge un parasite » et un « sujet qui reçoit une greffe ». Cette double valeur apparaît aussi dans le dérivé hospitaticum qui…
Suite ...Créatures mythologiques
Le mot mythologie est issu, par le biais du bas latin mythologiae, du grec muthologia « histoire ou étude des choses fabuleuses », « récit légendaire », formé sur muthos, mythe. Il a développé le sens d’étude, connaissance et explication des mythes, de leur signification: mythologie ancienne; d’ensemble des mythes propres à une civilisation, à un peuple, à une religion, à un thème, à un élément: mythologie indienne, mythologie lunaire, dieux de la mythologie. Ces divinités mythiques et créatures fabuleuses sont nombreuses dans les civilisations anciennes et les sociétés traditionnelles,…
Suite ...En personne
Le mot personne est issu du latin persona qui l’a lui-même emprunté à l’étrusque phersu, « masque ». Il désigne d’abord un masque de théâtre et « celui qui joue un rôle ». Le sens général d’« individu, homme ou femme », correspond à de nombreuses expressions courantes qui en précisent ou en limitent l’extension: en personne, comme personne, par personne, pèse-personne, le québécisme personne-ressource. L’antéposition d’un adjectif a donné lieu à des syntagmes répandus: grande personne « adulte », jeune personne, « enfant ». Il décrit l’apparence extérieure de quelqu’un: bien de sa personne. Il exprime…
Suite ...Sujet du verbe
Verbe est issu du latin classique verbum « parole » mais relève d’une racine indo-européenne wer « idée de parler », qu’on retrouve dans le gotique waurd « mot », présent dans l’allemand wort et l’anglais word. Son sens grammatical le désigne comme l’élément essentiel de la phrase qui exprime l’action, l’état, le devenir d’un sujet et qui se caractérise par une riche morphologie liée aux concepts de personne, de temps, de mode, parfois d’aspect. Dans la théologie chrétienne, il qualifie la parole de Dieu, le Verbe divin, puis Dieu…
Suite ...Bloudjinnzes sur la plage
Blue-jean ou blue-jeans est un emprunt à l’anglo-américain blue-jeans. En anglais, jean(s) est une ellipse pour Gene Fustian, « futaine de Gênes », et représente la transcription altérée de l’ancienne graphie française Jannes pour Gênes, ville et port d’Italie d’où l’on importait cette futaine au 17e siècle. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, le mot se répand aux États-Unis pour désigner un vêtement de forte toile bleue à piqûres apparentes coupé dans cette étoffe, qui fut d’abord porté par les jeunes gens des deux sexes, puis adopté par les…
Suite ...